La 1ère lecture, lue en ce 31ème dimanche du temps ordinaire, est extraite du livre de la sagesse. Rédigée comme une prière de gratitude adressée au Dieu créateur : «  Tu aimes en effet tout ce qui existe, … », elle fait écho au magnifique poème de la création du du livre de la genèse (Gn 1) : « Dieu vit que cela était bon » et nous dit quelque chose de Son amour pour toute Sa création *

 

Dans son encyclique Laudato Si, le pape François nous rappelle que la différence que Dieu a voulue entre les hommes et les animaux ne doit pas nous faire mépriser le reste de la création : « « Quand nous insistons pour dire que l’être humain est image de Dieu, cela ne doit pas nous porter à oublier que chaque créature a une fonction et qu’aucune n’estsuperflue … » (Laudato Si n°84). Il affirme avec force leur valeur en tant que créatures de Dieu : [«  Il ne suffit pas de penser aux différentes espèces seulement comme à d’éventuelles « ressources » exploitables, en oubliant qu’elles ont une valeur en elles-mêmes »](n°33)], et poursuit : [« En même temps que nous pouvons faire un usage responsable des choses, nous sommes appelés à reconnaître que les autres êtres vivants ont une valeur propre devant Dieu, « par leur simple existence ils le bénissent et lui rendent gloire » puisque « le Seigneur se réjouit en ses œuvres » (Ps 104, 31)] (n°69). Les animaux y sont cités 24 fois, soit de manière générale (les animaux … , les autres êtres vivants …, la vie sous toutes ses formes), soit de manière spécifique (les oiseaux, les insectes).**

 

Il nous met également en garde :  « Le sentiment d’union intime avec les autres êtres de la nature ne peut pas être réel si en même temps il n’y a pas dans le cœur de la tendresse, de la compassion et  de la préoccupation pour les autres êtres humains » (n° 84) et précise : « La fin ultime des autres créatures, ce n’est pas nous. Mais elles avancent toutes, avec nous et par nous, jusqu’au terme commun qui est Dieu …» (n° 83). Dans son introduction, il dit du Poverello : «  Tout comme cela arrive quand nous tombons amoureux d’une personne, chaque fois que Saint François d’Assise regardait le soleil, la lune ou les animaux même les plus petits, sa réaction était de chanter, en incorporant dans sa louange les autres créatures » (n°11). **

 

St François d’Assise est connu pour être l’homme qui parlait aux animaux et les invitait à la louange : « Mes frères les oiseaux, vous avez bien sujet de louer votre créateur et de l’aimer toujours ; Il vous a donné des plumes pour vous vêtir, des ailes pour voler et tout ce dont vous avez besoin pour vivre … »**

 

Mais est-il le seul à avoir été inspiré par le règne animal ? Des auteurs ont utilisé la profondeur des rapports entre les hommes et les animaux. En donnant la parole aux bêtes pour parler aux hommes et peindre les caractères, ils s’en sont servi pour avoir un sens critique sur notre humanité. A travers eux, ils ont donné des leçons, sollicitant le lecteur à en tirer une morale. C’est le cas d’Esope (+ 565 av. J.C.) écrivain grec d’origine phrygienne. La « paternité » de la fable (texte court visant à donner de façon plaisante une leçon de vie) lui a été attribué. Ses écrits ont largement inspiré Jean de La Fontaine qui en avait  fait l’éloge : « Je chante les héros dont Esope est le père ». Dans la préface d’un livre destiné au Dauphin, il avait expliqué son choix de mettre des animaux sur le devant de la scène et de les faire parler : « Les propriétés des animaux et leurs divers caractères y sont exprimés ; par conséquent les nôtres aussi, puisque nous sommes l’abrégé de ce qu’il y a de bon et de mauvais dans les créatures irraisonnables». Il était resté attaché aux souvenirs de son enfance campagnarde. Elle lui avait permis d’observer la nature et le règne animal. Il s’en servit pour critiquer et railler la frivolité et l’hypocrisie des courtisans. ***

 

Plus récemment, Carmen Bernos de Gasztold (1919 – + 1995) , alors qu’elle fréquentait assidûment l’abbaye des Bénédictines de St Louis du temple à Vauhallan (Essonne), a commencé à écrire des poèmes et des livres pour enfants après la 2de guerre mondiale. Aimant le silence et la prière, elle s’y retira définitivement. Son œuvre compte, entre autre, des prières sous forme de poèmes pleins de « vérités » sur ce que nous sommes. Les animaux s’y adressent à Dieu pour lui faire des reproches, des demandes ou le louer… Traduit dans une quinzaine de langues, son recueil « Prières des Animaux dans l’Arche » n’est pas sans nous rappeler les enseignements de Jésus sur la manière dont nous devons prier (Mt 6, 5-8) – (Mt 7, 7-11) – (Luc 18, 9-14) – (Jn 5, 14) – (Ph 4, 6) – (Eph 5, 20) … Ces petits textes, poétiques et profonds nous parlent de choses sérieuses, ils nous invitent à méditer, à réfléchir sur notre rapport à Dieu. Dans les semaines à venir, afin de nous permettre de prendre conscience, avec humour, de ce qui, peut-être, a besoin d’être changé en nous pour mieux Lui rendre grâce, nous vous en ferons encore découvrir quelques-uns.

 

 

 

Georgette

Sources : * Marie-Noëlle Thabut – ** Père Robert Culat – *** Ensemble pour les animaux – Image : Widimédia,  Livre d’Heures à l’usage de Rome (BNF)   :  La création du monde et des oiseaux d’Etienne Colaud  – Domaine public

 

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