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Notre Dame, Notre Drame,

Voilà qu’après un début d’année difficile pour notre Église avec le film « Grâce à Dieu », le livre Sodoma, le procès du cardinal Barbarin, le reportage d’Arte sur les religieuses abusées, notre Église a le visage défiguré du Christ. Et comme si ce n’était pas suffisant, nous rappelant la phrase de Pascal « Jésus est à l’agonie jusqu’à la fin du monde », voilà qu’en ce début de la semaine pascale, Notre Dame de Paris, un joyau de l’humanité a brûlé. Pourquoi ? Telle est la question que se posent des chrétiens. Dans ce lieu, de nombreux et grands moments de notre nation ont été vécus en 850 ans. Personnellement, je me souviens de l’ordination de Mgr Renaud de Dinechin à Notre Dame. En tant que diacre, j’étais bien placé au bout du transept. L’homme qui était ordonné évêque, en haut des marches, au milieu de la nef et du transept, seul, était minuscule quand on le comparait à la hauteur de voûte. L’image de la grandeur et de la puissance de Dieu était saisissante. Je me rappelle aussi d’y avoir organisé une sortie des servants d’autel, ceux-ci sont aujourd’hui les cadres du groupe de louanges de notre paroisse.

Mais revenons à lundi soir, les images terribles ont été relayées sur toutes les télévisions du monde. Un moment d’émotion a envahi nos concitoyens bien au-delà de la sphère catholique. On a assisté à un soulèvement de toute la nation, qui est entrée en communion, devant ce désastre. Une nouvelle fois, Notre Dame a joué son rôle dans l’unité nationale, mais à ses dépens. Certains pensent que les nombreuses prières sur le parvis de Notre Dame et aussi dans toute la France ont évité la disparition totale du bâtiment. Il s’en est fallu de peu.

Comme l’a dit le prêtre Moise de Germini avec beaucoup d’humour « le Seigneur a une façon très surprenante en ce début de semaine sainte d’attirer le regard et la prière du monde entier sur lui ».

Ces évènements tragiques obligent chacun de nous à puiser dans sa mémoire et dans son histoire pour comprendre que quelque chose de plus grand que nous, nous dépasse. On est dépositaire d’un passé pour les générations futures, et il en est de même pour la foi.

Mais si les bâtiments sont vulnérables, les chrétiens le sont encore plus. Les chrétiens d’Orient ou le père Hamel sont venus nous le rappeler. Si les cathédrales sont des biens inestimables, les chrétiens le sont plus encore. Ces pierres vivantes sont porteuses des valeurs qui ont forgé notre monde. Les mots de liberté, justice, amour, fraternité ont pris naissance dans le christianisme. Un monde sans chrétien, ou un monde, où les chrétiens n’auraient plus la capacité de transformer et d’améliorer la société, d’y rappeler les limites éthiques, les voies de la vie intérieure et du bonheur éternel, ce monde serait comme un bâtiment sans toit.

Mais nous savons en tant que chrétien que quelque chose doit mourir pour pouvoir ressusciter et que d’un mal peut naître un bien.
Bonnes fêtes de Pâques à tous et à toutes.
Jean-Claude, Diacre Permanent

 

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