Dimanche dernier, nous fêtions la Sainte Trinité. Afin d’officialiser le nom de notre groupement paroissial Notre Dame de la Fraternité, notre évêque, Mgr Stanilas Lalanne, présidait la messe de 18 H à Enghien. A la fin de celle-ci, il remettait les prix aux lauréats du concours « Dessine-moi l’espérance ». Nous vous invitons à découvrir ou relire son homélie et revivre en images cette belle célébration.

L’ homélie

Chers amis,

Vous le savez, ce qui fait le cœur de l’homme, c’est son désir d’aimer et d’être aimé. Rien n’est plus beau que cet amour qui vient bouleverser la vie et rend le monde plus beau. Pour les chrétiens, c’est  la signature discrète mais fidèle, de ce qu’il y a de meilleur en l’homme. Où, dit autrement, ce qui fait le cœur de Dieu, c’est son désir d’aimer et d’être aimé.

La fête de la Trinité, c’est l’expression, enracinée dans l’expérience biblique, que la révélation de Dieu est indissociable du don de son amour. Nous voici donc au cœur de ce qu’il y a de plus essentiel en Dieu, et donc en l’homme. Mais, pour beaucoup, ce mystère de la Trinité demeure obscur et n’a rien à voir avec notre vie. Or, comme Chrétiens, nous croyons que Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance.

En regardant le visage de Dieu tel que le Christ nous le montre (« qui m’a vu a vu le Père » nous dit-il), nous découvrons la vérité la plus profonde de notre être. Et, inversement, c’est à partir de nous-mêmes que nous pouvons entrevoir quelque chose de ce Dieu en qui nous mettons notre foi. Ainsi, en regardant  la réalité de nos relations qui nous constituent, qui nous font exister, nous pouvons mieux entrer dans le mystère de la Trinité.

Tout d’abord nous sommes « pères »

Quels que soient notre âge, notre situation, nos fonctions, nos responsabilités, nous exerçons une paternité chaque fois que nous sommes à l’origine de quelque chose, à chaque fois que nous sommes « sources ».

Nous la mettons également en pratique lorsque nous sommes « créateur ». J’en ai eu une belle illustration en contemplant les œuvres des artistes de votre paroisse, petits et grands, pour cette magnifique exposition « dessine-moi l’espérance ».

Plus nous donnons de nous-mêmes, jusqu’à susciter des êtres capables d’être sources à leur tour et partager notre liberté, plus nous devenons « pères ». C’est la beauté de l’éducation. Certains ont malheureusement, l’expérience d’une paternité étouffante ou abusive. Or celle-ci n’a rien à voir avec le paternaliste ! En Dieu, elle n’est pas ainsi !

Nous sommes aussi « fils »

 Etre fils, c’est recevoir, être dépendant. C’est exister par un autre. Nous sommes donc tous fils, que nous le voulions ou non, et cela tout au long de notre vie : « Qu’as-tu que tu n’aies pas reçu » demandait Saint Paul. C’est même après être sorti de l’enfance que, de plus en plus, nous découvrons notre filiation. Nous percevons alors que notre créativité, notre liberté même, est reçue, que notre être tout entier nous est donné par autrui. Faites appel à votre expérience personnelle. Par exemple :

–  c’est une rencontre qui m’a forcé à sortir de moi.

– ce sont également des mots prononcés par un autre, juste au moment où j’en avais besoin ou bien ce geste qui m’a soudainement livré un aspect de moi-même que je ne connaissais pas.

– c’est aussi cette indignation ressentie par un autre et qui m’a révélée la mienne ou bien encore ce sourire, ce simple regard, cet amical silence, qui, de façon inattendue, m’ont rendu le courage de parcourir ma route ou de me relever.

Cette filiation, qui est la vérité la plus profonde de l’homme, Jésus-Christ l’a vécue pleinement. En Dieu, il est le Fils. C’est ainsi qu’il se nomme. Tout son être, il le tient du Père. Nous, de même, nous tenons tout du Christ : « sans moi, vous ne pouvez rien faire » dit encore Jésus. Et Paul est très clair dans sa lettre aux Romains : « Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ».

L’ obéissance est liée à la dimension filiale de l’existence

Obéir, ce n’est pas vénérer servilement l’autorité en défendant l’ordre établi. Obéir, c’est se reconnaître envoyé, chargé de mission. C’est recevoir sa vie comme une réponse. Obéir et ouïr ont la même origine. Il y a une caricature de l’obéissance, l’ infantilisme. Et contre cette attitude, il est normal de se rebeller. Mais il y a une obéissance qui est reconnaissance, acceptation détendue de soi-même et qui purifie le cœur de toute domination ou volonté de puissance.

Nous sommes « esprits »

Nous n’avons pas seulement des rapports de don ou d’accueil, nous avons aussi des relations d’échange, de communication, d’amour et de fraternité. Chaque fois que nous sommes saisis par la charité, nous sommes « Esprits ». Nous nous laissons « conduire par l’Esprit de Dieu » comme le dit Paul. L’expression de cette relation – vécue en équipe, au sein d’un mouvement, d’une association, dans l’amitié, dans l’amour conjugal ou dans une communauté paroissiale – nous permet de pressentir qui et l’Esprit Saint «  qui procède du Père et du Fils ».

Dans une relation d’amitié et d’amour, dans la vie de votre communauté, il y a bien deux mouvements

  • le premier est celui du recueillement, de l’ intimité. puisque l’Esprit Saint est symbolisé par le feu. Or le feu, le foyer, c’est précisément ce qui rassemble, qui resserre les êtres tout près les uns des autres.
  •  le second est l’amour, l’ ouverture aux autres. L’ Esprit Saint c’est aussi le vent qui souffle, qui ouvre porte et fenêtres, qui disperse et emporte ailleurs, en mission…

Les deux mouvements de la Pentecôte

  • Une « flamme », en nous, nous appelle à aimer davantage ceux qui nous entourent et même jusqu’à Dieu.
  • De même, ” Un vent “  nous pousse à aller plus loin, à voir plus grand, à nous dépasser dans une fraternité universelle qui détruit les frontières…

Une expérience qui nous laisse deviner la joie et la paix de Dieu

Chers amis, chaque jour, nous faisons une expérience de paternité, de filiation et de communion. Or c’est elle qui nous laisse deviner un peu la joie de Dieu.

  • Cette joie de la communion divine est offerte et promise à ceux et celles qui la désirent.
  • Puisque tous et chacun ne cesseront pas d’être pères, fils et esprits, à l’image de Dieu qui sera au milieu de nous, elle est source de paix. Qui pourrait donc nous dire que la Trinité est une énigme incompréhensible ?

La Trinité, source et fondement de la paix est bien le plus fascinant des mystères chrétiens. En effet, c’est aux profondeurs de l’homme que Dieu vient nous révéler les secrets de cette unité faite de communion, de joie, de vérité et de liberté.

Marie nous montre le chemin de la fraternité

Marie nous montre le chemin de cette fraternité, elle qui a vécue sous la mouvance de l’Esprit Saint, elle qui a tissé ces liens de communion avec les disciples. Vous avez eu bien raison de confier votre groupement paroissial à Notre-Dame de la Fraternité ! Elle nous dévoile avec bonheur, le mystère de la Trinité. Elle nous révèle le joie d’une vie fraternelle. Amen

Georgette

     

     

     

    

      

     

     

     

Photos Jean-Lucien G. et Jean-Pierre P.

 

 

 

 

 

 

 

 

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