Pour cette chanson intitulé Jésus, le compositeur interprète Manu Richerd, découvert récemment, s’est inspiré de l’évangile de ce 28eme dimanche du temps ordinaire. Le clip a été réalisé par Guillaume Girault. Détenteur d’un BTS Communication Visuelle avec spécialisation en illustration, il a travaillé dans une grosse agence Web Parisienne. En 1989, il a « rencontré » Dieu.

 

Peu à peu, il a ressenti en lui un appel : celui de travailler pour l’éveil à la foi de la jeunesse. Il est alors devenu auteur réalisateur de dessins animés. Il se considère comme un missionnaire qui, en utilisant les moyens multimédias, permet aux jeunes de découvrir, d’une façon plus ludique, le contenu de la Bible. Il travaille avec d’autres artistes chrétiens (Sens Unique …) et pour l’association TJEKO qui œuvre pour les enfants des rues (anciens enfants soldats) en Ouganda.

Les images de cette vidéo évoquent également la 1ere lecture : « Le Seigneur Dieu essuiera les larmes sur tous les visages … et ce jour-là, on dira : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c’est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! » (Isaïe 25 8, 9) ainsi que le verset du psaume : « Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours (Ps 22, 6).
De quoi parle la parabole des invités au festin de noces de St Matthieu ? Un roi marie son fils et, à cette occasion, il prépare un banquet. Il lance des invitations mais tous les invités se trouvent des excuses pour ne pas y assister. Ce repas de fête est l’allégorie de l’Alliance établit entre Dieu et les Hommes et dont le but est la construction du « Royaume des cieux ». Dans l’Ancien Testament, cette annonce et l’accomplissement du salut universel devaient passer par Israël, peuple élu en mission pour toute l’humanité. Nous connaissons la suite. Dieu inlassablement part à la recherche de son peuple, multipliant les invitations à le suivre et les alliances. Mais par le refus de certains (représentés par les invités qui trouvent des excuses pour ne pas se joindre à la noce et vont jusqu’à maltraiter les serviteurs venus les chercher) qui ne veulent pas reconnaître en Jésus le Messie (le fils du Roi dans le récit), le cercle des invitations s’élargit, le banquet s’ouvre à tous : « Allez donc aux croisées des chemins ; tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce ». (Mt 22, 09). Se réalise ainsi la prophétie d’Isaïe : « … Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération » (Is 61, 1).

La seconde partie de la parabole nous parle du vêtement de noce. Pour entrer dans la salle du banquet, les invités ont revêtu une tunique blanche (qui n’est autre que celle des baptisés). La couleur de cette parure rappelle les exigences du baptême. Jésus le dit : Ce n’est pas en me disant : « Seigneur, Seigneur, qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux » (Mt 7, 21). Qu’elle en est le symbole ? Ceux qui ont rencontré le Christ, ceux qui ont été baptisés ont été plongé dans la mort du Christ mais ils participent à une double victoire : celle sur le péché et sur la mort, sur toutes nos « morts » (dans le clip addiction à l’alcool, aux antidépresseurs, à la drogue …). En rencontrant le Christ, ils « revêtent » cette parure blanc immaculé, signe visible d’un changement invisible qui doit apparaître aux yeux de tous à travers un réel changement de vie. Le refus de cette grâce que Dieu accorde à chacun demeure un profond mystère comme l’est la grâce elle-même.

Dans le chapitre intitulé : Être prêt pour les noces, Sœur Anne Lécu, dans son livre Tu as couvert ma honte, nous invite à méditer la parabole de ce dimanche. Pourquoi le Roi (Dieu) agit-il ainsi, comment est-il possible qu’un convive soit ainsi refusé ? Les exégètes expliquent que pour un repas de noce, un vêtement blanc était remis à tous les convives. Une seule chose était exigée : s’en revêtir pour entrer dans la salle du banquet. Dans l’évangile, celui qui n’en est pas revêtu n’est donc pas rentré par la porte. Des Pères de l’Église ont vu, dans cet homme qui n’en est pas paré, l’accusateur qui s’immisce dans une fête à laquelle il n’est pas convié. Il n’est autre que Satan, le serpent de la Genèse… Grégoire le Grand commente : « C’est à juste titre que la charité est appelée robe nuptiale puisque notre créateur l’a revêtue quand il vint aux noces où il s’est uni à l’Église. Le satan, l’accusateur, n’a pas été revêtu par la charité, sinon il serait « né de Dieu ». Ce n’est pas quelqu’un mais une puissance fascinante qui nous détourne de nous-mêmes. Cette tentation, c’est ce que Guillaume Girault, dans ses clips, suggère par la présence très discrète d’un étrange petit oiseau noir.

Manu Richerd, en commentant sa chanson nous rappelle que : « Cette invitation résonne toujours aujourd’hui : elle représente l’appel de Dieu envers chacun. Mais on peut trouver beaucoup d’excuses qui nous éloignent de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, et tous ceux qui entendent cette invitation peuvent l’accepter ou la refuser ! … ». Chaque jour, Jésus nous appelle à entrer dans la gratuité du Royaume et à nous réjouir de tout ce que nous recevons de Lui. Alors, comment allons-nous répondre à son invitation ?

Georgette

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