Pour notre pèlerinage annuel de l’Ascension qui, cette année, a eu lieu au séminaire des Carmes, nous avions rendez-vous le 30 Mai, à la gare d’Enghien ou de Saint-Gratien.

 

                                    

 

A notre arrivée à Paris,

 

nous avons été accueillis par le Père Nicolas Delafon, recteur de l’église Saint-Joseph des Carmes qui présidait la messe de l’Ascension. Des servants d’autel de notre groupement, sous la direction de Paul, y ont activement participée ainsi que deux jeunes de MP3. Dans son homélie, il a précisé que seul l’évangile de St Luc et les Actes des Apôtres présentent le mystère de l’Ascension. Toutefois, dès le chapitre 8 de celui de St Jean, Jésus annonce  son départ vers le Père. Il se montre « Fils » par tous les actes et paroles de sa vie terrestre mais aussi parce qu’Il ne sépare pas son sort de celui des disciples que le Père lui a donnés. Son ascension n’est pas uniquement un passage du « lieu » terrestre au « lieu » du Père, mais il est l’accomplissement de sa filiation avec le Père afin que ses disciples soient là où il sera : « Père,ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi… » (Jn 17, 24). Cette prière de Jésus n’est pas une demande pour s’évader du monde, elle est faite pour que la terre et le ciel se rencontrent. C’est toute l’humanité, en la personne de Jésus, qui par le mystère de la Résurrection et de l’Ascension a été accueillie au sein de l’amour trinitaire.  Ciel et terre se sont rejoints et le cœur de l’homme est devenu la demeure de Dieu.

 

 

                                                            

Après cette messe solennelle, le repas a été partagé, pour certains dans le réfectoire du Séminaire des Carmes et pour d’autres dans le jardin, véritable havre de paix au cœur de Paris. Pour y accéder, nous avons emprunté l’escalier des prêtres martyrs du 02 Septembre 1792 qui ont préféré la mort à la trahison et se sont sacrifiés pour une doctrine qui, si elle demeure intègre, sauvera l’humanité. Ce temps convivial s’est poursuivi par un moment de détente, sportif pour les plus jeunes, contemplatifs et admiratifs devant la beauté des roses pour les plus âgés.

 

                           

                       

 

 

    

 

 

 

 

 

                                

 

 

Vers 14 H nous avons visité l’église St Joseph des Carmes dont la  construction remonte à la Contre Réforme. En 1611 les Carmes déchaussés fondent un couvent dans la rue de Vaugirard. La 1ere pierre de l’église est posée par la reine Marie de Médicis. Les Carmes vouant un culte particulier à saint Joseph, c’est à lui qu’elle sera dédiée. Pendant la révolution, le couvent est transformé en prison et le 2 Septembre 1792, cent quinze religieux y seront massacrés pour avoir refusé de prêter serment à la Constitution. En 1797, l’église et le cloître sont rachetés par une religieuse carmélite et une communauté s’y installe. En 1841, l’archevêché de Paris rachète les bâtiments et en 1875, il en fait le siège de l’Institut catholique de Paris. Plus tard un séminaire viendra occuper une partie du couvent.

 

 

Un séminariste nous a fait découvrir cet édifice franco-italien à la façade un peu austère mais qui recèle de nombreuses œuvres d’art. Les peintures de la coupole, œuvre du Liégois Walthère Damery (1614-1678) sont datées de 1663. Elles représentent  l’enlèvement du prophète Elie dans un char de feu. Il laisse tomber son manteau blanc qui est recueilli par Elisée son disciple et successeur. Les Carmes considérant Elie comme le fondateur mythique de leur ordre portent un manteau blanc. Quatre pendentifs, sous la coupole représentent trois grandes figures de l’ordre des Carmes : deux dédiés à Ste Thérèse d’Avila et deux autres à St Jean de la Croix et St Simon Stock. La chapelle de la Vierge a été conçue selon les plans du Bernin et la Vierge à l’enfant en marbre blanc est l’œuvre de son élève Antonio Raggi (1624-1686). La sculpture de l’autel contemporain de Philippe Kaeppelin représente deux anges entourant dans un cercle une foule de personnages. Comme eux, ils tiennent une palme à la main. Cette représentation symbolique est forte. Le rond représente la perfection, l’infini, l’éternité… Quant à la branche de palme, comme tout branchage vert, elle est, dans l’antiquité, considérée comme un symbole de vitalité, de victoire sur le mal et la mort. Attribut des martyrs, elle rappelle leur glorification. Caché derrière, sous le maître autel, nous pouvons admirer un bas-relief en marbre attribué à Evrard d’Orléans (XIVe siècle). Il représente la Cène. Les treize personnages ont le même visage. Pour reconnaître Judas, il faut regarder sous la nappe ; il est le seul à avoir les pieds croisés. La minuscule chapelle dédiée à Ste Anne est couverte de boiseries et de peintures murales. Elle serait l’œuvre de Georges Lallemant peintre d’origine Lorraine. La décoration de la chapelle des Bienheureux Martyrs des Carmes est attribuée à Claude Deruet (vers 1588 – 1660) peintre baroque Lorrain. La voûte représente le Couronnement de la Vierge. Deux chapelles entourent une grande statue de St Pierre. Dans cette église, atmosphère italienne, austérité monacale et autel moderne cohabitent harmonieusement.

 

                                                    

                                                       

 

 

 

                               

 

 

 

Dans la crypte, nous avons pu nous recueillir devant les stèles de religieux et religieuses Carmes, devant l’ossuaire des martyrs de la révolution et devant le tombeau de Frédéric Ozanam qui, en 1833, fonda  le premier réseau de charité organisé par des laïcs : les Conférences de St Vincent de Paul.

 

 

 

Notre visite s’est poursuivie par la visite d’une spartiate chambre de séminariste puis celle qui fût la chambre de Christian de Chergé. Réaménagée, elle est devenue un lieu de mémoire et de prière. Face à la porte, nous pouvons voir un paysage d’Algérie. La bible et le Coran posés sur deux petits tabourets nous rappellent qu’il fut un homme de paix. En face, sur un mur blanc, une croix rouge rappelant son martyr est dessinée. Entre les deux est écrit son testament spirituel.

 

                       

 

 

Notre journée s’est poursuivie par un échange en petit groupe autour d’un texte d’une belle figure carmélitaine : Nicolas Herman dit « Laurent de la Résurrection ». Ses maximes spirituelles sont une invitation à faire de  toutes nos actions, même les plus banales en apparence, des petits entretiens avec Dieu.

 

 

Les servants d’autel ont, quant à eux, rencontrés un séminariste et les jeunes de l’Association MP3 ont pu s’entretenir avec un autre sur le sens de toute vocation. Pour clôturer cette journée, nous avons participé à l’office des vêpres. Merci à eux de nous avoir consacrer un peu de leur temps alors qu’ils étaient en période d’examen.

 

Cette belle journée, riche en multiples découvertes, nous rappelle combien les échanges sont nécessaires pour fortifier notre foi et combien l’art, l’histoire et l’écriture contribuent à son éducation et sa transmission. Elle nous a également permis de vivre un beau moment de fraternité.

 

Georgette

 

 

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