Le Cardinal Roger Etchegaray s’est éteint hier à l’âge de 96 ans. Il était l’un  des Français les plus connus et estimés au Vatican et dans la ville de Rome où il a habité . Dans son appartement de San Callisto dominant le quartier populaire du Trastevere, chaque visiteur était accueilli par son chaleureux sourire et par une invitation à se rendre à la chapelle avant de passer à table.

 

Nul calcul dans ce sourire. C’était celui du « pasteur » qu’il n’a jamais cessé d’être que ce soit dans sa région natale, à Paris, à Marseille, à Rome et dans toutes les capitales où il se rendait. Ses missions à la fois spirituelles et très politiques, conduites au nom du Pape, exigeaient la plus grande discrétion. Jean-Paul II lui avait confié en 1984 deux Conseils pontificaux : Justice et Paix et Cor unum dont le nom signifie : Un seul cœur. Son but était d’exprimer la sollicitude de l’Eglise envers les nécessiteux afin que soit favorisée la fraternité humaine et que se manifeste la charité du Christ. Il a été supprimé le 1er janver 2017 et remplacé par le nouveau dicastère pour le service du développement humain intégral créé par le Pape François.

 

Il avait pris le vieillard Syméon de l’Evangile comme saint de ses vieux jours « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole ». Ces dernières années, il se réjouissait de voir, sur le trône de Pierre, François, ce pape selon son cœur, dont il avait souhaité l’élection. Il aimait à répéter que « l’Eglise est partout ». Cette Eglise qu’il aimait pour son universalité et qu’il a servie avec fidélité malgré les zones d’ombre. Il avait écrit à son sujet : « Le chrétien se sent mal à l’aise dans son Eglise tant qu’il ne cherche pas à se mettre à la mesure d’une Eglise sans mesure : il nous faut aimer l’Eglise comme elle est ». Il avait un jour confié au journal la croix : «  Ma sensibilité humaine et pastorale m’a conduit très souvent à rencontrer des frères et des sœurs qui ont du mal à vivre dans l’Église ou campent hors de ses murs. Nourri dans le sérail, j’éprouve plus que d’autres la vérité de l’adage “Ecclesia semper reformanda” (“L’Église est en permanence à réformer”). Je puis dire que c’est constamment que j’y travaille, à ma manière discrète, c’est vrai, mais avec obstination. »

 

Dans un message de condoléances le Pape François a souligné que Roger Etchegaray a toujours été un pasteur : [ « zélé et aimé du peuple qu’il avait été appelé à servir » ; « un conseiller écouté et apprécié, particulièrement dans les situations délicates pour la vie de l’Église dans différentes régions du monde ». Il a également déclaré qu’il garderait un souvenir ému de cette figure marquante de l’Eglise et  a salué la foi profonde et le regard sur l’Eglise de ce cardinal au «  regard tourné vers les extrémités de la terre, toujours en éveil quand il s’agissait d’annoncer l’Evangile aux hommes d’aujourd’hui »].

 

Georgette

Sources : La Croix – Le monde et VaticanNews

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