Depuis la mi-mars, nous ne pouvions plus célébrer l’Eucharistie dans nos églises. Nous avons vécu en fraternité des moments forts, intenses mais la privation de La vivre en présence de nos frères et sœurs dans la foi commençaient à devenir pesante.

 

La semaine dernière, après la mise en place des mesures de sécurité exigées, c’est dans la joie et l’espérance que, dans nos paroisses, nous avons enfin pu en revivre une « en chair et en os ».

Que ce jeûne eucharistique auquel nous avons été confrontés pendant de longues semaines nous aide à prendre conscience de la grandeur de ce qui se joue dans toute célébration Eucharistique, celle quotidienne, celle dominicale ou celle des grandes assemblées extraordinaires ! Sœur Anne Lécu dans son livre Ceci est mon corps nous rappelle que « quitter sa maison pour l’église est un déplacement, le commencement d’un exode…Le cœur du cœur de ce qui nous rassemble, c’est d’entendre une parole de Dieu, sur Dieu, c’est de célébrer sa présence par les chants et les gestes, et finalement – incroyable mystère – de devenir ensemble Celui que nous célébrons ». Elle souligne combien il est important de la vivre en communauté parce que « le pain partagé convertit nos existences en vies partagées » et aussi parce que « l’écoute de la Parole reçue ensemble nous permet de donner la parole à d’autres… Que la nourriture reçue fait de nos vies une nourriture les uns pour les autres ».

Que cette privation que nous avons vécue nous invite à prendre conscience de la détresse de ceux qui ne peuvent pas communier et à longuement réfléchir sur un aspect que pointe la religieuse dominicaine : « ceux qui se lèvent pour aller communier vont à fortiori communier pour ceux qui sont là mais qui ne se lèvent pas, pour ceux qui aimeraient être là et ne le peuvent pas, pour ceux qui ne sont pas là mais font partie de notre chair la plus réelle (nos proches, notre famille, nos amis) car nous les aimons, et pour la multitude des hommes de ce temps ». La messe dit-elle n’est pas achevée « tant qu’un corps est affamé, tant qu’une âme est meurtrie, tant qu’un cœur est blessé, tant qu’un visage est fermé – tant que « Dieu n’est pas en tous » (1 Co 15, 28).

Georgette et l’équipe du site internet

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