Le vendredi 28 août, la conférence des évêques de France mettait, sa « contribution » aux états généraux de la bioéthique, phase préalable à une révision de la loi en 2028.
À cette occasion, l’ Église a réaffirmé les valeurs qui permettent de conjuguer avancées techniques et progrès humain.
Lors de son audition par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), le 7 mai dernier, Mgr Benoît Bertrand notre évêque (qui est vice-président avec Mgr Vincent Jordy de la conférence des évêques de France) posait ces deux questions.
« Que ferons-nous de l’ homme ? Quel monde voulons-nous pour demain ? »
C’ est pourquoi ce questionnement, est une invitation :
à réfléchir à ce qu’ est l’ Éthique au sens général et quelles sont les différences avec l’ Éthique Chrétienne.
Qu’ est ce que l’ Éthique au sens général ?
Du grec ethikos, « qui concerne les mœurs », lui même dérivé de éthos, « état habituel » et êthos, « caractère », l’ éthique est une partie de la philosophie qui :
- Traite des problèmes fondamentaux de la morale.
Auparavant, éthique et morale avaient le même sens puisque :
- (morale vient du latin moralis, « relatif aux mœurs ».
Ainsi donc, les deux termes désignaient la discipline :
- Qui dit ce qui est bien ou mal en matière de conduite.
Toutefois, souvent confondue avec le moralisme, la morale, fruit d’ une éducation subie :
- a été progressivement dévalorisée au profit de l’ éthique, présentée comme une science et construite par la raison.
Or, avec le recul de la religion, l’ évolution des mœurs et du progrès technique :
- L’ éthique a eu tendance à se pluraliser et à se particulariser ce qui explique l’ apparition de la bioéthique, de l’ éthique de l’ environnement …
On en distingue aujourd’ hui, pour mesurer la valeur d’ une conduite, trois courants majeurs :
- L’ éthique déontologique (fondée sur le devoir et des principes a priori),
- L’ éthique conséquentialiste (fondée sur la situation souhaitable)
- Et l’ éthique des vertus (fondée sur la qualité morale de l’acte [le courage] et de la personne qui l’ accomplit).
Qu’ est ce que l’ Éthique Chrétienne ?
Beaucoup plus qu’ un code de conduite, elle est :
Un appel à la sainteté, une réponse à l’ appel de Dieu. Elle conjugue exigence et miséricorde, vérité et amour.
Par conséquent, elle s’ adresse à l’homme : pensant, croyant, aimant.
Aussi propose-t-elle une façon de vivre exigeante puisqu’ elle demande, dans une logique de communion, de justice et de paix d’ être :
En vérité devant Dieu et devant les hommes.
Les sujets débattus par les évêques de France
C’ est avec l’ aide de travaux de recherches universitaires et d’ experts que les évêques de France ont préparé un dossier large et complet sur les différents sujets proposés par le CCNE, à savoir :
- Examens génétiques et médecine génomique,
- Procréation,
- Neurosciences,
- Cellules souches et organoïdes (un organoïde est une structure cellulaire en 3D mimant le fonctionnement d’ un organe. Il est obtenu à l’ aide de cellules souches).
- Dons, greffes d’ organes et xénogreffes ( intervention qui consiste à transplanter un organe, un tissu ou des cellules d’une espèce animale chez un individu),
- Numérique, IA et santé,
- Environnement, climat et santé,
- Sobriété en médecine, juste soin,
- Nouvelle place de la prévention en santé,
- Santé en Outre-mer.
Ce document ouvre donc d’ importantes réflexions, notamment sur la sobriété en médecine et la pertinence des soins.
Pour conclure
L’ Église catholique ne s’ oppose pas à certains progrès de la recherche scientifique.
Toutefois en faisant part de ses convictions profondes et de ses interrogations face aux questions qu’ ils peuvent poser, elle prend en compte ce pour quoi elle existe, à savoir :
- Son désir de servir l’ humanité tel que l’ a formulé le pape Léon XIV dans sa première encyclique.
« L’ Église apparaît comme une présence qui aide à lire la réalité en profondeur, en soutenant avec une humble fermeté les choix favorisant la dignité de chaque personne, la cohésion des communautés et le bien de tous.
Ainsi se place-t-elle aux côtés du monde sans s’ y superposer, afin que dans chaque événement humain puisse germer la promesse de justice et de paix que l’ Esprit Saint continue de susciter au cœur de l’ humanité » (Magnifica humanitas § 20)
Alors, faisons nôtre cette prière de Mgr d’ Ornellas :
« Dieu Notre Père, tu le sais, la bioéthique soulève des enjeux inédits pour le respect des plus petits.
Écoute la prière de celles et ceux qui te supplient.
Gardes-nous dans la paix, la douceur et dans l’ espérance.
Inspires-nous la juste compassion pour tous ceux qui souffrent, en particulier en raison d’ une maladie génétique ou de l’ infertilité.
Apprends-nous à respecter la dignité de l’ être humain, singulièrement du plus petit, du plus fragile, du plus faible.
Soutiens celles et ceux qui s’ engagent dans l’ écologie humaine.
Sois béni pour les témoins de la beauté des personnes les plus fragiles.
Sois béni de mettre dans nos cœurs l’ amour pour notre prochain.
Amen »
Georgette
Sources : Église Catholique de France – Philosophie magazine – Journal la Croix (Antoine d’ Abbundo le
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