Vivre nos « visitations » à l’école de Marie et Elisabeth

 

En ces jours de fête, nous sommes amenés à vivre des temps de « visitation », comme Marie qui se rend chez sa cousine Elisabeth. De quelle manière allons-nous vivre ces rencontres, en famille, entre amis, avec des gens connus ou inconnus ?

Trois aspects du récit de ce jour peuvent nous aider à habiter spirituellement ces temps de « visitation ».

 

1/ Le souhait de la paix et la joie partagée

La salutation de Marie à sa cousine Elisabeth est un moment crucial du récit, qui déclenche tout le reste. En Orient, on salue en souhaitant la paix à celui que l’on rencontre. Marie a dû elle aussi souhaiter à Elisabeth toutes les bénédictions divines, et lui communiquer, par le timbre de sa voix, par les traits de son visage, par toute son attitude, la joie profonde qui l’habitait. Cette salutation de Marie produit des effets considérables en Elisabeth : l’enfant qu’elle porte, Jean-Baptiste, tressaille d’allégresse à la voix de Marie. Elisabeth est remplie du Saint Esprit et se met à prophétiser.

A l’image de Marie et Elisabeth, sachons, nous aussi, vivre ce moment de rencontre comme un temps de bénédiction et d’allégresse, un temps où nous souhaitons la paix aux autres, un temps qui fait vibrer en nous et en l’autre l’être intérieur, et entraîne l’ouverture des cœurs.

 

2/ La force du lien maternel, qui engendre la foi

L’interaction entre Jean-Baptiste et sa maman qui le porte en son sein, est éloquente : la joie de l’enfant pousse la mère à dire des paroles de sagesse. Elisabeth devient prophète : dans une intuition parfaite, elle comprend la beauté de Marie et la grandeur de l’enfant qu’elle vient de concevoir en elle (« Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? ») Jean-Baptiste, une fois adulte, redira ces paroles pour désigner Jésus, dont il est chargé de préparer la venue : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde… Il faut que Lui grandisse et que moi, je diminue. » Ainsi, Jean-Baptiste apprend sa mission prophétique de sa maman, dès le sein maternel.

Le rôle des mamans est inestimable. Elles peuvent engendrer à la vie biologique, mais aussi à la vie de l’Esprit. Sachons, nous aussi, rendre grâce pour ce que nous avons reçu de nos mamans. Et confier toutes les mamans au Seigneur, pour qu’elles engendrent la foi chez leurs enfants.

 

3/ Le besoin des autres, pour être confirmé dans son identité

C’est grâce à sa cousine Elisabeth, qui reformule les paroles données juste avant par l’ange Gabriel lors de l’Annonciation, que Marie est confirmée dans son identité et sa mission : elle est « la mère du Seigneur », « celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » Marie retiendra tous ces événements dans son cœur : les paroles de l’ange, mais aussi celles de sa cousine. Au moment de l’épreuve, ces paroles la soutiendront.

Nous avons besoin des autres pour découvrir davantage qui nous sommes. Ils nous disent ce que nous portons, ils confirment ce que nous pouvons comprendre intérieurement de nous-mêmes. Sachons oser des paroles audacieuses, comme Elisabeth qui s’adresse à Marie, dans le but de faire grandir la vocation de ceux qui nous visitent ou à qui nous rendons visite.

 

Bon temps de Noël à tous, bon temps de « visitations », à la suite de Marie et Elisabeth, qui nous apprennent l’art de la rencontre, dans la joie des salutations, la force des liens familiaux et la fécondité des échanges !

Père Edouard George

 

X