Méditation estivale

 

C’est le temps des vacances, des voyages, du temps libre… Alors écoute …

Écoute, au milieu des tempêtes, des flots en furie, des chaleurs écrasantes, le frémissement doux et paisible d’une terre où naît et grandit la vie d’une source, d’une graine qui germe, de quelques cellulesqui appellent un être à la vie… Ecoute au plus profond de toi-même, au milieu de tes tempêtes ou de tes lassitudes, écoute la vie qui te fait être.

Écoute le vent qui pousse les nuages pour la pluie de la vie ; le vent qui fait frissonner les arbres sous la poussée de la vie ; le vent qui fait frémir ton corps, ton corps vivant de plaisir, de bonheur, de désirs.

Écoute les cimes des montagnes et les vagues de la mer, écoute les creux des gorges profondes et les grottes au centre de la terre… Écoute-les t’inviter à découvrir, en toi et en tous tes frères, les hauteurs que l’homme peut atteindre et les profondeurs de sa conscience et de son cœur.

Écoute les pierres des monuments que tu visites. Elles te disent l’histoire des hommes et des femmes, tes frères et sœurs. Elles te parlent d’amour et de haine, de foi et de prière et de désespoirs, de paix et de guerre, de fraternité et de violence… Elles te disent l’histoire de notre humanité : celle d’hier et d’aujourd’hui.

Écoute les chansons, les rythmes et les cris de ces pays que tu ne connais pas… même si tu crois les connaître. Pays d’autres cultures, d’autres couleurs, d’autres spiritualités. Ils te disent toutes les beautés et les richesses de notre humanité, de TON humanité.
Ils t’invitent à la joie, à la fête, mais aussi à la solidarité, au respect, au combat pour le respect de l’homme.

Écoute, si tu restes chez toi, tous ceux-là qui passent, qui visitent, qui se détendent. Ils t’apportent un air frais venu d’ailleurs ; ils te disent que vaste est la planète. Donne-leur ton sourire, laisse-les t’approcher : c’est ainsi que se bâtit la paix, la fraternité, l’amitié, la rencontre.

Écoute et remercie et chante la vie. Laisse monter en toi la louange, la prière, la reconnaissance. Écoute en toi ce chant, cette prière qui te dit que tu es pétri de matière, de terre… mais aussi d’Esprit.

C’est l’Esprit qui chante en toi. Et l’Esprit, c’est la vie. Ecoute l’Esprit qui te dit ta transcendance. Refuse l’absurde du néant pour accueillir en toi le Mystère de la vie.

Oui écoute ….

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Le repos

 

 

 

« J’aime le repos, dit Dieu. Vous vous faites mourir à travailler. Vous vous agitez, vous ruinez vos santés… Vous vous dépensez tant pour un surplus d’argent et de confort. Vous vous tuez pour des babioles. Dites-moi donc ce qui vous prend !

Moi, j’aime le repos, dit Dieu. Je n’aime pas le paresseux. Je le trouve simplement égoïste car il vit aux dépens des autres. Moi, j’aime le repos quand il vient après un grand effort et une tension forte de tout l’être.

J’aime les soirs tranquilles après les journées dures. J’aime les dimanches épanouis après les six jours fébriles. J’aime les vacances après les saisons d’ouvrage. J’aime la retraite quand la carrière est terminée. J’aime le sommeil de l’enfant épuisé par ses courses folles.

J’aime le repos, dit Dieu. C’est ça qui refait les hommes. Le travail, c’est leur devoir, leur défi, leur effort pour donner du pain et vaincre les obstacles.

Je bénis le travail. Mais à vous voir si nerveux, si tendus, je ne comprends pas toujours quelle mouche vous a piqués. Vous oubliez de rire, d’aimer, de chanter. Vous ne vous entendez plus à force de crier.

Arrêtez donc un peu. Prenez le temps de perdre votre temps. Prenez le temps de prier. Changer de rythme, changez de cœur.

J’aime le repos, dit Dieu. Et au seuil du bel été, je vous le dis à l’oreille quand vous vous détendez dans la paix du monde, Je suis là près de vous et je me repose avec vous ».

André Beauchamp (théologien québécois)

 

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