L’adoration des bergers de Fragonard

Publié le

En ce matin de Noël, en écoutant l’hymne des chérubins et en contemplant ce tableau, allons avec les bergers à la rencontre de Dieu qui, dans un enfant, a pris notre condition humaine.

Jean-Honoré Fragonard (1732 – + 1806), peintre des paysages et des boudoirs, par des effets de lumière fait ressortir la beauté de la “chair” humaine, dans ses tableaux de la Vierge ou du Christ.

Le tableau

C’est le cas de cette toile représentant la naissance de Jésus-Christ  rapportée par Saint Luc ( Lc 2, 8-20 ). Les bergers informés de la venue du Sauveur par un ange, sont rejoints par une innombrable troupe céleste. Venus en hâte dans cette petite bourgade qu’est Bethléem, ils se prosternent  devant l’Enfant qui vient de naître.

La présence de nuages, aux couleurs étranges crée une ambiance presque irréelle.

En haut, à gauche, le bœuf  (dont on ne mentionne pas la présence dans l’évangile)  se distingue à peine.

La composition du tableau est ordonnée autour de Jésus glorifié par la lumière qui se concentre sur lui. Celle-ci fait ressortir son teint  rosé et nous dit que cet enfant, entouré de putti (angelots nus et ailés symbolisant l’amour) a quelque chose de divin. Dieu le père, veillant sur Son Fils, apparaît de façon très discrète dans le ciel.

Marie dans un geste d’offrande le présente aux visiteurs. Le visage de Jésus se tourne vers eux comme pour signifier que Dieu vient à nous en passant par les ” sans voix ” de l’époque, les bergers. Ceux-ci contemplent l’enfant. L’un d’eux vigoureux et le buste dénudé, s’incline profondément devant le nouveau- né. Il lui offre en présent un agneau aux pattes ligotés. Ce détail nous fait déjà entrer dans le mystère de Pâques.

Contempler ce tableau permet de ressentir le mystère de l’ Incarnation. Dieu en s’incarnant vient partager notre humanité.

L’Hymne des chérubins

Cet hymne que nous vous proposons d’écouter, accompagne dans la liturgie Byzantine, la procession de l’offertoire « la grande entrée » pendant laquelle les oblats (le pain et le vin) destinés à être consacrés sont amenés à l’autel.

Ce chant rappelle que la liturgie terrestre est le reflet de la liturgie céleste. Les paroles : « Nous qui, dans ce mystère, représentons les chérubins, chantons l’hymne trois fois sainte à la bienheureuse Trinité. Déposons tous soucis du monde, allons à la rencontre de notre Roi de gloire » nous invitent à accompagner les chérubins (transcription de l’hébreu keruvīm) dont le nom signifierait « celui qui prie » ou « celui qui communique » en route vers la crèche.

Leur chant charme les bergers et les prépare à contempler l’Emmanuel (de l’hébreu immânû ’él) ce qui veut dire « Dieu est parmi nous ».

Ne l’oublions, en cette fête de Noël, nous célébrons Dieu qui a pris notre chair humaine et qui vient à notre rencontre. Les bergers, après avoir vu l’enfant, deviennent les premiers à proclamer la Bonne Nouvelle du salut. Ils chantent les louanges et la gloire de Dieu pour tout ce qu’ils ont entendu et vu.  Faisons de même !

 

Georgette

Illustration  : Wikimédia Commons – Huile sur toile conservée au Musée du Louvre – Aile Sully – 2eme étage – Section 49 – Domaine public – Musique L’hymne Les Chérubins par la chorale Gaudete.

Plus de lecture...