Nous venons de fêter Pâques. Cette fête est le cœur de la foi et de l’ espérance chrétienne car par sa vie, sa mort et sa résurrection mais aussi, puisque Dieu seul est maître de la vie :
Jésus confirme solennellement sa divinité. Il est le « premier né d’entre les morts ».
Cependant, la foi en la résurrection et en la vie éternelle est toutefois, pour certains chrétiens, difficile à croire.
La Bible Hébraïque et la mort
Les vivants peinent à s’ imaginer la mort, à lui donner une signification, à lui trouver une justification.
La Bible hébraïque face à ces multiples interrogations fondamentales a cherché des réponses acceptables et qui soient les reflets de valeurs et de normes.
- C’ est ainsi que, ancrée dans la culture sémitique, le défunt est réduit à l’ état d’ une ombre errant dans le Shéol (une monde souterrain). C’ est l’ image de la fosse dont nous parle certains psaumes :
- « Seigneur, tu m’ as fait remonter de l’abîme et revivre quand je descendais à la fosse. » (Ps 29 (30), 4).
- « J’étais pris dans les filets de la mort, retenu dans les liens de l’abîme, j’éprouvais la tristesse et l’angoisse» (Ps 114 (115), 3).
Dans ce lieu il souffre du silence :
- « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! » (Ps 129 (130), 1-2)
L’ émergence de l’ idée d’ une vie après la mort
Cependant, comme nous le prouve ce texte, l’ idée d’ une vie après la mort émergea peu à peu.
« En ces jours-là, Judas, chef d’ Israël, organisa une collecte et envoya deux mille pièces d’argent à Jérusalem afin d’offrir un sacrifice pour le péché.
C’ était un geste tout à fait noble et beau, inspiré par la pensée de la résurrection.
Car, s’ il n’avait pas espéré que ceux qui étaient tombés ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde.
Mais il jugeait qu’ une très belle récompense est réservée à ceux qui meurent dans la foi, c’ était là une pensée religieuse et sainte.
Voilà pourquoi il fit ce sacrifice d’ expiation, afin que les morts soient délivrés de leurs péchés. (Second livre des Martyrs d’Israël-(2Macc.) 12, 43-46) .
La nature de cette croyance est précisée dans le livre des Jubilés (parfois appelé « Petite Genèse » ou « Testament de Moïse » (un ouvrage de la littérature apocalyptique juive.)
« Alors le Seigneur guérira ses serviteurs ; ils se redresseront et verront une grande paix. Ils chasseront leurs ennemis.
Les justes verront, rendront grâce et se réjouiront toujours et à jamais…
Leurs os reposeront en terre et leurs esprits seront très heureux.
Ils sauront que le Seigneur est celui qui exerce le jugement mais [qui] fait grâce aux centaines et aux milliers, et à tous ceux qui l’ aiment. » (Chapitre 23,30-31)
Les témoignages concernant la résurrection dans l’ évangile de saint Jean
Wikimédia Commons – Domaine public
St Jean l’évangéliste (Paul Rubens) – Musée du Prado
Celui-ci s’ exprime à plusieurs reprises sur la vie éternelle :
- « Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas ». (Jn 3, 16)
- « Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle, celui qui refuse de croire au Fils ne verra pas la vie … » ( Jn 3, 35-36)
- « Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi, je suis le pain de la vie. » (Jn 6, 47-48)
- « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’ un mange de ce pain, il vivra éternellement… » (Jn 6, 51)
Le témoignage de saint Paul
Saint Paul hors les Murs : photo Jean-Lucien G.
Saint Paul est le témoin du ressuscité. Certes, il n’ a pas connu Jésus avant Pâques. Cependant, l’apparition éblouissante qu’ il a eu du Christ Ressuscité lui a conféré le titre d’apôtre.
C’ est pourquoi, en s’adressant aux Corinthiens pour qui la résurrection de Jésus fait manifestement difficulté, il s’ en fait garant, comme Pierre :
- « Il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort … ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres. Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’ avorton que je suis ». (1 Co 15, 5-8).
S’ appuyant sur le témoignage de tous ceux à qui le Ressuscité est apparu, il dit les deux points essentiels de la foi :
- Mort et sépulture d’ une part,
- Résurrection d’autre part.
En conséquence, chaque Chrétien est invité à témoigner de cette résurrection comme le firent les premiers témoins.
Les arguments de saint Paul
La résurrection par James Tissot – Domaine Public
Wikimédia Commons – Brooling Muséum –
Aux Corinthiens (1 Co 15,12-58) qui soutiennent d’ une part :
- Qu’ il n’y a pas de résurrection des morts,
- Et qui, d’ autre part posent déjà la question de savoir comment les morts peuvent ressusciter, saint Paul répond que :
- « Si le Christ n’ est pas ressuscité, le message apostolique devient alors vide de contenu et avec lui la foi chrétienne.»
- « Mais aussi que les témoins sont de faux témoins et que le don du salut n’ a pas eu lieu et que, par conséquent, ceux qui sont morts dans le Christ sont perdus.»
Par conséquent, il souligne que la résurrection est la clé de voûte du message chrétien.
L’ image du grain de blé
Pour répondre aux objections saint Paul prend l’image du grain de blé qui meurt dans la terre pour porter beaucoup de fruit.
- « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.» (Jn 12, 24)
Par expérience, nous savons que planter des grains de blé ou des haricots, puis regarder leur transformation, est une image parlante pour les enfants.
Une autre comparaison : la naissance d’ un être humain
Nous savons que le nouveau-né pousse un cri. Cette réaction est induite par l’ air qui entre dans ses poumons et cela nous fait penser au souffle créateur de Dieu.
Avec ce cri, les fonctions cardiaques et respiratoires du bébé s’ enclenchent.
C’ est ainsi que, après avoir été assurée par le placenta au cours de la grossesse, la circulation sanguine démarre de façon autonome.
En quelque sorte, au moment voulu, le fœtus pour jouir de la vie doit quitter celle qui fut la sienne pendant neuf mois.
Il laisse la manière particulière de se nourrir par le cordon ombilical et le bruit régulier du cœur de sa mère …
Néanmoins le bébé, maintenant différent est appelé :
- à vivre une vie pleine de promesses dont il deviendra responsable au fur et à mesure de sa croissance.
La signification du tombeau vide
Même si ce n’est pas, à lui seul, une preuve de la résurrection du Christ, le tombeau vide a cependant une importance capitale. En effet, dans la cohérence de la foi, il a une triple signification symbolique :
- La pierre roulée signifie la victoire de Dieu sur les forces de la mort et l’ ouverture du séjour des morts. Ce que, comme nous l’avons vu, la tradition juive appelait le shéol.
- Elle oriente vers l’espérance de la manifestation définitive du Christ. De même, les linges laissés au tombeau « représentent un vieux vêtement usé » et la « libération de Jésus des liens de la mort par le Dieu de Pâques. »
- Enfin, le tombeau vide est un signe annonciateur du retournement du monde à la fin des temps. Il nous dit :
- qu’ en la personne de Jésus le cosmos a déjà connu une première et discrète déchirure, dont l’achèvement doit rendre l’ univers transparent à la vie de Dieu.
Qu’ est-ce que le ciel et la vie éternelle ?
Comme le rappelait le père Thierry lors de la formation sur le credo concernant la vie éternelle :
- Pour comprendre, il est bon de relire cet enseignement du pape Jean-Paul II dans une de ses audiences générales :
« Comme l’ enseigne le C.E.C. :
… Le ciel est la fin ultime et la réalisation des aspirations les plus profondes de l’homme, l’état de bonheur suprême et définitif » (n. 1024).
« Le ciel devient ainsi la figure de la vie en Dieu. Dans ce sens, Jésus parle de « récompense dans les cieux » (Mt 5, 12) et exhorte à «amasser des trésors dans le ciel» (ibid., 6, 20; cf. 19, 21).
« Dans le cadre de la Révélation, nous savons que le « ciel » ou la « béatitude » dans laquelle nous nous trouverons n’ est pas une abstraction, ni un lieu physique parmi les nuages :
mais une relation vivante et personnelle avec la Sainte Trinité.
C’ est la rencontre avec le Père qui se réalise dans le Christ Ressuscité grâce à la communion de l’ Esprit Saint ».
Au moment de notre mort, nous verrons Dieu face à face, tel qu’ il est. Nous serons incorporés à Lui.
Alors, n’oublions pas cette parole de Jésus :
« Celui qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’ a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car déjà il passe de la mort à la vie. » (Jn 5, 24)
Mais aussi ce que saint Jean nous apprend :
- « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie … » (Jn 3, 36)
Finalement :
- Croire au Christ est la vie de l’Amour. La vie éternelle commence dès aujourd’hui.
- Le paradis n’ est pas un lieu. C’ est être en relation avec Dieu.
Pour conclure
Malgré nos questionnements :
- Lorsque nous récitons le Credo qui résume la foi des apôtres, ayons pleinement confiance dans les deux phrases qui le clôturent :
« … Je crois à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen ».(Symbole des apôtres)
En dernier lieu méditons cette belle et courte prière du soir du pape Benoît XVI :
« En Toi Seigneur, je place avec joie mon Espérance. Fais que je T’ aime comme ta Sainte Mère afin qu’ à mon âme, au terme du chemin, soit accordée la Gloire du Paradis. »
Georgette
Sources : Journal la Croix (Le sens de la résurrection de Jésus par Bernard Sesboüé – sj) du 04-04-2012
Illustrations : Pixabay Licence, pas d’attribution requise.







