Ce psaume, classé dans la catégorie de ceux de la confiance est une hymne attribuée à David. Il est cité par Pierre dans le livre des Actes des Apôtres (Ac 2, 25 et 26-28).

 

 

Il exprime la joie d’Israël : « Mon cœur exulte, mon âme est en fête » (V 9). Le peuple y est comparé à un lévite, prêtre qui vit dans l’intimité de Dieu et qui demeure jour et nuit dans le Temple. C’est ce à quoi fait allusion la phrase : « même la nuit, mon cœur m’avertit, je garde le Seigneur sans relâche » (V 7-8).

Le verset : « Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort » (V 5) évoque le partage, par tirage au sort, de la Palestine entre les tribus des descendants de Jacob. Les membres de la tribu de Lévi n’avaient pas reçu de territoire. Leur part d’héritage, c’était le service du Temple. La vie des Lévites était entièrement consacrée au culte. Ils vivaient de la dîme (on pourrait dire aujourd’hui du denier du culte), des récoltes et des viandes offertes en sacrifice et ils détenaient 48 villes du royaume d’Israël ; ils y exerçaient un pouvoir administratif et politique d’où cette allusion (qui n’est pas lu ce dimanche) : « La part qui me revient fait mes délices ; j’ai même le plus bel héritage ! » (V 6).

D’autres se font l’écho d’un danger : «  Garde moi, mon Dieu, j’ai fait de toi mon refuge » (V 1) – « Tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption » (V 10) et les affirmations répétées de confiance : « ma chair elle-même repose en confiance » (V 9) – « Je garde la Seigneur devant moi … je suis inébranlable » (V 8) ainsi que l’appel lancé à Dieu « …de toi dépend mon sort » (V 5) laissent supposer qu’à l’époque où le psaume a été écrit, le peuple d’Israël traverse une période difficile où le recours aux idoles se fait à nouveau sentir. Ces demandes traduisent, devant les difficultés, le difficile combat du petit peuple d’Israël pour garder foi en son Dieu Unique. Mais celle inébranlable du psalmiste le conduit à maintenir, dans la fidélité, sa confiance.

Le verset 8, déjà cité, est souvent inscrit sur l’Aron Hakodesh (Arche sainte présente dans les synagogues) : « Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable » (à ma droite signifie que Dieu me soutient, qu’il me protège). Le psaume 15 (16) est lu lors des cérémonies de azkara (tenues chaque année en mémoire d’un décès). Pour nous chrétiens, il est fréquemment utilisé dans la liturgie des heures, le 3eme dimanche de Pâques de l’année A, le 33eme dimanche du temps ordinaire de l’année B et le 13eme de l’année C et St Benoît de Nursie, dans la règle des bénédictins, le fit figurer à l’office de prime (office du matin chanté ou dit vers 6 H) du vendredi.

A la lecture de la phrase : « Tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption » (V 10), nous pouvons nous poser la question : quand ce psaume est écrit, est-ce déjà une première annonce de la foi en la Résurrection ? Or elle n’est apparue que très tard en Israël. C’est donc bien du peuple d’Israël, dont la survie est en péril par sa faute, mais qui malgré tout, sait que Dieu ne l’abandonnera dont il est question. Plus tard, quand on a commencé à croire en une résurrection personnelle, elle a été relue dans ce sens.

Dans la 1ere lecture de ce dimanche, c’est ce psaume que Pierre, au matin de la Pentecôte, proclame aux pèlerins juifs venus nombreux à Jérusalem. C’est la 1ere prédication chrétienne annonçant que Jésus était bien le Messie, qu’il était vraiment ressuscité et que c’est en Lui que les Ecritures s’accomplissaient (Lc 24, 13-35).

Nous le savons, avec la pandémie mondiale, notre monde traverse une crise sanitaire qui, sans aucun doute, aura des répercussions sur l’économie avec pour conséquence une aggravation de la pauvreté dans le monde. Nous allons devoir remettre en question nos modes de vie, apprendre à vivre autrement. Devant cet avenir incertain, le doute nous envahit, notre moral parfois faiblit. Dans ces moments d’obscurité, laissons monter à nos lèvres, dans la confiance, les phrases de ce psaume et faisons nôtre, alors que nous sommes encore dans le temps de Pâques et dans l’attente de la Pentecôte, ces quelques paroles du Miserere d’Allegri, musique « céleste » qui nous invite à l’espérance : « Dans le secret, tu m’apprends la sagesse… Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit… Que l’Esprit généreux me soutienne… Seigneur ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange »Que ce temps d’épreuves, à la lumière de la Bible et de la Résurrection éclaire notre foi afin d’y puiser et reconnaître, malgré les difficultés à venir, toutes les raisons d’espérer et, plus que jamais, y trouver la force de nous mettre au service de nos frères donc de Dieu.

 

Georgette
Sources : Marie-Noëlle Thabut et Wikipédia.
Image : Pxhere – CCO libre de droit.

 

 

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