Mercredi dans l’Octave de Pâques

 

 

Homélie du Père Alexandre de Bucy

Avez-vous remarqué ce détail dans l’évangile ? Un détail qui se situe entre la reconnaissance de Jésus à la fraction du pain dans l’auberge d’Emmaüs, après une marche de plusieurs heures, et le départ des deux disciples illuminés par le Christ ressuscité, vers Jérusalem et le groupe des Onze disciples ?

Après avoir reconnu le Christ, et avant de se mettre en route pour Jérusalem, Luc décrit ces disciples dialoguant : « ils se dirent l’un à l’autre » (Lc 24, 32). C’est par cette parole échangée entre eux que la foi grandit dans leur cœur et les pousse à prendre la route et à partager cette joie de la rencontre avec le Christ ressuscité. Les deux témoignent ce qu’ils ont vécu en chemin : « notre cœur n’était-il pas tout brûlant en nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Ecritures ? » (Lc 24, 32). Et ce témoignage enracine en leur cœur leur amour du Christ et leur désir de le faire connaître.

Notre foi, elle ne peut grandir et devenir rayonnante que dans ce dialogue avec nos frères et sœurs. Ce partage fraternel de notre foi nous permet d’avancer dans les questions que nous nous posons, mais aussi d’encourager les autres par ce que nous avons reçu.

Après avoir vécu une semaine sainte, que certains disent avoir été extraordinaire, et avant de sortir de nos maisons et de nos appartements, il serait beau que nous puissions échanger en famille, avec nos voisins ou des amis, sur la manière dont nous vivons humainement et spirituellement ce temps, dont nous vivons notre foi, sur nos questions, sur ce que nous avons reçu, sur ce que nous portons dans nos cœurs. Est-ce que notre cœur a été brûlant ces jours-ci ? Comment cela est-il arrivé ? Qu’est-ce qui domine aujourd’hui ? Et n’hésitez pas à nous le partager également. Vos retours et ce dialogue nourrissent notre propre foi.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (24, 13-35)

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine),
deux disciples faisaient route
vers un village appelé Emmaüs,
à deux heures de marche de Jérusalem,
et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient,
Jésus lui-même s’approcha,
et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
Jésus leur dit :
« De quoi discutez-vous en marchant ? »
Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :
« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem
qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit :
« Quels événements ? »
Ils lui répondirent :
« Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth,
cet homme qui était un prophète
puissant par ses actes et ses paroles
devant Dieu et devant tout le peuple :
comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,
ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.
Mais avec tout cela,
voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe
nous ont remplis de stupeur.
Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ;
elles sont venues nous dire
qu’elles avaient même eu une vision :
des anges, qui disaient qu’il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau,
et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;
mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors :
« Esprits sans intelligence !
Comme votre cœur est lent à croire
tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ
souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,
il leur interpréta, dans toute l’Écriture,
ce qui le concernait.

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,
Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir :
« Reste avec nous,
car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Il entra donc pour rester avec eux.

Quand il fut à table avec eux,
ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction
et, l’ayant rompu, il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,
mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre :
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,
tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.
Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,
qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité :
il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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