La fresque de la Pentecôte de l’Eglise du Saint Esprit à Paris et un texte de Chiara Lubich vont, en ce dimanche de la Pentecôte, nous aider à approfondir le rôle de l’Esprit Saint dans nos vies.

 

La Pentecôte célèbre la venue de l’Esprit Saint promis aux apôtres par le Christ. Dans l’Ancien Testament, la Genèse nous parle de l’Esprit : « Le souffle de Dieu planait sur les eaux » (Gn 1, 2) et Isaïe du souffle divin : « … son souffle, un torrent qui déborde et monte jusqu’à la gorge ; il va secouer les nations d’une secousse fatale » (Is 30, 28) – « … Où est Celui qui mit en lui son esprit saint ? »(Is 63, 11). Les psaumes y font également allusion : «  …renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Ne me chasse pas loin de face, ne me reprends pas ton Esprit Saint » (Ps 50, 12-13) et le terme « Saint Esprit » est employé dans le Livre de la Sagesse : « L’Esprit saint, éducateur des hommes … » (Sg 1, 5) – « Et qui aurait connu ta volonté, si tu n’avais pas donné la Sagesse et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ? » (Sg 9, 17). Le jour de la Pentecôte, sa venue se manifeste par un violent coup de vent et des langues qu’on aurait dites de feu : « Soudain, un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux » (Ac 2, 2-3) ». Il faut noter que, dans l’évangile de Jean, le récit de la venue de l’Esprit Saint a lieu le jour de la résurrection : [« Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint…Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit « Recevez l’Esprit Saint »] (Jn 20, 19-22). Jean relie ce don à la paix, au pardon des péchés et à l’envoi en mission des disciples. Les Actes des Apôtres insistent, quant à eux, sur l’annonce des merveilles de Dieu dans toutes les régions et dans toutes les langues. Tous deux parlent d’une expérience de la présence du Ressuscité qui pousse à témoigner. Si dans les Actes des Apôtres, le récit se situe 50 jours après la fête de la Pâques, c’est parce que la foule des pèlerins juifs, venant d’un peu partout, est rassemblée à Jérusalem pour fêter la fête de Chavouot (la Pentecôte Juive) qui rappelait que Dieu a donné les dix commandements à Moïse. Elle avait lieu 50 jours après la Pâque (Pessah). La puissance de l’Esprit, telle qu’elle est décrite, permet de comprendre qu’Il va donner la force aux apôtres de sortir du Cénacle où ils étaient enfermés, par peur de la persécution, et qu’elle sera à l’origine de l’Eglise Catholique (qui veut dire universelle. Elle tient du Christ tout ce qui est nécessaire au salut et n’en exclut personne).*

 

Plus de quarante artistes ont participé à la décoration de l’église du St Esprit. Toutes ces œuvres relatent les grandes étapes de l’Histoire de l’Eglise.  La grande fresque de la pentecôte est celle du peintre Maurice Denis (1870-1943) dont la vocation est née très tôt. A quinze ans il avait écrit dans son journal : «  Oui, il faut que je sois peintre chrétien, que je célèbre tous ces miracles du Christianisme, je sens qu’il le faut ». Il y répondra par sa vie, son travail, ses rencontres. Il peindra de nombreux tableaux retraçant la vie de Jésus.

 

Elle est composée de trois étages superposés.

L’étage supérieur nous montre les apôtres entourant Marie qui reçoivent l’Esprit Saint.

 

Celui du milieu, où St Paul et les Pères des Eglises d’Orient et d’Occident bénissent les fidèles, nous rappelle le développement du Christianisme.

 

L’étage inférieur quant à lui illustre les sacrements et l’Eglise de 1930. **

 

Cette œuvre nous rappelle que Dieu a agi et agit encore dans l’Eglise et dans nos vies. Nous, chrétiens, croyons qu’il est une force créatrice et que le don de l’Esprit Saint, que nous avons reçu au baptême, s’adresse aussi à la conscience de tous ceux qui recherchent le bien, la vérité. Comment pouvons nous le reconnaître et l’écouter ? Cet écrit de Chiara Lubich nous renseigne : « L’Esprit Saint habite en nous comme en son temple, il nous éclaire et il nous guide. Esprit de vérité, il fait comprendre les paroles de Jésus, les rend vivantes et actuelles, nous fait aimer la sagesse, nous suggère ce que nous devons dire et comment le faire. Esprit d’amour, il nous enflamme de son amour même, nous rend capables d’aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces, et d’aimer tous ceux que nous rencontrons sur notre chemin. Esprit de force, il nous donne le courage et la force d’être cohérents avec l’Évangile et de toujours témoigner de la vérité […]. Avec cet amour de Dieu dans le cœur, et grâce à lui, nous pouvons aller loin, et faire partager notre découverte à bien d’autres “jusqu’aux extrémités de la terre”. Ces “extrémités de la terre” ne sont pas simplement géographiques. Elles indiquent aussi, par exemple, des personnes proches de nous, mais qui n’ont pas encore eu la joie de connaître véritablement l’Évangile. Notre témoignage doit aller jusqu’à elles […]. L’amour de Jésus nous demande également de nous “faire un” avec chacun, en nous oubliant nous-mêmes, jusqu’au moment où l’autre, doucement touché par l’amour de Dieu en nous, voudra se “faire un” avec nous, dans un échange réciproque d’aide, d’idéaux, de projets, d’affection. Alors seulement nous pourrons parler, et ces paroles seront un don, dans la réciprocité de l’amour ».

 

Que cette fête nous rappelle qu’inlassablement nous devons prier l’Esprit Saint afin qu’il nous donne la force de témoigner de notre foi par la parole et par l’authenticité de notre vie Chrétienne.

 

Georgette

Sources : * SBEV et Eglise Catholique de Paris – **  Patrimoine-Histoire.fr

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