En ce dimanche de la Sainte Trinité, la 1ère lecture est extraite d’un livre de l’Ancien Testament : le livre des proverbes  qui est une collection de plusieurs recueils de proverbes ou d’enseignements sur la sagesse. Les écrits qui le composent proviennent de diverses époques et peuvent être regroupés en trois grandes parties. Ils nous parlent de la relation établit entre Dieu et Israël son peuple. Le nom de l’Eternel lui est toujours attribué (à part six passages). Cette dénomination est importante, car sous ce nom, Dieu s’adresse à ses « Fils »,ceux que Sa Sagesse a fait naître à la vraie vie. Ce titre va plus loin qu’une filiation ordinaire, il signifie que l’Homme a reçu de Dieu le souffle de Vie et est un être unique, spécial par les créatures. Sa relation avec le Créateur est faite de respect, d’affection et d’amour. Dans le chapitre 8, est développée l’idée que la Sagesse est une personne et que son enseignement est Sagesse elle-même. Elle y est plusieurs fois personnifiée et dans un très beau poème, Elle se présente elle-même comme la collaboratrice de Dieu.

 

Mais quelle est cette sagesse dont il est question ? C’est une manière de vivre, une façon de concevoir l’existence individuelle, familiale et sociale. Son principe est la modération : savoir se comporter de manière intelligente et respectueuse envers les êtres humains et toute la création.

 

Dans les versets lus ce jour se dessine la personne du Christ : « C’est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes dans le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption » (1Co 1,30). La Sagesse est ainsi personnifiée. C’est elle qui visite le monde et les hommes qui s’y trouvent. Elle les appelle pour qu’ils viennent à Elle et apprennent d’Elle. Le verset 22 : « Le Seigneur m’a faite pour lui, principe de son action, première de ses œuvres, depuis toujours »nous dit que la pensée complète de Dieu en Christ existait avant même le commencement. Les versets 24 et 25 soulignent que la Sagesse était déjà prête à l’action, avant même la manifestation de la puissance créatrice : « Quand les abîmes n’existaient pas encore, je fus enfantée…Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée ». Les versets 27 à 31 quant à eux nous révèlent que la création a été le fruit de la Sagesse et qu’Elle a toujours été présente:« Quand il établissait les cieux, j’étais là, quand il traçait l’horizon à la surface de l’abîme, qu’il amassait les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l’abîme, quand il imposait à la mer ses limites…, quand il établissait les fondements de la terre. Et moi, je grandissais à ses côtés. Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment, jouant dans l’univers, sur sa terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes ». La Sagesse était donc une personne divine avec Dieu, elle était de même nature tout en étant distincte de Lui. Le terme à côté de lui souligne la proximité qu’il y a entre les deux.

 

C’est de l’accord entre Dieu, le Christ et la Sagesse qu’est sortie la création de l’Homme qu’Ils avaient en vue « ses délices étaient avec les fils des hommes ». Le but de cette création a été pleinement atteint avec le Christ devenu homme pour accomplir le dessein de la Sagesse et accomplir la Rédemption. Cette œuvre entre Dieu, le Fils, la Sagesse (l’Esprit) est pleinement développée dans le Nouveau Testament qui nous présente Jésus comme Verbe de Dieu, parole de Dieu et nous montre que toute la vie humaine est assumée pour être rendu rendue semblable à Lui, pour être divinisée.

 

Il est donc logique que ce texte soit proposé pour la fête de la Ste Trinité, même si les mots Trinité ou Père, Fils et Esprit n’y sont pas prononcés car l’idée d’un Dieu en trois personnes était inconcevable à cette époque. Ce n’est que plus tard, après la résurrection du Christ que les croyants commenceront à entrevoir ce mystère. En relisant les écritures, ils y ont lues, en filigrane la personne du Christ. Plus tard, St Jean écrira : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu ». Or l’expression Logos en grec dit une communion profonde, un dialogue d’amour ininterrompu. Saint Paul sera formel : c’est dans l’amour que l’Homme accédera à la connaissance du mystère de Dieu en qui se trouvent cachés les trésors de la sagesse et de la connaissance : « Je combats pour que leurs cœurs soient remplis de courage et pour que, rassemblés dans l’amour, ils accèdent à la plénitude de l’intelligence dans toute sa richesse, et à la vraie connaissance du mystère de Dieu. Ce mystère, c’est le Christ, en qui se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance ». Irénée et Théophile d’Antioche ont identifié la Sagesse à l’Esprit, tandis qu’Origène l’assimilait au Fils. C’est cette 2ème interprétation qui a été retenue par la théologie.

 

Georgette

Sources :SBEV et Marie-Noëlle Thabut

 

 

 

 

 

 

 

 

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