Aider à vivre ou à mourir ?

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Mercredi 15 Juillet, c’ est avec 291 voix pour, 241 contre et 29 abstentions que l’Assemblée :

  • Adoptait définitivement la proposition de loi légalisant le suicide assisté avec exception d’euthanasie.

Partant de ce fait, Mgr Matthieu Rougé, l’ un des porte-parole des évêques de France sur la question de la fin de vie, pointe :

  • Une rupture dans l’ accompagnement des malades et des plus fragiles.

Par ailleurs, dans son documentaire « Anesthésia » le réalisateur Damien Boyer, après une enquête dans plusieurs pays ayant légalisé l’euthanasie ou le suicide assisté :

  • a exploré les choix, les souffrances et les dilemmes humains derrière la fin de vie.

C’ est ainsi qu’ à travers cette investigation, il a découvert :

  • « Que derrière les demandes de mourir se cachent presque exclusivement la peur d’ une trop grande douleur. Ce que l’ on veut supprimer avant tout c’ est la souffrance physique ou morale. »

Aussi son film est-il une invitation à nous poser cette question :

  • Quelle réponse donner aux personnes qui disent par trop de souffrances : « Je veux partir » ?

Le suicide n’est pas une fatalité

En réalité l’envie du suicide est évitable, d’où l’importance d’une mobilisation collective et d’ actions fortes en matière de santé publique car :

Tout un ensemble d’interventions de soutien peuvent permettre :

  • De réduire le degré de souffrance de la personne et lui permettre d’ entrevoir des alternatives au suicide.
  • On peut sortir d’ une crise suicidaire à tout moment avec de l’aide et un accompagnement adapté.

C’est ce dont nous pouvons témoigner puisque nous avons vécu ces moments douloureux où le malade qui doit affronter une trop grande douleur demande à mourir.

 L’efficacité des soins palliatifs à domicile

Aujourd’hui, je relis un petit mot rédigé par ma belle-mère en 1985.

Atteinte d’un cancer du larynx en phase terminale, elle ne pouvait plus parler, ni respirer et s’ alimenter normalement.

Sa souffrance était telle qu’ elle refusa l’alimentation et l’hydratation par sonde.

En conséquence, le médecin décida une nouvelle hospitalisation et peu à peu, le personnel hospitalier lui redonna le goût de vivre.

Puis l’équipe médicale mit en place des soins à domicile. Infirmiers et aide-soignants passaient chaque jour matin, midi et soir.

Quant à nous, dans la journée, nous avions appris à aspirer les mucosités de la sonde laryngée et à la nourrir par une autre stomacale.

Elle nous avait alors écrit ce petit mot :

« Mon cas n’est pas unique. Si je deviens exigeante, prévenez-moi...

Ce sont des mauvaises habitudes dont je ne me rends pas compte…  Il faut éviter de penser trop à soi en se disant que des gens comme moi sont des privilégiés et que, toujours, il y a plus  malheureux … ».

En définitive, pour pouvoir écrire un mot tel que celui-ci, il fallait qu’elle aille bien au-delà de l’apparent abandon de Dieu et des questions pourquoi moi ?

Une mort entourée par la famille

Deux jours avant son décès, sentant la mort venir, elle nous avait dit en écrivant sur le carnet qui lui servait à communiquer avec nous : «  Je vais bientôt mourir ».

Le lendemain matin, elle prit un stylo et écrivit : « Je meurs tout doucement. », puis elle entra dans le coma.

Toute la famille s’est réunie (enfants, petits-enfants ) et nous l’avons veillée jour et nuit pendant deux jours en nous relayant.

Puis, après avoir reçu le dernier sacrement et entourée de tous elle nous a quittés.

La hausse inquiétante des euthanasies au Pays Bas.  

Comme l’ indique Mélinée Le Priol, envoyée spéciale à Amsterdam et Utrecht (Pays-Bas) dans un article de la Croix du 16-07-2016 :

Cette loi ouvre la voie à des dérives :

  • Comme celle qui ont lieu aux Pays-Bas depuis la légalisation en 2001 de l’ Euthanasie.

En effet, vingt-cinq ans plus tard, la loi n’a guère évolué mais la pratique se généralise :

  • Puisque de 1882 euthanasies et suicides assistés en 2002, le pays est passé à 10 341 en 2025.

Quant aux motifs, ils se sont multipliés.

Auparavant, en 2002, le cancer était la cause de neuf sur dix des euthanasies.

Mais aujourd’hui s’y adjoint de très nombreux cas concernant :

  • Des maladies combinant plusieurs pathologies.

C’ est ainsi que parmi elles s’ ajoutent celles :

  • Neurodégénératives, cardiovasculaires, pulmonaires…

En outre, en cinq ans, celles pour démence sénile ont plus que doublé.

  • En 2025, elles s’ établissent à 500.

Alors que les patients :

  • Tiennent des propos incohérents et ne manifestent pas ou plus de signe de souffrance !

Aussi Jim van Os, professeur de psychiatrie à l’ université d’ Utrecht s’ insurge-t-il contre ces dérives car dit-il :

  • « Nous ne devons en aucun cas nous laisser entraîner dans cette dynamique d’autodestruction.
  • Le pire, c’ est que l’euthanasie est une pensée qui soulage : certains patients se fixent là-dessus, « l’obtenir » devient leur obsession. »

Enfin, il faut noter que les jeunes catholiques néerlandais sont aujourd’hui plus nombreux que leurs aînés à s’opposer à l’ euthanasie.

Finalement, la grande erreur des Pays-Bas a été de ne pas ­développer les soins palliatifs en premier.

Les fortes convictions de l’ Église

 Le catéchisme de l’Église Catholique nous dit que :

  • « Dans la maladie, l’ homme fait l’expérience de son impuissance, de ses limites, de sa finitude. Toute maladie peut nous faire entrevoir la mort » (CEC, 1500).

Toutefois, la Bible nous offre de nombreux exemples d’ attention aux malades :

  • « Ne crains pas de t’occuper des malade (Livre de Ben Sirac le Sage 7, 35)

Et Jésus lui-même a montré une grande compassion pour les malades et les infirmes tout au long de son ministère terrestre.

De surcroît, parmi les œuvres de miséricorde corporelle figure :

  • L’ Assistance aux malades.

Des initiatives concrètes

   

Dans une société où la mort fait peur, la maladie fait horreur et où les malades sont un poids, la visite aux malades, l’aide à ceux qui souffrent sont des devoirs.

 Ainsi donc, bien avant les lois hospitalières, des hommes d’Église comme :

  • saint Jean De Dieu (+ 1550) qui ouvrit un hôpital (ce qui, par la suite, donnera naissance aux Frères Hospitaliers de Saint Jean de Dieu) et créa l’Ordre de la Charité

ou bien encore :

  • saint Vincent de Paul (+ 1660) à qui nous devons la création des hôpitaux :
  • De Bicêtre pour les aliénés, de la Pitié et de la Salpêtrière pour les pauvres ainsi que l’ Hôpital du Saint Nom-de-Jésus à Paris pour les vieillards.

Il en fut de même pour des œuvres privées charitables comme celle :

  • De Jeanne Garnier fondant les Dames du Calvaire en 1842. Elles qui prirent des initiatives concrètes pour soulager la misère de la fin de vie et de la mort.

Jeanne Garnier, pionnière des soins palliatifs

Le terme de « Palliatif » vient du terme latin « palliare » qui signifie « couvrir d’ un manteau, atténuer ».

Effectivement, les Soins Palliatifs permettent d’ atténuer les symptômes, les souffrances et de vivre au mieux avec la maladie à défaut de pouvoir vivre sans.

Pour découvrir la vie de celle qui en France fut une pionnière dans ce domaine ainsi que les différentes chartes de ces établissements et la liste de ceux de la  Fédération Jeanne Garnier, veuillez cliquer sur les liens ci-dessous :

Jeanne Garnier, pionnière des soins palliatifs

Charte de l’Association Dames du Calvaire

Maison Jeanne Garnier – Charte de la prise en charge de la douleur

Charte de la bientraitance

En ce qui concerne les soins pratiqués pour le bien être des malades, tels que :

  • Art Thérapie, Musicothérapie, Aromathérapie … ,

Nous pouvons témoigner de l’ efficacité de celle concernant la musique.

La musique, un avant goût du paradis

Il y a une dizaine d’ années, nous étions venus rendre visite à notre voisine et amie qui était hospitalisée à Argenteuil :

  • Dans l’ unité gériatrique qui accueille des personnes âgées désorientées ou non autonomes et celles ayant besoin d’ une réadaptation après un séjour hospitalier.

Les patients étaient convoqués plusieurs fois par semaine à la cafeteria pour diverses activités.

C’est ainsi qu’ un mercredi après-midi, une jeune musicienne de treize ans nous a fait vivre un instant inoubliable car :

Sa voix magnifique et le son de l’ alto qu’ elle jouait depuis l’ âge de cinq ans produisirent :

  • un effet qui peut être qualifié de miraculeux sur des personnes atteintes de maladies telles que Alzheimer, Parkinson …

L’ agitation et les mouvement saccadés de certains patients et les cris des autres cessèrent.

Par ailleurs, notre amie, sourire aux lèvres retrouva les gestes de son enfance lorsque elle-même jouait du violon.

Ainsi donc, dans ce lieu de détresse, la puissance de cet instrument à cordes invitait chacun :

  • à la sérénité, à la paix, à comprendre qu’ il y a infiniment plus grand que nous.

Pour conclure 

Charte Jeanne Garnier – art. 3

Comme le dénonce Mgr Rougé, la loi a évité de parler « d’ euthanasie » et de « suicide assisté », dissimulant le poids de ces réalités :

  • derrière l’ expression de « L’ aide à mourir ».

Il a même été inscrit dans le texte que la mort provoquée devait être considérée comme une « mort naturelle ! ».

Alors, malgré le vote de la loi, nous devons continuer :

  • à en dénoncer les dérives mais aussi, rappeler les raisons de la position de l’ Église face à cette loi.

Cependant, il n’ est nullement question de mettre en exergue :

  • Le dolorisme, cette doctrine philosophique, spirituelle ou religieuse qui exalte la douleur physique pour elle-même en lui attribuant une valeur morale.

Car la souffrance peut être l’ occasion de rencontrer Dieu qui, seul, peut nous accompagner et la transformer en quelque chose de beau et de fécond.

Paul Claudel a écrit :

  • « Dieu n’ est pas venu supprimer la souffrance, il n’ est pas venu l’ expliquer, mais il est venu la remplir de sa présence. »

Aussi s’agit-il :

  • De demeurer présents auprès de tous ceux qui souffrent.

Nous ne devons pas céder à la tentation :

  • De la banalisation de la confusion entre le soin et la mort.

Mais nous devons :

  • Refuser d’ abandonner et de nous détourner de ceux qui souffrent  et lutter pour que les soins palliatifs soient accessibles partout et pour tous.

Enfin nous devons faire nôtre cet appel de la Conférence des Évêques de France :

« Les catholiques de France continueront, avec beaucoup d’ autres hommes et femmes de bonne volonté, croyants ou non, à servir la vie.

Ils le feront animés par la ferme espérance que leur donne l’ Évangile, esprit ni de résignation ni d’ affrontement, convaincus que la grandeur d’ une société ne réside jamais dans le fait :

  • De donner la mort aux plus fragiles, ou leur permettre de se la donner, mais au contraire de les accompagner, par une fraternité réelle, jusqu’ au bout. » (Communiqué de la Conférence des Évêques de France du 15 Juillet 2026).

Pour terminer nous devons prier afin que dans les semaines qui viennent :

Les différents recours puissent permettre aux  établissements dont l’histoire, le présent ou la charte éthique réprouvent la mort provoquée :

  • Puissent persévérer dans leur mission et dans leur éthique.

La prière pour les malades de Saint Jean de Dieu

 Le Pape Léon XIII décerna à Saint Jean de Dieu le titre de Patron de tous les Hôpitaux et son nom est invoqué dans les Prières des Agonisants :

« Seigneur, daigne exaucer notre Prière pour tous les affligés et ceux qui les soignent !

Pour ceux qui :

  • T’ aiment et T’ offrent leurs souffrances : soutiens leur cœur devant les défaillances de leur nature.
  • Te cherchent : fais briller à leurs yeux la lumière de ta Croix d’ où descendent le Pardon et la Paix.
  • Te méconnaissent : fais entendre la Parole de consolation : « Venez à moi, vous tous qui souffrez, et je vous soulagerai ».
  • Qui sont au service des souffrants et qui veillent sur eux : à tous Seigneur, donne le calme, le courage, la paix et la consolation.

Accorde Ta miséricorde Seigneur, à ceux que Tu rappellera à Toi ! Ainsi soit-il. »

 Georgette

 Sources La Croix du 16-07-2026 -Maison Médicale Jeanne Garnier.

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