On ne parle plus beaucoup du purgatoire (cf. Guillaume Cuchet, historien : « Le crépuscule du purgatoire » = la forte piété de la 2ème moitié du XIXème siècle autour des « âmes du purgatoire » a décliné jusqu’à aujourd’hui).

Pourtant, cette doctrine catholique du purgatoire a une logique certaine, très importante pour la compréhension de notre vie humaine et de notre destinée

 

Sur quoi se fonde la doctrine du purgatoire ?

 

Il y a peu de références bibliques explicites (les Protestants ne reconnaissent pas cette doctrine). Mais il y en a quand même.

Notamment, 1er livre des Machabées  12 : on y découvre la tradition du peuple juif de prier pour les défunts = cela suppose l’existence d’un temps intermédiaire après la mort, de l’ordre de la purification.

  • La pratique de la prière pour les défunts (très ancienne) a fondé la doctrine du purgatoire (définie par l’Eglise au XIIIème siècle puis au Concile de Trente, au XVIème siècle).

« Si le purgatoire n’existait pas, il faudrait l’inventer. » (Ratzinger, livre d’entretiens, 1985)

 

Qu’est-ce que le purgatoire ?

 

Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1030 : « Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. »

= le purgatoire désigne un état de « purification », et non pas un lieu (« le » purgatoire ne fait pas partie de la doctrine officielle, où l’on parle davantage de l’action de purification par Dieu)

= c’est une étape sur le chemin du Ciel (le salut de la personne est assuré ; le purgatoire n’a donc rien à voir avec l’enfer !)

= c’est un état « temporaire » (même si la notion de temps n’est plus adaptée au-delà de la mort…)

= il s’agit d’une souffrance purificatrice, pour ceux dont la vie n’a pas été totalement ajustée à l’amour infini de Dieu.

Les représentations du purgatoire, dans la catéchèse et les homélies, ont oscillé entre un « quasi-enfer » et un « feu miséricordieux ». Aujourd’hui, on parle davantage d’un « feu intérieur », sur le chemin de la pleine communion avec Dieu. On évite au maximum de l’associer à la peur du châtiment. Le purgatoire revoie en définitive au juste sens de la disproportion entre Dieu et nous.

Le Père Bot (prêtre de Versailles, qui a écrit des livres sur le sujet) utilise les expressions suivantes pour en parler : « une grande espérance », « le chef-d’œuvre de la miséricorde de Dieu », « le salon de beauté de l’Esprit-Saint », « une expérience mystique de purification, où tout est clos et où Dieu agit pour ce qui reste à accomplir ».

 

Quel est le lien avec notre vie ?

 

La doctrine du purgatoire souligne le fait que le double commandement de l’amour est une chose grave. Le salut n’est pas joué d’avance. Il faut tout faire pour aller au Ciel et éviter le péché, qui laisse toujours des traces. Des traces en nous, dans notre être, même au-delà de la mort ; et des traces en-dehors de nous (le mal que l’on a fait continue à produire des effets chez les autres, même après notre mort).

L’aspect positif de la doctrine du purgatoire : c’est la foi en la « communion des saints », le lien de solidarité entre les vivants et les morts. Les défunts ont vraiment besoin de notre prière ! Et nous-mêmes pouvons les invoquer, car plus ils s’approchent de Dieu, plus ils peuvent intercéder en notre faveur.

P. Edouard

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