Devant le développement croissant de l’ I.A. et des robots humanoïdes nous devons nous poser des questions :
- Sur le statut de l’ humain face à ce qui n’ est qu’ une machine qui en imite les traits et les comportements.
Ces quelques exemples nous invitent à une réflexion sur ce sujet.
Gabi le robot devenu moine
En mai dernier, un monastère Bouddhiste de Séoul organisait très officiellement l’ accueil d’ un nouveau moine. À première vue, rien de très étonnant.
Toutefois celui-ci, du nom de Gabi, avait la particularité d’ être un robot « humanoïde » fait :
- De capteurs, de caméras et pour son corps : de pieds, mains et bras en carbone et en aluminium.
Les réseaux sociaux avaient abondamment relayé cet « événement » puisqu’ il s’agissait d’ une opération de communication destinée :
- À rapprocher la jeune génération coréenne de sa tradition spirituelle millénaire et peut-être même susciter des vocations.
C’ est ainsi que, suite à cette cérémonie, Arnaud Alibert, rédacteur en chef du journal la Croix signalait dans une rubrique en date du 15 mai, cette vérité :
- Un robot ne peut et ne doit pas être réellement considéré comme un moine.
En effet, l’ engagement religieux s’ appuie avant tout sur :
- La liberté, la volonté intérieure.
Or un robot n’ en dispose pas puisque :
- Son « oui » est dictée par des logiciels, et des algorithmes pré embarqués.
En définitive, l’ engagement de Gabi (dont le nom s’ inspire à la fois de Siddhartha, le nom du Bouddha avant son éveil et d’ un terme coréen lié à la compassion) lui permet :
- De servir dans le monastère en participant activement à des pratiques religieuses ou spirituelles et à des activités éducatives liées au bouddhisme.
Or sa réponse, n’ étant qu’ une suite statistique de mots, n’ avait rien à voir avec :
- Le discernement spirituel qui, rappelons-le, est un don qui nous est offert par Dieu grâce à l’Esprit Saint.
Grâce à celui-ci, l’ être humain peut :
- Évaluer les événements qui ont lieu à la lumière de sa foi.
Les jeux olympiques des robots humanoïdes
Dernièrement à Pékin une compétition, avec plus de 1600 épreuves telles que cours, saut en hauteur …, a opposé plus de 2056 robots humanoïdes.
Du reste, les médias ont relayé cet événement et ont comparé les records fait par ces « machines » avec ceux d’athlètes humains.
Ce fut le cas pour le record du monde que détenait le Jamaïcain Usain Bolt.
En 2009, il réalisa un record du monde du 100 mètres en 9 secondes 58 tandis que le robot chinois a parcouru la même distance en 9,39 secondes.
Le même cas s’ est produit pour le saut en hauteur puisque :
- Un autre robot humanoïde a réalisé l’ incroyable performance de sauter sans élan à une hauteur de 2,88 mètres dépassant le record humain (avec élan), de 2,45 mètres, réalisé par le Cubain Javier Sotomayor en 1993.
Mais peut-on faire une comparaison puisque un robot ne ressent pas :
- De douleur : Un athlète bien qu’ il repousse au maximum les limites de la douleur physique connaît parfois des défaillances tandis que le robot applique un algorithme sans ressentir la moindre souffrance.
- Et d’émotions : un sportif de haut niveau apprend à canaliser la pression, le stress et l’ incertitude tandis que le robot n’ a pas de mental à gérer.
Par ailleurs, une compétition sportive ne se résume pas à réaliser le temps le plus rapide, le saut le plus haut … ni aux exploits physiques des sportifs.
En effet, ceux-ci doivent faire face :
- À la fatigue, à la pression, à l’incertitude, aux émotions et au risque.
Le mouvement olympique lui-même définit le sport autant par le développement et l’ expérience humaine que par les résultats obtenus puisque :
- Surmonter les défis est tout aussi important que maîtriser les compétences physiques nécessaires à la performance.
Finalement, un robot même s’ il a l’apparence d’ une personne ne ressent pas le trac sur la ligne de départ,
De plus il ne connaît :
- Ni la joie de la victoire ni la déception de la défaite.
Une intelligence artificielle qui prétend faire revivre les morts
Depuis quelques années, des entreprises proposent de redonner une vie numérique à ceux qui nous ont quittés.
Ainsi donc, selon une étude faite en 2024, la TA-Swiss (commission Suisse pour l’ évaluation des choix technologies) :
- Le marché du « Digital After Life » ou « vie numérique après la mort » serait en pleine expansion.
Ce secteur d’ activités se divise en deux catégories principales.
D’ un côté les sociétés portant le nom de « Death Tech » ou « mort numérique ».
Celles-ci proposent à leurs clients de gérer leurs données après leur décès pour d’ une part :
- Les effacer.
Et de l’autre celles appelées « La Grief Tech » ou « Deuil Numérique ».
Dans ce cas, la technologie est utilisée pour concevoir :
- Des « deadbots », sorte d’avatars entraînés, à partir des données laissées par le défunt – écrits, enregistrements vocaux, images ou vidéos –
Ils sont destinés à « simuler » son comportement.
Converser avec les défunts
La société Replika IA a été l’une des premières à proposer à ses clients une application leur permettant :
- De converser avec un proche décédé « comme s’il était vivant ».
Depuis, les plateformes de ce type se sont multipliées.
Par exemple, la start-up française HER (acronyme de Human Enhanced Relation ou « relation humaine augmentée ») commercialise depuis l’été 2025 son service Memories.
Il promet de « transmettre de génération en génération la mémoire de nos proches »
Le fonctionnement de ces sociétés
Il s’ agit de disposer d’ un boîtier électronique qui coûte 75 €.
Puis contre un abonnement de 4,50 € par mois, celui-ci permet d’ enregistrer des souvenirs à écouter par nos proches après notre décès.
Ou bien, pour 19 € 90 par mois, de créer notre « double numérique » afin d’ échanger avec eux « comme si nous étions encore présent ».
Une technologie qui pose de nombreuses questions !
La Bible est formelle en ce qui concerne la pratique d’entrer en contact avec les morts :
- « On ne trouvera chez toi … , personne qui scrute les présages, ou pratique astrologie, incantation, enchantement,
personne qui use de magie, interroge les spectres et les esprits, ou consulte les morts.
Car quiconque fait cela est en abomination pour le Seigneur … » (Dt 18, 10-12)
En outre, comme le souligne l’ Église Catholique :
- Le deuil est un processus nécessaire, jalonné d’émotions parfois contradictoires et chaque individu le vit à sa manière.
Dans un premier temps, il faut :
- Prendre conscience, parfois dans des circonstances tragiques, de la réalité du « plus jamais ».
Puis, à son rythme apprendre :
- À vivre l’ abandon, la perte.
Cependant, aider quelqu’ un à faire son deuil, ce n’ est :
- Ni minimiser, ni vouloir atténuer ses souffrances.
Au contraire c’ est l’ aider à les exprimer pour que petit à petit il puisse les accepter.
- En outre, le travail de deuil comporte une dimension spirituelle.
La personne endeuillée peut confier à Dieu :
- L’ épreuve qu’ elle traverse mais aussi lui exprimer ses questions, ses incompréhensions, sa colère et lui demander la force de l’ Esprit pour continuer la route et retrouver la paix.
En effet, les chrétiens croient qu’ après la mort, comme le Christ, les êtres chers qu’ ils ont aimés peuvent passer :
- De la mort à la vie et que Jésus est le chemin qui mène à Dieu son père.
Pour conclure
Au sujet de la généralisation des systèmes d’intelligence artificielle, le pape Léon XIV lançait, le 17 avril 2026, cet appel dans son discours avec le monde universitaire de l’Université Catholique de Yaoundé (Cameroun)
« Celle-ci exige non seulement des compétences techniques, mais aussi une formation humaniste capable de mettre en lumière les logiques économiques, les préjugés intégrés et les formes de pouvoir qui façonnent la perception du réel.
Le défi que posent ces systèmes est plus profond qu’ il n’ y paraît : il ne concerne pas seulement l’ utilisation de nouvelles technologies, mais le remplacement progressif de la réalité par sa simulation.
Dans les environnements numériques, structurés pour persuader, l’ interaction est optimisée au point de rendre la rencontre réelle superflue. L’altérité des personnes en chair et en os est neutralisée et la relation réduite à une réponse fonctionnelle »
Actuellement, beaucoup d’ Européens pensent que les robots et l ’intelligence artificielle :
- Sont des techniques qui doivent être gérées de façon extrêmement rigoureuse.
Aussi convient-il d’ exiger :
- La mise en place de garde-fous qui limiteraient les effets négatifs de l’ I.A.
Mais aussi :
- Une loi visant à laisser les morts reposer en paix.
Enfin, pour terminer cette réflexion, faisons nôtre l ’ intention de prière que donna au monde Léon XIV en avril 2025.
« Nous prions pour que l’ utilisation des nouvelles technologies ne remplace pas les relations humaines, mais respecte la dignité des personnes et aide à affronter les crises de notre temps.
- Dans un premier temps je considère l’ Humain créé à l’ image et à la ressemblance de Dieu. Il a reçu de Dieu la capacité de maîtriser la terre, au bon sens du terme c’ est à dire de l’ ordonner,et de devenir ainsi co-créateur à la suite du Créateur.
- Puis, je m’ émerveille en pensant à toutes les avancées technologiques que l’ intelligence humaine a permises, dans la médecine, la science, la communication, et tant d’ autres domaines.
En relisant ce passage du psaume 134 15-18) :
- « Les idoles des nations : or et argent, ouvrage de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas. Leurs oreilles n’ entendent pas, et dans leur bouche, pas le moindre souffle. Qu’ ils deviennent comme elles, tous ceux qui les font, ceux qui mettent leur foi en elles »
Je pense aux limites possibles de ces avancées des robots qui remplacent le personnel auprès des malades par exemple, leur bouche ne parle pas, leurs oreilles n’ entendent pas.
Sachant que l’ intelligence artificielle permet le meilleur et le pire :
- Je demande pour moi et pour mes frères en humanité la grâce de sentir l’ importance de la véritable relation, faite d’ attention, de confiance, d’ échange avec nos frères et sœurs .»
Georgette
Sources : Journal La Croix du 26-08-2026 (Débat : Faut-il laisser l’ intelligence artificielle « faire revivre » les morts ? par Antoine d’Abbundo ) – Ouest France édition du soir du 11 mai 2026 ( Qui est Gabi ?) – Atlantico.fr (Comparaison entre un robot et un être humain en athlètisme)
Illustrations : Pixabay Licence – Unsplash – Photo personnelle (Cimetière)




