La 1ere lecture et l’évangile de ce dimanche 29 juillet ont un point commun ; il y est question du pain qui rassasieles foules (2 R4, 42-44 et Jn 6, 1-15). C’est une occasion d’en découvrir la richesse symbolique. Dès l’apparition du premier foyer d’agriculture au Proche Orient, il deviendra l’aliment de base des hommes, celui qui donne l’énergie essentielle à la vie. Dans les Civilisations Antiques, il est considéré comme sacré, de nature divine.

Dans l’Antiquité Egyptienne, un récit nous dit qu’Osiris, Dieu de la fertilité et du renouveau (la végétation meurt pour renaître), enseigna aux Egyptiens l’art de fabriquer les instruments de labour pour cultiver la terre et lui faire produire le blé qui, moulu deviendra de la farine puis du pain. Il se définissait comme le pain de vie des enfants de l’Egypte. Ce titre sera repris dans l’évangile de Jean pour désigner le Christ : « Moi, je suis le pain de vie, Celui qui vient à moi n’aura jamais faim… »(Jn 6, 35) Rappelons que Sa naissance est située, par la tradition Chrétienne, à Bethléem (en Hébreu Bet lehem) ce qui veut dire : « maison du pain ».Les Grecs, quant à eux, le tenaient en haute estime. Tout comme le vin et l’huile, il était « le produit de la civilisation ». Le poète Latin Ovide, qui vécut au moment de la naissance de l’Empire Romain, raconte cette légende : lorsque les Gaulois assiégèrent Rome, les Romains invoquèrent Jupiter qui leur conseilla de jeter par-dessus les murs ce qu’ils avaient de plus précieux. Ils confectionnèrent alors avec leur reste de farine, des miches de pain qu’ils lancèrent contre les assaillants. Ces derniers, pensant que Rome était largement approvisionnée et pouvait tenir un très long siège, abandonnèrent leur assaut. En reconnaissance, un temple à Jupiter Pistor (Jupiter Boulanger) fut érigé, associant ainsi le symbolisme du blé (vie, mort et renaissance) à la destinée de la ville.

Chez les Hébreux, le pain « lechem » est présent tout au long de la Bible. Ce mot désigne également la nourriture au sens large du terme. Dès le 1er chapitre de la Genèse, Dieu indique à l’Homme ce qu’il peut manger : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre…telle sera votre nourriture ». (Gn 1, 29). Après le péché originel, il devient le fruit d’un dur labeur : « C’est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain … »(Gn 3, 19). Comme tous les habitants du Proche Orient, les personnages bibliques se nourrissent de pain ; cuit sous forme de galettes rondes ou plates, il peut être consommé avec des aromates ou assaisonné d’huile, enrichi de fèves, de lentilles « Prends du blé, de l’orge, des fèves, des lentilles, du millet et de l’épeautre : mets-les dans un même récipient ; tu t’en feras du pain… » (Ez 4, 9) ou de raisins, de miel … Pour les Hébreux, le pain non levé, la matsa, est « le pain de la hâte ». C’est celui qu’ils emportent en sortant de l’Egypte où ils sont esclaves ; c’est celui des nomades qu’ils sont devenus dans le désert (sa préparation est rapide). A l’inverse, le pain levé, le hamets, représente la continuité et la patience. C’est celui des sédentaires.

Quelques récits de miracle sur le pain existent dans l’Ancien Testament, notamment dans le livre de l’exode et le livre des nombres :[« J’ai entendu les récriminations des fils d’Israël …Tu leur diras : « Au coucher du soleil, vous mangerez de la viande, et le lendemain, vous aurez du pain à satiété »(Ex 16, 12), « Pendant la nuit, la rosée descendait sur le camp, la manne descendait sur elle (Nb 11, 9). Le peuple se dispersait pour la recueillir ; puis on la broyait …enfin on la cuisait dans la marmite et on en faisait des galettes »(Nb 11, 8)]. Il en est de même dans les livres des rois  lorsque Elie rencontre la veuve de Sarepta et lui demande de cuire du pain : « …Ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra….La femme alla faire ce qu’Elie lui avait demandé, et pendant longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger. » (1 R 17, 14-15). Celui d’Elisée, qui est lu aujourd’hui (2 R 4, 42, 44), annonce ceux, plus nombreux, du nouveau Testament : (Lc 9, 10-17), (Mc 8, 1-10), (Mt 14, 13-23 et 15, 32-39) ainsi  que celui de Jean (Jn 6, 1-15). Ces récits bibliques ont des points communs : on y retrouve un vrai besoin de nourriture, une demande à Dieu, une foi certaine dans l’intervention du Seigneur, et  pour certains, un beau geste d’offrande (on donne, non pas le superflu, mais ce qui reste pour survivre). La prière du Notre Père quant à elle : « Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien  », exprime à la fois une demande de nourriture concrète, celle dont nous avons besoin pour vivre mais elle est aussi une demande spirituelle. Le pain, c’est aussi la parole de Dieu qui nous guide, nous transforme et que nous avons le devoir de partager !

La symbolique de tous ces textes est un signe ; elle nous dit quelque chose de ce que nous devons vivre dans nos communautés. Le miracle de l’Eucharistie, toujours renouvelé, nous invite à la rencontre, au partage de La Parole. Il nous encourage à être à l’écoute de tous nos frères qui ont besoin d’amour, de soutien, de réconfort et, par le témoignage de nos vies vécues à la lumière de l’Esprit Saint, il nous convie à répondre aux défis et aux besoins spirituels de notre monde tourmenté !

Georgette

* Sources la Croix , La Symbolique du Pain, Marie-Noëlle Thabut

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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