« Magnifique humanité » la 1ere encyclique de Léon XIV

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Le 25 Mai Léon XIV publiait sa première encyclique (lettre solennelle adressée à l’ ensemble de l’ Église catholique).

Aussi est-ce une occasion de nous interroger sur le sens d’ une encyclique inaugurale.

Le rôle des encycliques inaugurales

Photo Jean-Lucien G.

Permettant aux papes de donner à voir leurs priorités, elles donnent un aperçu de vue, une analyse sur une question de théologie, de foi ou bien encore sur une question d’actualité.

Généralement, elles définissent des propositions de travail pour l’ Église car elles sont souvent en rapport avec l’ actualité, la marche du monde.

En outre, elles sont souvent des mises en garde.

Alors, redécouvrons celles des papes de la fin du 20eme et du début du 21eme siècle.

Paul VI : « Ecclesiam suam »

En août 1964, quatorze mois après son élection, il publiait Ecclesiam suam « L’ Église du Christ Jésus » .

Cette encyclique, en plein concile Vatican II, donnait à voir les orientations de son pontificat.

C’ est ainsi que le texte s’ organisait en trois parties correspondant aux trois « voies » proposées à l’ Église :

  •  Spirituelle, morale et apostolique.

Ce premier document officiel introduisait avec netteté :

  • Le terme de dialogue comme propre de l’ Église.

Finalement, elle rappelait que pour être vivante, elle doit s’ entretenir :

  • Avec tous les hommes, en particulier avec la culture contemporaine.

Jean Paul II :  « Redemptor hominis »

En Octobre 1978, Jean-Paul II succédait à Jean-Paul Ier dont le pontificat ne dura que trente-trois jours.

Dès mars 1979, il publiait sa première encyclique Redemptor hominis « Le Rédempteur de l’ homme ».

Le texte, centré sur le Christ rédempteur rappelait :

  • Que l’ homme est au cœur de la mission de  l’Église et au fondement de sa réflexion.

Benoît XVI  : « Deus caritas est »

Publiée huit mois après son élection, cette réflexion philosophique et théologique se divisait en deux parties.

La première concernait les différentes forme de l’ amour :

  • Éros, Philia et Agapè,

Elle mettait en avant leur unité dans la création et dans l’ histoire du salut.

Puis, dans la seconde, elle présentait :

  • La Caritas (amour ou charité) comme :

« L’ exercice de l’ amour de la part de l’ Église en tant que « communauté d’ amour » et comme la mise en œuvre du commandement de l’ amour du prochain ».

Benoit XVI y condamnait les « formes réductrices de l’amour » et invitait à les considérer comme :

  • « Une véritable découverte de l’ Autre ».

François : « Lumen fidei »

Dès 2013, seulement trois mois et demi après son élection,  il reprenait dans sa première encyclique plusieurs thèmes du magistère de Benoît XVI (mot désignant la tâche d’enseignement des évêques et du pape selon la mission confiée par le Christ aux apôtres).

C’ est ainsi que, dans l’ Église catholique, on distingue deux types de magistère :

  • Le magistère ordinaire qui porte sur l’ enseignement courant et l’ extraordinaire qui porte sur les définitions dogmatiques.

Aussi était-elle un complément du triptyque initié avec :

  • Deus caritas Est (Dieu est amour) et Spe salvi facti sumus  « Dans l’espérance nous avons tous été sauvés »

Toutefois, avec son style direct, imagé et simple, elle portait la marque propre de François et insistait tout particulièrement :

  • Sur la nécessité de redécouvrir la dimension lumineuse de la foi et revêtait une forte connotation pastorale.

Léon XIV : Magnifica humanitas « Magnifique humanité »

Le 15 mai dernier, à l’ occasion du 135e anniversaire de la promulgation de Rerum novarum de Léon XIII, Léon XIV  signait l’ encyclique inaugurale de son pontificat.

Vous pouvez la découvrir en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html

Parue officiellement le 25 mai, elle se divise en cinq chapitres auxquels s’ ajoutent une introduction et une conclusion.

Elle part d’ un constat :

  • La technologie n’ est pas une « force antagoniste par rapport à la personne» , ni « un mal en soi ».

Cependant :

  • Elle n’ est pas neutre, car elle prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l’ utilisent ».

Les différents chapitres de cette encyclique

Le premier chapitre développe :

  • Ce que doit être une pensée dynamique, fidèle à l’ Évangile
  • Et elle met en lumière l’ évolution de la Doctrine sociale de l’ Église (DSE)  et  « son caractère dynamique ».

Puis le second, intitulé fondements et principes de la Doctrine Sociale de l’ Église, en rappelle les grands axes :

  • L’ être humain, image du Dieu trinitaire,
  • L’ égale dignité de tous les êtres humains,
  • La valeur suprême des droits de l’homme.

Mais aussi ses principes :

  • Celui du bien commun,
  • La destination universelle des biens,
  • Le principe de subsidiarité et de solidarité,
  • Et celui de justice sociales.

Léon XIV souligne que cette doctrine n’ est pas seulement un message adressé à la société car :

  • En réalité elle est un examen de conscience pour l’Église, maison et école de communion, toujours appelée à vérifier que les principes évoqués dans ce chapitre sont vécus en son sein.

Rappel de la grandeur de la personne humaine face aux promesses de l’ I.A.

Le 3eme chapitre rappelle la grandeur de la personne humaine face aux promesses de l’ I.A.

Aussi évoque-t-il  :

  • Quelques éléments essentiels pour un discernement moral et social, préservant la primauté de la personne, afin que :
  • Ce soit toujours l’ intelligence humaine, avec sa conscience et sa liberté, qui guide les innovations techniques et en établisse avec responsabilité l’ usage et les limites.

En outre est mis en avant le véritable « plus de l’ Humain ». Il n’ est autre que la grâce et l’ humanisme Chrétien.   .

Un appel à préserver l’ humain dans la transformation

  • C’ est l’ appel du 4eme chapitre.

Il met en avant l’ importance de la préservation de l’ humain.

En effet, son sort est lié aux transformations qu’ apportent l’I.A.

Dès lors :

  • La technique ne doit pas devenir un critère absolu car la personne risque alors d’être traitée comme une donnée, un engrenage ou une marchandise.

Toutefois, si la technique s’ inscrit dans une perspective de sagesse, elle peut devenir :

  • Une occasion de croissance, de justice et de fraternité.

Ce n’ est qu’ ainsi qu’ elle pourra véritablement devenir un développement humain intégral et non un facteur d’exclusion et de domination ; et ce n’est qu’ainsi que la promesse du progrès pourra être reconnue comme vraie, car il faut qu’ elle soit :

  • Mesurée à l’aune de la dignité inviolable de chaque homme et de chaque femme.

Une mise en garde contre la culture du pouvoir et un appel à la civilisation de l’amour

C’est ce que développe le 5eme chapitre puisque :

  • La guerre visible côtoie désormais des formes hybrides telles que : Cyberattaques, manipulation de l’ information, campagnes d’ influence, automatisation des décisions stratégiques.

Effectivement, l’ I.A. intervient dans ces processus comme un facteur d’accélération, dans un contexte où de nombreuses technologies sont intrinsèquement ambivalentes puisque  :

  • Ce qui est conçu pour défendre peut rapidement être converti en attaque, et la frontière entre protection et agression tend à s’estomper.

En outre est mis en avant la disponibilité des moyens et la capacité de dominer.

Dès lors, elles tendent à dicter l’ordre du jour et les critères de décision, en reléguant :

  • Le bien commun de l’ humanité au second plan et en réduisant le drame concret des peuples en guerre à une variable secondaire face aux intérêts stratégiques.

Finalement, cette culture de la puissance s’ infiltre dans la société, modifie les relations et les comportements, se répand en normalisant la guerre, en recherchant une puissance militaire toujours plus grande, en profitant de la crise du multilatéralisme …

Pour conclure

Léon XIV rappelle que tous, à quelque niveau que ce soit, nous pouvons contribuer au fondement de la paix. Elle doit commencer par la justice, le dialogue dans nos familles, dans notre groupement paroissial, dans nos quartiers …

Il cite saint Augustin qui commenta ce verset du psaume 84 : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’ embrassent » (Ps 84, 11 – Traduction A.E.L.F.)

  • « Il n’ est personne pour ne point désirer la paix, mais tous ne veulent point faire la justice. […] Mais fais la justice, parce que la justice et la paix s’ embrassent et ne sont point en désaccord. À quoi bon être en guerre avec la justice ? »
  •  La justice te dit : Ne vole point, et tu n’ entends pas ; Ne commets point l’adultère, et tu ne veux pas entendre ; Ne fais pas à autrui ce que tu ne  veux point qu’ on te fasse ; ne dis pas à autrui ce que tu ne veux pas que l’ on te dise. […]
  • Veux-tu donc arriver à la paix ? Fais les œuvres de la justice ! ». Ne nous lassons donc pas de chercher la justice »

Enfin, pour terminer, il nous appelle à devenir avec Marie :

  • Des tisseurs d’espérance dans notre monde, en partageant ce que nous sommes et ce que nous avons, afin que la présence de Jésus grandisse au milieu de nous et que son Royaume prenne forme.

Aussi  nous demande-t-il de Lui confier ce désir afin qu’ elle accompagne nos pas dans ce présent en mutation et garde en chacun de nous la confiance en l’ Évangile, afin que :

  • Par nos vies, nous devenions les témoins de la beauté d’ une magnifique humanité habitée par Dieu.

Georgette

Sources : The Holy See – Vatican News et Journal la Croix (Charlotte De Fremont le 20-05-2026) 

Illustrations : Pixabay Licence, pas d’ attribution requise