Le 22 février, c’est le cœur apaisé, rempli de la joie de St François que les 50 pèlerins de notre groupement paroissial revenaient d’Assise. À travers sa spiritualité, nous y étions partis à la rencontre de Dieu. Malheureusement, cette allégresse a été, dans l’avion du retour, quelque peu atténuée par la découverte d’une actualité particulièrement douloureuse. Le communiqué du 22 février des Evêques de France, suite aux annonces faites par l’Arche internationale à propos de Jean Vanier et du père Thomas Philippe, plonge une nouvelle fois l’Eglise dans la tourmente1.

 

statue représentant saint François d'Assise

 

D’autre part, devant l’accélération de la contamination par le coronavirus COVID-19, l’Organisation Mondiale de la Santé évoque désormais un risque de pandémie et cette situation a un retentissement sur les marchés financiers. Autres événements inquiétants, peu relayés par les médias, les nombreux assassinats et enlèvements de chrétiens qui se poursuivent au Burkina Faso  et, suite à des variations climatiques extrêmes, une invasion massive de criquets pèlerins sévissant depuis plus de deux mois à l’est du continent africain. Ces nuées d’insectes ont déjà fait des ravages dans plus de neuf pays ; ils menaçent la précaire sécurité alimentaire de plusieurs millions de personnes vivant dans cette région. Ces tristes événements ne sont pas sans nous rappeler un passage de l’Evangile de St Luc : « Il y aura […], en divers lieux, des famines et des épidémies […] Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera […] à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage ». (Lc 21, 11-13). Certains sont tentés d’associer ces événements au récit de l’apocalypse. À leurs yeux, ils évoquent les catastrophes massives annonçant la fin du monde. Or ce mot, du grec apokálupsis signifie « dévoilement » ou sous un aspect religieux, « révélation » qui invite à une prise de conscience universelle2.

Au cours de l’année pastorale 2014, nos paroisses St Joseph et St Gratien avaient « cheminé » avec St François qui, suite à une longue progression intérieure, avait découvert ce qu’est la joie parfaite. Nous avions constaté qu’à son époque, il y avait déjà de grands défis à relever portant sur les questions suivantes :

  • La naissance de l’économie de marché et du règne de l’argent.
  • La remise en question du système féodal, le développement de l’urbanisation et de l’individualiseme.
  • Une grande disparité entre richesses et pauvreté endémique.
  • La crise que déjà traversait l’église.
  • Apprendre à un regard nouveau sur la création de Dieu et le respect de la nature.
  • Les relations avec les non-chrétiens.

Afin de mieux vivre ensemble dans nos paroisses et dans nos divers lieux de vie (familiale et professionnel), nous avions été invités à réfléchir et à suivre son exemple en participant à divers ateliers.

Le 27 octobre 2011, le pape Benoît XVI, dans un discours à Sainte Marie des Anges, faisait allusion à tous ceux qui cherchent la vérité. Il invitait croyants et chercheurs de Dieu : « à se retrouver et à s’engager résolument pour la dignité de l’homme et à servir ensemble la cause de la paix… ». En conclusion il assurait que : « L’Église catholique ne renoncera pas à la lutte contre la violence, à son engagement pour la paix dans le monde » car disait-il, nous sommes animés par le désir commun d’être « des pèlerins de la vérité, des pèlerins de la paix ».

Comme nous l’a annoncé sœur Marie-Ange, clarisse française rencontrée au monastère Sainte-Colette, le pape François a convoqué à Assise (du 26 au 28 mars prochain) des jeunes économistes, entrepreneurs et porteurs de changement, dans le but de contribuer à l’esquisse d’une économie plus juste et plus inclusive que l’actuelle. Ils sont déjà nombreux a avoir répondu à cet appel. Le Magistère de l’Église le répéte constamment, la politique est une forme éminente de charité (cf. Pie XI, Discours aux Membres de la Fédération Universitaire Catholique Italienne, 18 décembre 1927). Ainsi en sera-t-il de la gestion de l’économie, basée sur ce même esprit évangélique qui est l’esprit des Béatitudes.

Notre séjour à Assise nous a fait prendre conscience à quel point l’Esprit Saint avait éclairé « le Povellero ». Le désir d’une fraternité universelle doit s’ancrer dans l’écoute de la Bible et dans notre désir de la vivre, en premier lieu, dans nos communautés. Alors, nous aussi, prions-Le inlassablement pour que, comme St François nous soyons à l’écoute de tous et pour que nous ayons à cœur de « miser sur un autre style de vie » (LS n° 203). Le pape François ne cesse de nous le rappeler : « Tout n’est pas perdu, parce que des êtres humains, capables de se dégrader à l’extrême, peuvent aussi se surmonter, opter de nouveau pour le bien » (LS n°205). Que notre prière monte également vers le Père afin que, à l’exemple des Clarisses, nous vivions dans nos communautés simplement, joyeusement et que nous y apprenions à développer la charité et à regarder l’humanité, défigurée ou resplendissante, en apprenant à y discerner la bonté du Créateur et son infinie miséricorde.

 

Georgette

 

Sources :

  1. Église catholique en France, édité par la Conférence des évêques de France, article du 22 février 2020.
  2. Malo Tresca (avec WCC), dans La Croix du 21-02-2020.

 

Photo : Jean-Lucien G.

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