L’ œuvre du Vénérable Antoni Gaudi : La Sagrada Familia

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Le 10 juin dernier, 100 ans jour pour jour après la mort d’ Antoni Gaudi qui réalisa les plans de la Sagrada Familia, cette œuvre gigantesque qui est avant tout :

  • Un témoignage de la rencontre entre l’art et la spiritualité.

Mais aussi :

  • Une invitation pour chacun à  « lever les jeux » vers le Ciel, vers le Christ.

Léon XIV inaugurait et bénissait la tour de Jésus-Christ. Une immense croix, maintenant l’a domine et en fait la plus haute église du monde.

Sa verticalité semble relier le monde terrestre au ciel.

Celle de la Vierge Marie l’entoure est, depuis le lundi 29 novembre 2021, également surmontée d’ une gigantesque étoile qui brille de jour comme de nuit afin de rappeler les autres noms donnés à Marie :

  • Reine du Ciel, Porte du Ciel, Étoile du Matin.

La Sagrada Familia

Son architecture originale et sa conception extraordinaire font la réputation de cette basilique de Barcelone.

Grâce à son mélange de styles gothique et Art Nouveau, l’ œuvre d’ Antoni Gaudi est devenue avant même son achèvement :

  • L’ un des monuments les plus visités d’Espagne et le symbole de la Ville de Barcelone (capitale de la Catalogue)

La façade de la Nativité, construite du vivant de Gaudí, et la crypte de la Sagrada Família ont reçues le titre de sites du patrimoine mondial de l’UNESCO en raison de leur valeur universelle exceptionnelle.

Histoire de sa construction

En 1866, un libraire barcelonais très croyant, Josep Maria Bocabella, qui avait une profonde dévotion pour saint Joseph, fonda l’association « Les dévots de Saint-Joseph » et créa des ateliers pour les ouvriers et les apprentis. 

Puis il eut pour idée de construire un édifice religieux dédié à la Sainte Famille.

En 1882, l’ édification de la Sagrada Familia commença avec la conception néogothique de l’ architecte Francisco de Paula Villar.

L’ évêque José María de Urquinaona en posa la première pierre le jour de la saint Joseph (en accord avec la proclamation du concile Vatican I qui fait de saint Joseph le patron de l’ Église universelle).

Mais, peu après la construction des colonnes de la crypte, en raison de divergences avec son proche collaborateur Joan Martorell, il démissionna .

C’ est ainsi qu’ en 1883, Antoni Gaudi prendra le contrôle du projet, lui insufflant sa vision artistique qui s’ éloigne des contraintes gothiques d’origine.

Étant donné qu’ il a une approche beaucoup plus moderniste, sa perception créative est marquée :

Par le désir d’ intégrer, grâce à de nombreux éléments symboliques complexes et un grand souci du détail :

  • La nature, la religion et l’architecture.

Pourquoi tant d’ interruptions dans la construction de cette basilique ?

Malgré les plans méticuleux, la basilique, en raison de sa conception complexe et des interruptions historiques est toujours en construction.

En effet, au cours de la guerre civile espagnole, de nombreux modèles et plans originaux furent détruits.

Cependant, en 1944, grâce à des documents survivants et aux publications antérieures :

  • Les architectes purent reprendre les travaux en respectant le plus fidèlement possible la vision originale de Gaudi. Ils devraient bientôt s’achever.

Un financement entièrement privé

Depuis le début de sa construction, la Sagrada Familia, est financée par des apports, des dons, des legs, et ces dernières années, principalement grâce à l’afflux incessant de visiteurs.

Toutes les sources et fonds obtenus sont privés, sans aucune participation de l’ administration.

Une représentation de la création et de toute l’ histoire Chrétienne  

 

 

Antoni Gaudi conçoit la basilique avec 18 flèches imposantes qui représentent symboliquement, par ordre croissant :

  • Les douze apôtres, les quatre évangélistes, la Vierge Marie et Jésus-Christ.

En outre, les trois grandes façades qui incorporent des sculptures inspirées de la nature (épis de blé, feuilles de palme, d’olivier et de cyprès) racontent chacune :

  • Un aspect différent de l’ histoire chrétienne.
  • Celle de la nativité a pour thème la naissance, la vie, la nature et la joie.
  • Quant à celle de la Passion, elle nous invite à contempler la souffrance, le sacrifice et la mort du Christ.
  • Enfin celle de la résurrection nous parle de vie éternelle, de salut et de résurrection.

Dans la nef centrale, Gaudí s’ inspira de la croissance des arbres pour concevoir :

  • Un système de colonnes ramifiées qui, à partir d’ un tronc central, répartissent efficacement les charges.
  • Et créent la sensation d’ une forêt de pierre,

Ici, les visiteurs se sentent libres de se déplacer, de penser …

Puis, pour finir, les vitraux lumineux et les plafonds voûtés créent une atmosphère propice à la prière.

Une référence constante à la trinité

Dans les décors de la Sagrada Familia, le chiffre trois, rappelant la Sainte Trinité est présent :

  • Sur les trois façades,
  • Par les groupes de trois anges, 
  • Et les trois vertus théologales. 

Gaudi utilisa beaucoup la forme géométrique pour exprimer la théologie.

C’ est ainsi qu’ en référence à la Trinité des motifs triangulaires apparaissent aux fenêtres, sur les voûtes du plafond.

Il en est de même pour le Père éternel. Il est symbolisé par un triangle car cette est forme est :

  • La plus stable de la nature,
  • Et elle représente l’ unité divine du Père, Fils et Saint-Esprit.

Le Vénérable Antoni Gaudi (25 Juin 1850 –  10 juin 1926)

La bénédiction de la tour de Jésus-Christ fut pour moi l’ occasion de découvrir que le pape François avait, le 14-04-2025, accordé à l’ architecte catalan :

  • Le titre de Vénérable.

Celui-ci est une première étape avant la béatification puis la canonisation qui permet d’ être déclaré(e) saint ou sainte de l’ Église catholique.

En effet, animé par le désir d’ union avec le Seigneur, Antoni Gaudi :

  • Mena une vie spirituelle et morale au-dessus de l’ ordinaire, avec même quelques traits de mysticisme.

De plus, il  accordait une importance particulière à la figure de la Vierge Marie :

  • «Mère de Dieu », « Reine des anges », « Porte du Ciel » …

Chrétien assidu aux sacrements, il offrait à Dieu les fruits de son travail qu’ il concevait comme une mission :

  • Celle de faire connaître et de rapprocher les hommes de Dieu.

C’ est ainsi que son désir le plus profond était de faire de l’ art un hymne de louange au Seigneur.

Dès lors, pour lui, l’architecture était devenue :

  • Prière, mission, et « catéchisme de pierre »,
  • Et « créer revenait à prier »

Alors, tout en poursuivant son travail , il se retira de plus en plus en lui-même, dans la prière, dans la lecture de la Bible et dans la vie liturgique.

Il passa les dernières années de vie presque exclusivement dans son atelier situé à l’ intérieur même de la Basilique.

Désormais, en  signe de reconnaissance et d’ hommage, il repose, après sa mort accidentelle, dans l’une des quatre chapelles de la crypte (celle de la Vierge du Carmel).

Les trois autres sont dédiées au Christ, à la Vierge de Montserrat et au Christ en croix (emplacement du tombeau de Josep María Bocabella).

Pour conclure

Après la découverte de celui qui consacra totalement sa vie à la construction de cette basilique, nous pouvons méditer ces passages de l’Homélie prononcée par Léon XIV au cours de la messe à la Sagrada Familia :

« Tout en rendant grâce au Seigneur pour sa charité à notre égard, nous le louons pour ce qu’Il accomplit dans notre vie.

 Nous le remercions tout particulièrement pour cette extraordinaire basilique, que le Pape Benoît XVI a consacrée en 2010, en rappelant qu’elle est un signe visible du Dieu invisible, pour la gloire duquel s’élèvent ses tours (cf. Homélie pour la consécration –  07 novembre 2010).

 Dans la continuité de la prière de mon prédécesseur, je vais dans quelques instants bénir la tour la plus haute, celle de Jésus-Christ.

 Rappelons-nous donc que la Croix du Christ, qui couronne cette basilique, est la Croix des derniers qui deviennent les premiers, des pécheurs qui deviennent saints, des morts qui ressusciteront.

 Les trois façades de la Sagrada Familia en témoignent : le Premier devient le dernier pour nous dans la Nativité ; par son sacrifice, il nous rachète à travers la Passion et sa mort nous donne la vie éternelle en nous rendant participants de la gloire divine.

…  Alors que nous levons les yeux vers Lui, le Crucifié ressuscité, engageons-nous à relever le visage de ceux qui gisent dans la poussière (cf. 1 S 2, 8). Et montrons ainsi que la Sagrada Familia est la plus haute église du monde, non pas pour figurer en tête des classements mondains, mais pour guider les pas du peuple de Dieu en pèlerinage sur cette terre de Catalogne, avec la croix qui éclaire le chemin telle une lampe allumée dans l’attente du retour de l’Époux. »

Pour terminer, même si nous sommes parfois surpris par le style qui peut nous déranger, auquel nous n’adhérons pas forcément, n’oublions jamais :

  • Qu’ entrer dans une chapelle, une église, une basilique ou une cathédrale est un geste où l’ âme doit avant tout se ressourcer en Dieu.

Au cours de cette période estivale, pensons-y lorsque nous les visitons.

Georgette

Sources : Histoire de la Sagrada Familia – Barcelona-tickets.com/fr. – The Holy See

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