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L’ église Notre-Dame de Royan (Pascal G) –
L’ église Saint Joseph du Havre (Patrimoine-Histoire)
Les églises, qu’ elles soient cathédrale, église de village ou simple chapelle appartiennent au patrimoine culturel français.
Toutefois, elles ont avant tout un rôle cultuel puisque :
- Ces lieux sacrés sont dédiés à la pratique du culte catholique. Chacun d’eux présentent une architecture, un aménagement spécifique.
Bien plus, au delà de l’édifice existe :
- Une Église humaine locale composée des membres du clergé et de la paroisse
En France, elles font partie intégrante du paysage et participent à l’organisation des territoires urbains et ruraux.
De surcroît, leurs clochers qui se dressent vers le ciel définissent la centralité de notre urbanisme, notamment celui des villages, où bien souvent les habitations sont construites autour.
Un lieu de rassemblement vital aux communautés
En premier lieu, elles ont pour vocation de rassembler des communautés humaines.
Leur présence et leur ouverture disent la vitalité d’ une commune et nous invitent à découvrir le patrimoine culturel de nos régions.
Toutefois, elles sont aussi et surtout :
- Un lieu de silence et de spiritualité,
- D’ ouverture et de charité ,
- De rendez-vous, de rassemblement et d’ identification.
Enfin, chacune d’ elles renferme d’ importants symboles.
La symbolique d’ une église
La hauteur du clocher est déjà significative.
En effet, il indique l’ endroit où se trouve la maison des chrétiens. Les cloches, quant à elles, rappellent aux fidèles, par leur sonnerie, les devoirs religieux (l’angélus, l’annonce de l’office dominical, des obsèques …)
Enfin, le portail ouvre symboliquement la voie qui conduit au salut éternel.
De même que les voûtes représentent la voûte céleste, cette création majestueuse qui témoigne de la puissance de Dieu et de Sa gloire.
Quant à la nef, c’ est la barque de l’ Évangile ; le vaisseau qui nous transporte vers d’ autres rivages.
De plus, le mobilier liturgique est toujours porteur de sens :
- L’ autel rappelle la dernière cène et le Christ qui institua l’ Eucharistie.
- La chaire ou l’ambon est le lieu de la proclamation de la Parole de Dieu.
- Les fonts baptismaux nous indiquent que l’eau du baptême offre la Vie éternelle.
Les symboles cachées de deux églises du 20eme siècle
Au cours de leur séjour estival, notre fils et l’ un de nos petits-fils nous ont envoyé des photos de deux églises typiques de l’après-guerre.
Car le matériel choisi (le béton armé) pour leur construction répondait aux nécessités économiques et sociétale de l’après-guerre puisqu’ il permettait une construction plus rapide.
Toutes deux, malgré un extérieur :
- Massif, austère et sévère,
Révèlent néanmoins un espace intérieur grandiose et lumineux chargé de nombreux symboles.
L’ église Notre-Dame de Royan
Photo Pascal G.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les bombardements alliés du 5 janvier 1945 détruisirent notamment l‘ancienne église Notre-Dame (située à l’époque sur le site de l’actuelle place Charles De Gaulle).
En conséquence, en 1953, le nouveau maire de la ville de Royan fera cette demande auprès de l’architecte Guillaume Gillet :
« Je veux que Royan ne soit pas une ville couchée, mais une ville debout : redressez-la par la silhouette de l’église. »
Ainsi donc, édifiée à partir de 1955 et bénie en 1958, elle symbolise la ville à nouveau droite et fière.
Ce monument s’ inscrit dans le mouvement général du renouveau de l’ art sacré après les tristes évènements que connut le monde dans les années 1940.
De plus, de façon unanime, chacun reconnaît qu’ il s’ agit d’ une prouesse technique et d’ un chef-d’ œuvre de l’ architecture moderne.
La richesse symbolique de ses vitraux
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Vitraux du chemin de Croix et du chœur : (Pascal G.)
Vitrail de la Vierge : (Patrimoine – Histoire)
L’ ensemble des verrières occupe 500 m2. Œuvre du maître-verrier Henri-Martin, des formes géométriques et abstraites et des effets de tridimensionnalité les caractérisent.
Dans la coursive des bas-côtés, en forme de losange et de façon stylisée et épurée, les vitraux illustrent le Chemin de Croix.
Puis, derrière le maître-autel, le vitrail du chœur en forme de triangle (dans l’art sculptural cette forme géométrique représente la sainte Trinité) est l’œuvre de Claude Idoux. Il utilisa le cristal de Baccarat pour représenter l’Assomption de la Vierge.
Dans des tons rouges, bleus et dorés, le motif s’ inspire de la « Vierge de la médaille miraculeuse » de la Rue du Bac à Paris.
C’ est pourquoi Marie est auréolée de douze étoiles. Son manteau est prolongé de rayons solaires et sur un globe (qui représente à la fois le monde, la France et chacun de nous en particulier) s’agite un serpent (le démon) qui cherche à étendre son emprise.
En outre, la représentation de Marie qui l’ écrase de son pied indique la victoire totale du bien sur le mal, le péché et Satan.
Enfin, il illustre ce verset du texte de l’ Apocalypse :
- « Un signe grandiose apparu dans le Ciel. Une Femme ayant le Soleil pour manteau et la lune sous ses pieds et, sur la tête, une couronne de douze étoiles » (Ap. 12,1).
Le plan de forme ovale
D’ autre part, le plan de forme ovale dessine une mandorle (amande) traditionnelle.
Or, en iconographie chrétienne, l’ amande symbolise le passage du visible à l’ invisible et l’ union des natures humaine et divine du Christ.
Enfin, les 24 piliers en béton qui portent l’ édifice nous rappellent :
- Les 12 Apôtres et les 12 Tribus d’Israël, les piliers spirituels de la foi chrétienne sur lesquels repose l’Église.
Le bénitier et son important sens spirituel
Photo : Pascal G.
Situé près de l’entrée principale de l’église, à droite en entrant, il est sculpté en forme de poisson, un symbole chrétien ancien et fort (l’ Ichtus). Façonné dans l’esprit de l’ autel, il est fixé sur un pied en voile de béton. Un simple galet en forme l’œil.
La symbolique du poisson dans l’ art Chrétien
Dès le Ier siècle, les premiers chrétiens, choisirent en signe de reconnaissance, le symbole du poisson, et ce pour plusieurs raisons puisqu’ils virent :
- dans le terme grec ICHTUS un acronyme (un mot formé à partir des initiales de plusieurs autres mots.)
Effectivement, les lettres composant le mot « ICHTUS » (ἰχθύς ) peuvent signifier « Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur ».
Un poisson ne peut pas vivre en dehors de son milieu
Dans le contexte du Nouveau Testament, la mer, les eaux, représentent la mort et le pouvoir des ténèbres.
Cependant, la Bible nous dit que Dieu dans la genèse créa :
- « Selon leur espèce, les grands monstres marins, tous les êtres vivants qui vont et viennent et foisonnent dans les eaux puis il les bénit.»
Or, dans la tradition, l’ Église indique que :
- S’ ils sont bénis, c’ est parce qu’ ils vivent dans les ténèbres. En conséquence ils doivent bénéficier de la Grâce du Créateur.
Jésus parle de notre monde comme d’ un monde de mort. Dès lors, la seule possibilité de vivre, se fait par la grâce du Christ.
C’est pourquoi, pour le Chrétien, le milieu permettant de vivre, c’ est l’ Église.
Aussi nous invite-t-elle à recevoir cet amour gratuit :
- Par les sacrements, la prière, et la méditation de la Parole de Dieu qui est vivante et agissante dans le cœur des fidèles.
Être muet comme une carpe
On a longtemps pensé que les poissons étaient totalement muets. Une expression dit même « Être muet comme une carpe »
Or, ils ont un langage, une organisation sociale et de grandes facultés d’ adaptation.
Ainsi donc, le bénitier par sa forme, nous invite à comprendre que la vie du chrétien n’ est pas une vie de revendication. Nous devons apprendre à nous adapter aux diverses situations auxquelles nous sommes confrontés.
C’ est aussi une invitation à rencontrer quelqu’ un : Jésus.
Le poisson nage à contre-courant
La plupart des poissons nagent à contre-courant. Ce doit être également le cas pour le Chrétien. En effet, il ne doit pas suivre la loi du Talion (œil pour œil, dent pour dent).
Aujourd’ hui chercher à se justifier, voire à se faire justice, parait normal. Or le Christ nous appelle, à sa suite :
- à aimer sans mesure et à pardonner même à ceux qui nous haïssent ou qui nous persécutent.
De sorte que le témoignage du Chrétien se fait en acte. Il est inspiré par la charité.
Une image du baptême
Tertullien reprendra l’image du poisson pour parler du baptême puisque, selon lui, par l’ eau baptismale, les hommes deviennent :
« Des petits poissons semblables au grand poisson qu’est Jésus, l’ ICHTUS. Par le sacrement de la confirmation, les chrétiens sont envoyés dans le monde. Cette vie pérégrinante est possible par la Grâce obtenue par la Passion, la mort et la Résurrection de Jésus Christ, Fils de Dieu Sauveur. ».
Église Saint Joseph du Havre
Photo du chœur (Patrimoine et Histoire)
Entre le 5 et le 11 septembre 1944, 9 615 tonnes de bombes explosives et plus de 175 tonnes d’engins incendiaires s’abattaient sur le centre-ville du Havre qui fut rasé à près de 50% .
Destinés à préparer l’assaut terrestre des troupes anglo-canadiennes mené le 12 Septembre, ils firent 2000 victimes et environ 80 000 sinistrés.
En conséquence, dans les années 50, l’architecte Auguste Perret fut chargé de la reconstruction du centre Ville. Il y prévoit deux tours.
- L’ une, l’hôtel de ville pour représenter le pouvoir civil.
- Tandis que l’église saint Joseph sera la plus haute car, comme le souligne Vincent Duteurtre, architecte et directeur des bâtiments du Havre :
« Cet édifice, le plus haut de la reconstruction, devait être le symbole de la ville renaissante … Un repère structurant, à la fois urbain et local.
Sa flèche signale l’ arrivée au Havre, première ville française pour les paquebots transatlantiques, en provenance de New York. Le socle de l’église, correspondant à sa nef, est proche des habitants qui vivent alentour. »
Un point de repère dans la ville
Lieu de culte, l’église Saint-Joseph est aussi un mémorial en hommage aux victimes civiles qui périrent sous les bombardements.
Elle impressionne par sa taille puisqu’elle s’élève à 107 m de hauteur ainsi que par son aspect puissant et sa sobriété.
En outre, située à proximité du port, elle joue le rôle de point de repère aussi bien pour les Havrais que pour les navires arrivant des quatre coins du monde.
Cette œuvre monumentale sera la dernière d’Auguste Perret qui meurt en 1954. Le gros œuvre sera achevé en 1957 et sa consécration, en 1964, marquera la fin officielle de la renaissance du Havre.
Puis, dès 1965, elle sera inscrite au titre des monuments historiques puis classée monument historique en 2018.
L’ alliance de l’ austérité, de la légèreté et de la luminosité
Comme l’église Notre Dame de Royan, celle-ci également en béton parait austère et elle ne ressemble pas à une église telle que nous les imaginons.
Toutefois, elle offre à l’intérieur un bel espace ouvert, aéré et abondamment coloré par la lumière filtrant à travers les 12 768 pièces de verre qui couvrent les parois sur toute leur hauteur.
En conséquence, les yeux du visiteur montent instinctivement le long de la tour lanterne.
Un plan en forme de croix grecque
Ici, le plan de l’église n’ est pas en croix latine mais en croix grecque (les bras sont de mêmes dimensions ce qui, dans le christianisme orthodoxe, est un symbole sacré représentant la foi et la résurrection). (Créatini.fr /la-croix-grecque)
En outre, placé au centre, les fidèles entourent l’ autel de toutes parts. Ce qui confère aux célébrations un caractère plus « proche et intime. »
Les surprenants vitraux de Marguerite Huré
Faits de morceaux de verre antique bulleux soufflés à la bouche comme au Moyen-Âge, les vitraux dégagent une chaleureuse et intense lumière grâce à l’agencement de sept couleurs (le nombre 7 symbolise la création en 7 jours ).
Les couleurs partent de la plus foncée à la base jusqu’à la plus claire au sommet du clocher.
C’est ainsi qu’elles passent du rouge au blanc via le vert, le jaune, le violet, l’orange et le verdâtre.
La symbolique des couleurs
Ainsi donc, un véritable langage des couleurs est établi en fonction des 4 points cardinaux :
- À l’ Est, les tons rosés, ors et verts symbolisent la nativité.
- Au Sud, ceux dorés, orangés et jeunes expriment la gloire de Dieu.
- À l’Ouest, rose et rouge éclatants incarnent l’ action et la force.
- Puis au Nord, le bleu est prédominant. Il rappelle la couleur du ciel et de la Vierge Marie.
Lorsqu’ un rayon de soleil transperce un vitrail, la couleur se projette immédiatement sur le béton et l’ illumine.
Alors, en étant patient et à l’affût de la progression de la lumière naturelle, on peut assister :
- à un véritable spectacle colorimétrique changeant et plein de surprises.
Auguste Perret aimait à dire :
« Que le vitrail donne à la lumière du soleil une qualité céleste ».
La tour octogonale
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Photo du chœur : (Patrimoine Histoire)
Verrière du clocher : (Damien B.)
Placée au dessus de l’autel, ses parois de plus en plus transparentes et lumineuses attirent irrésistiblement :
- Le regard vers les hauteurs. C’ est un appel à la transcendance.
D’ autant plus que cette forme géométrique, avec ses huit côtés égaux, est elle aussi d’une grande richesse symbolique puisqu’elle nous parle :
- De la transition entre le terrestre et le céleste.
C’ est pourquoi les architectes l’ emploient souvent car :
- L’ octogone nous dit le lieu où la terre commence à devenir ciel ; sa forme nous parle de mouvement, de devenir, d’ ascension.
Partant de ce fait, dans le christianisme, si la plupart des baptistères et des fonts baptismaux anciens sont octogonaux, ce n’ est pas un hasard !
En effet, le baptême est une renaissance, l’ entrée dans une vie nouvelle.
Ainsi donc, les huit côtés nous parlent : Du passage de la mort à la vie, de l’ ancien à l’ homme nouveau.
Pour conclure
Par la découverte de ces deux églises, demandons au Seigneur de nous apprendre à repérer toutes les richesses, tous les symboles que nous offrent chaque église que nous visitons :
- Car elles nous apprennent à découvrir l’ Amour de Dieu pour l’ Homme.
Enfin méditons les paroles que prononça le Pape Léon XIV dans son homélie à Notre-Dame de Paris :
« Chaque monument nous invite à en franchir le seuil pour nous mettre en face d’ une beauté qui parle à notre cœur inquiet et l’ appelle à la paix… Chaque visiteur peut se laisser régénérer par ce qu’ il voit, entend et ressent ».
Georgette
Sources : Pour l’ introduction : Le devenir des églises – Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (Meurthe-et-Moselle)
Notre Dame de Royan : Aleteia.org et Sanctis.fr – St Joseph du Havre : Architecture-50 église St Joseph du Havre : Auguste Perret reconstruction. – Babel-Voyage (Grandeur et couleurs spirituelles à Saint Joseph du Havre)
Symbolique de l’ Octogone ( Symboliques.fr)







