L’ Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc

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Cette année, c’ est l’ Évangile de Marc qui sera le plus souvent lu au cours de nos assemblées dominicales.

Celui-ci est probablement le premier. Il fut écrit vers les années 65.

Qui était Marc ?

On ne sait que peu de chose sur son histoire.

Il serait le jeune Jean surnommé Marc, fils de Marie, chez qui la première communauté chrétienne de Jérusalem se réunissait pour prier :

« S’ étant repéré, il se rendit à la maison de Marie, la mère de Jean surnommé Marc, où se trouvaient rassemblées un certain nombre de personnes qui priaient » (Actes 12, 12).

Comme Simon-Pierre, il a un nom hébreu : Jean = Dieu fait grâce et un nom grec Marc = Marteau.

Il fut sans doute un compagnon des apôtres Pierre et Paul.

En effet, la tradition la plus ancienne, remontant à Irénée de Lyon (mort en 202), affirme que Marc était un disciple et un interprète de l’apôtre Pierre.

Bien que proche de ces deux colonnes de l’ Église, il est longtemps resté dans l’ombre des trois autres évangélistes : Matthieu, Luc et Jean.

Mais aujourd’ hui les exégètes sont d’accord pour reconnaître son évangile comme étant le plus ancien.

Les traits marquants de son évangile

Il est plus court et plus concis que les trois autres puisqu’ il ne possède que 16 chapitres.

Certes, son texte ne s’ encombre pas de détails et ne possède pas les mêmes qualités spirituelles ou théologiques que les trois autres.

Cependant, en choisissant quelques paroles capitales, il fait ressentir à son auditoire ce qu’ est vraiment la Bonne nouvelle.

C’est d’ ailleurs le programme qu’ il se donne dans la toute première phrase de son évangile et qui en constitue le sommaire :

« Commencement de la Bonne nouvelle de Jésus Christ, Fils de Dieu » (Mc  1,1).

Autrement dit :

« Vous êtes en train d’ ouvrir le livre de la Bonne nouvelle annoncée par Jésus.

Il est non seulement le Messie attendu, le Christ, mais aussi le Fils de Dieu ».

Un Évangile en deux parties à peu près égales.

La première va du début jusqu’au chapitre 8, verset 26.

De fait, elle rassemble les faits et gestes de Jésus qui témoignent de sa Toute-puissance :

Jésus a autorité sur le monde, la maladie, la mort et les esprits du mal.

Et cette toute-puissance est universelle car elle atteint les personnes au-delà des barrières sociales et religieuses et, surtout, au-delà d’Israël.

Puis elle se termine par le récit de la multiplication des pains (Mc 8, 1, 9);

Ici,  Jésus explique le sens des deux multiplications de pains (relire le premier récit Mc 6, 34-43).

Car dit-il :

« Vous ne comprenez pas encore ? » (Mc 8, 21).

Enfin elle se clôt par la guérison d’ un aveugle (Mc 8 22-26).

Mais Jésus doit s’ y reprendre à deux fois pour le guérir puisque, au début sa vision demeure floue : les gens lui apparaissent comme des arbres qui marchent (v. 24).

Cette conclusion symbolise l’ aveuglement des disciples ainsi que nos difficultés à fixer notre regard sur le Christ.

C’ est pourquoi elle nous concerne aussi  car,  bien que connaissant  l’enseignement que nous donne le Christ, nous avons du mal :

  • à poser cet acte de foi qui permet de Le voir dans le visage de l’ autre. 

La seconde partie

 Dans celle-ci, l’ enseignement de Jésus se fait plus  radical puisque :

Il y a des « conditions » pour Le suivre.

Or elles sont exactement celles qu’ Il est en train d’ annoncer pour lui-même : « Donner sa vie ».

En effet dit-il,  il va falloir que :

«  Le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’ il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’ il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite » (Mc 8, 31).

Dès lors Jésus rejoint Jérusalem pour vivre sa passion jusqu’au procès et la croix, jusqu’à ce moment où, agonisant, il s’écrit :

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » (Mc 15 33).

Mais, tout de suite après sa mort :

« Le voile du sanctuaire se déchire en deux « du haut en bas »

et le centurion s’ écrie :

« Vraiment cet homme était le Fils de Dieu » (Mc 15, 38).

Ces deux précisions nous disent d’ une part :

Que désormais le salut ne passe plus par la loi de Moïse mais par Jésus lui-Même.

Et d’ autre part que c’ est un romain, un non-juif qui reconnaît que Jésus est le fils de Dieu car il est mort :

Comme un homme qui prie et s’ abandonne à son Dieu.

Enfin, après la résurrection du Christ, le récit se termine par l’ envoi en mission des disciples et par cette promesse et cette affirmation :

« Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’ accompagnaient » (Mc 16, 30)

Pour conclure

Marc ne possède pas vraiment le sens de la langue et de la formule. Cependant son évangile, malgré sa brièveté, se déploie avec un grand sens du symbolisme.

C’ est pourquoi il faut que nous goûtions tout au long  de cette nouvelle année liturgique le texte de Marc, mais aussi que :

  • Nous nous laissions porter par cette puissante évocation.

En effet, rappelons nous que le lion est associé à saint Marc car son récit s’ ouvre avec un passage prophétique évoquant :

« Une voix qui crie dans le désert : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ».

A l’ époque du Premier Testament, le lion circulait en Palestine, surtout dans le voisinage du Jourdain.

Or, tel son rugissement, la voix de Jean qui baptisait dans le désert s’ éleva. Et,  il :

« … Proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés ».

De surcroit le Christ est également appelé le Lion de la tribu de Juda :

« Mais l’un des Anciens me dit :  « Ne pleure pas. Voilà qu’ il a remporté la victoire, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David … » (Apocalypse 5, 5)

afin de montrer l ‘autorité et le pouvoir du Christ sur toute la création.

Alors, en ce début de l’ Avent, n’ oublions pas :

  • Que nous sommes tous sur le chemin de la conversion.
  • Mais aussi que nous devons rester attentifs à tous les signes que nous adressent le Christ afin d’ en témoigner.

En conséquence, méditons cette courte prière adressée à saint Marc :

« Seigneur Dieu, tu as accordé au bienheureux Marc, ton évangéliste, l’ honneur et la grâce de proclamer la Bonne Nouvelle ;

Fais-nous profiter de son enseignement pour que nous marchions dans la foi :

  • sur les traces du Christ.
  • mais aussi pour que nous soyons vraiment les témoins de son Amour pour toute l’ humanité.

Lui qui vit et règne avec toi dans l’ unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles ». Amen

Georgette

Sources : La Croix Jean-Pierre Rosa (Mars 2014) modifié le 03-04-2014.

Illustrations : Pixabay licence – pas d’attribution requise.

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