Le ministère des Katekita

Publié le

 

“… Il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus’  ( Gal 3, 28)

En ce temps de l’Avent, alors que notre Eglise est toujours « sous le feu des projecteurs », efforçons nous de ne pas sombrer dans le pessismiste et apprenons à être attentifs et réceptifs aux initiatives qui nous indiquent que l’Esprit Saint est toujours à l’œuvre en Son sein.

 

Le dimanche 24 novembre, la chaîne France O, dans son émission « Dieu m’est témoin », a diffusé  un reportage sur le ministère particulier des Katekita en Polynésie Francaise. Depuis près de cinquante ans, il s’inscrit dans la réalité de ce territoire qui, grand comme l’Europe, compte plus d’une centaine d’îles, 276 000 habitants dont 38% de catholiques. Seulement 16 prêtres et 46 diacres résidants y sont en activité. Face à la difficulté de faire vivre les communautés (parfois très isolées), le diocèse de Papeete forme, depuis 1970, des laïcs pour les seconder.

 

Quel est le rôle des Katekita ? Ni prêtres, ni diacres, ces hommes et ces femmes, au terme d’un long parcours de formation appelé « Ecole de la foi » reçoivent de l’évêque les ministères extraordinaires de l’eucharistie, du lectorat. Lorsque le prêtre est absent, ce sont eux qui écrivent et prononcent les homélies. Ils ont aussi la charge  de former les catéchistes.

 

Reconnaissables à leur aube blanche, leur cordon rouge et leur croix, ils sont actuellement 100 pour les Iles du Vent, 10 pour les Iles Sous-le-Vent, 48 pour les Tuamotu-Gambier et 4 pour les Australes. En lien avec le prêtre nommé à la tête de la communauté paroissiale mais qui, malheureusement, ne peut y être présent que quelques jours dans l’année, ils s’occupent également de la gestion et des travaux de sa paroisse et, en cas de conflits internes, y jouent un rôle de « pacificateur ».

 

La mise en place de cet apostolat particulier fêtera son 50ème anniversaire en 2020. A cette occasion sont prévus les « Etats généraux des Katekita » afin de toujours mieux servir l’Eglise d’aujourd’hui.

 

Sans copier le modèle polynésien, il y a certainement des pistes à creuser pour apporter une solution au manque de prêtres, à leur surcharge de travail.

 

Cette belle expérience nous invite  à prendre conscience que, pour accompagner le peuple de Dieu, l’Eglise doit : innover,  repenser à d’autres formes d’engagement des laïcs et des femmes. Quant à nous, nous devons avoir à cœur de nous former, de ne pas demeurer de simples consommateurs de sacrements si souvent dans le jugement.

 

St Jacques affirmait : « Considérez comme une joie extrême, mes frères, de buter sur toute sorte d’épreuves » (Jc 1, 2) et il poursuivait : « Mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion » ( Jc 1, 22).

 

Dans l’attente de Noël, avec insistance, invoquons l’Esprit Saint pour que nous apprenions à nous adapter à toutes les nouvelles formes d’évangélisation et pour que, dans nos communautés, beaucoup s’engagent,  suivant ses propres dons, à être un « missionnaire » dans la cité afin que l’Eglise redevienne celle présentée dans les Ecritures et que jamais ne s’éteigne la lumière allumée par le Christ.

 

Nous vous invitons à découvrir le touchant témoignage de Marcel en regardant la vidéo ci-dessous.

 

 

Georgette

 

Sources : La lettre de justice et paix N° 243 (Février 2019) – MCR (Novembre 2019)

Photo : Basilique St Paul Hors Les Murs – Wikimédia Commons – Domaine public.

 

 

Plus de lecture...