Comme chaque jour à Enghien, la façade illuminée de l’église Saint Joseph attire le regard des passants. Mais ce samedi soir 8 décembre, derrière la porte vitrée, la lumière brille et il y règne une agitation inhabituelle. Que se passe t-il donc ? Pour le savoir il suffit de gravir quelques marches et, comme un mystérieux appel à entrer, la porte s’ouvre.

                                 

 

Dans le narthex, les visages des 19 martyrs d’Algérie venant d’être béatifiés à Oran, installés en demi cercle, nous encouragent à avancer dans la nef. Les veilleuses allumées de chaque côté de l’allée, nous incitent à tourner notre regard vers le chœur. Devant l’autel, la belle croix de Taizé est entourée par des sortes de briques jaunes et orangées. Toutes différentes, droites ou inclinées mais éclairées par une même lumière, elles symbolisent l’unité malgré la diversité de ceux qui prient devant elle. Les tentures orangées évoquent la douce chaleur du feu et apportent à l’ensemble une note chaleureuse et émouvante. Oui, ce soir une chose est certaine, nous allons prier !

                                                 

Marie et Merlin nous accueillent. La veillée commence par une alternance de prières et de chants de louange guidés par les jeunes de l’orchestre et de la chorale Mp3. Le ton est donné, nous sommes là pour chanter Dieu, pour recevoir la force de l’Esprit Saint et pour manifester notre joie. Le dernier chant et la dernière prière nous disent quant à eux quelque chose de ce que nous allons vivre ensemble, jeunes et adultes : « Seigneur, tu viens nous relever pour nous conduire vers ton Père. Montre-nous Seigneur, la splendeur et la beauté qu’il y a, à t’obéir de tout cœur, à se confier à Ta voix. Seigneur, en Toi nos cœurs veulent s’ancrer. Seigneur, nos vies passeront, alors en Toi nous voulons demeurer… ».

Puis c’est le Père Alexandre qui nous invite à découvrir la vie de quelques-uns de ceux qui viennent d’être béatifiés, tels que : sœur Odette Prévost, Paul Dochier (frère Luc), sœur Bibiane Leclercq, Mgr Pierre Claverie … et surtout écouter ce qu’à travers leur vie donnée, ils ont à nous dire : [« …..Ne sommes-nous pas là, avant tout pour être une présence fraternelle, spécialement auprès de tous ces désespérés » (Sœur Odette Prévost) – « … Le salut nous vient des autres qui sont pour nous la présence de Dieu appelant à la vie » (Frère Luc) – « Je choisis de rester ….pour être une lueur d’espérance dans cette terre d’Algérie »(Sœur Bibiane Leclerq) – « C’est maintenant que nous devons prendre notre part de la souffrance et de l’espérance de l’Algérie, avec amour, respect, patience et lucidité » (Mgr Pierre Claverie)… Après ces évocations édifiantes concernant notre « vocation » baptismale, un jeune nous livre le testament spirituel d’Hervé de Chergé. Il le fait à la manière d’un slam, se concentrant ce qu’il dit, accordant le rythme de sa voix à celui du clavier. Cette manière de proclamer un texte est toujours, comme aime à le dire Grand Corps Malade : «  un moment d’écoute, un moment de tolérance, un moment de rencontres, un moment de partage ».

Après ce moment d’intense émotion, le Père Edouard nous invite au sacrement de la Réconciliation. Emilie, jeune lycéenne témoigne sur la manière dont elle l’a vécu à Taizé.

Pour débuter le temps des confessions, l’Esprit Saint est une nouvelle fois invoqué : « Viens St Esprit, viens par ton vent remplir le temple que je suis, Viens St Esprit, souffle puissant, brise d’amour, courant de vie.  Viens St Esprit, feu dévorant, brasier d’Amour, fleuve de vie ». Si nous le désirons, nous pouvons alors nous confesser à l’un des prêtres présents. Afin de préserver ce temps d’échange intime, chants, musique et versets bibliques sur le pardon de Dieu alternent. Suzy nous parle de son expérience de la Croix de Taizé ; cette croix que nous pouvons, si nous le désirons, contempler, toucher en signe d’abandon à l’amour inconditionnel de Dieu qui nous aime tels que nous sommes …. Après l’absolution, nous sommes invités à déposer devant elle une veilleuse car, ainsi que nous le rappelle un ancien cantique : « au pied de la sainte croix jaillit la fontaine du salut que je reçois ».

   

 

 

Pour clôturer ce magnifique temps de louange et de réconciliation, les prêtres revenus dans le chœur chantent avec toute l’assemblée : « Magnificat, magnificat, Grand est le Seigneur qui s’intéresse à l’homme ! Magnificat, magnificat, loué soit le Dieu qui engendre la vie ! »

Les veilleuses allumées nous délivrent ce message : par le sacrifice de la croix, le Christ nous a dévoilé l’amour du Père. Le dernier chant quant à lui nous redit que vraiment, il n’y a personne comme Jésus.

Avant de rentrer chez nous, nous sommes invités à boire une boisson chaude : thé, infusion ou chocolat et les jeunes remettent à chacun le texte du testament de Christian de Chergé.

  

 

Merci à tous ceux qui ont préparé avec soin ce beau et touchant temps de louange et de réconciliation.

Georgette

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