Dès le lendemain de l’annonce du décès du Président Jacques Chirac, la conférence des évêques de France réagissait en présentant à sa famille « ses respecteureuses condoléances ».  Mgr Eric de Moulins Beaufort, président de la C.E.F, a souligné à quel point :  «  Le président Jacques Chirac a marqué les Français par son énergie, son goût du contact humain, sa capacité à affronter l’adversité. » et il a poursuivi : « … Au-delà de son bilan politique, dans la longue durée de sa carrière, il a incarné de manière singulière, une certaine attitude française devant les défis créés par la crise économique, les transformationsdu monde avant et après 1989 en Europe et sur les autres continents, les choix de société rendus possibles et nécessaires par les évolutions techniques ».

 

Hier, pour l’hommage « populaire » voulu par sa famille, plusieurs milliers de personnes sont venues se recueillir devant son cercueil aux Invalides. Tous soulignaient son humanité, sa qualité d’écoute et sa simplicité. De cette attention à l’autre, je peux en témoigner. Alors qu’il menait sa campagne électorale pour un 3eme mandat de maire de la ville de Paris, mon neveu, après une cure de désintoxication, cherchait à se sortir de l’enfer de la drogue. Il l’avait rencontré dans un café et s’était entretenu avec lui, lui faisant part de son désir de se réinsérer dans la société. Jacques Chirac l’avait écouté avec beaucoup d’attention et avait pris ses coordonnés. Quelques jours après cette rencontre, mon neveu avait reçu un appel de la ville de Paris. Il était embauché comme électricien dans un gymnase de Paris et sa compagne employée dans la cantine d’une crèche parisienne.

 

Ce matin, une messe familiale à l’église St Louis des Invalides, a réuni autour de Bernadette Chirac et sa famille, environ 200 personnes. Elle était célébrée par Mgr Jean-Yves Riocreux (ancien évêque de Pontoise), ami de la famille Chirac. Il était entouré de Mgr Francis Bestion, évêque de Tulle et Mgr Antoine de Romanet, évêque aux Armées. A la fin de celle-ci, Martin Chirac Rey, a pris la parole pour honorer la mémoire de son grand-père.

L’entrée du cercueil, au son du requiem de Fauré, a marqué le début de la messe solennelle à St-Sulpice devant de nombreux chefs d’états et « têtes couronnées ». En allumant le cierge pascal, Mgr Aupetit, archevêque de Paris rappelle que Jacques Chirac, comme tous les baptisés, a « reçu et gardé une flamme, signe de la vie éternelle ». La 1ere lecture était extraite de la lettre de St Paul à Timothée (Ti 2, 1-8). Dans cette lettre Paul encourage les disciples de Jésus à prier pour «  les chefs d’Etat et tous ceux qui exercent l’autorité ». Après le psaume, c’est un diacre qui a lu l’évangile de Matthieu :« J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ». Cet extrait est une injonction à la charité « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».(Mt 25). Dans son homélie, Mgr Aupetit rappelle que Jacques Chirac avait axé sa campagne de 1995 sur le thème de la fracture sociale, portant ainsi son regard sur ceux qui restent au bord de la route. Un des rôles de l’Eglise, a-t-il dit est de construire la fraternité qui est l’un des trois piliers de notre République. Il a précisé que l’ancien président avait illustré, à plusieurs reprises, la célèbre citation d’Emile de Girardin «  Gouverner c’est prévoir ». En 2001, au forum mondial des biotechnologies, lorsqu’il avait souligné la nécessité d’une conscience éthique : «  Face à l’importance des enjeux et à la rapidité des progrès, il est essentiel que les avancées de la science s’accompagnent partout d’une conscience démocratique et d’une réflexion politique et morale aussi large que possible ». En septembre 2002, lors du Sommet de la Terre, avant la prise de conscience écologique forte d’aujourd’hui, il avait dit : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Puis, Mgr Aupetit évoque St Jean de la Croix qui avait révélé : « Au Ciel nous serons jugés sur l’amour »  et il a ajouté : « Si nous présentons notre ancien président à Dieu avec tant de confiance, c’est parce que nous savons que seul l’Amour peut juger l’amour. Le Christ, Jésus de Nazareth, nous a révélé l’immensité de cet amour de Dieu qui dépasse nos connaissances expérimentales et nos capacités intellectuelles de connaître l’au-delà du réel qui nous entoure ».

Le Père Nicolas Risso, vicaire général de Tulle et historien qui connaissait bien la famille Chirac a souligné la quête de transcendance de Jacques Chirac. Par une recherche sur toutes les formes de spiritualités, il a montré combien il aimait l’humanité.

Georgette et toute l’équipe du site internet.

Homélie de Mgr Aupetit https://www.paris.catholique.fr/homelie-de-mgr-michel-aupetit-51463.html

 

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