Mines de Rubaya : Wikimédia Commons – Monesco –
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Le mercredi 28 janvier, suite à de fortes pluies, survenait :
- Un glissement de terrain sur le site minier géant de Rubaya en République Démocratique du Congo.
Puis, le 29 janvier au matin, un autre suivait.
Cette mine, située à environ 70 km à l’ ouest de la grande ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, est :
- Depuis janvier 2025, sous contrôle de l’AFC/M23.
Nous pouvons découvrir cette tragédie et les conditions de travail des creuseurs en regardant ce témoignage.
Un lourd bilan
Le nombre de victimes s’élèverait à « au moins 200 morts ».
Toutefois, ce chiffre demeure imprécis car dans cette vaste zone de l’Afrique centrale, depuis plusieurs jours, le réseau téléphonique est coupé car :
- L’ administration congolaise et les organisations de la société civile ont fui la zone à l’arrivée du M23.
Une cité minière stratégique
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La cité minière de Rubaya produit :
- Entre 15 et 30 % du coltan mondial.
Elle s’ étend sur plusieurs dizaines de km2 dans l’est de la RDC qui détiendrait au moins 60% de ce précieux métal.
Or, ce minerai est stratégique pour l’ industrie électronique puisqu’ il entre dans la fabrication :
- De nos ordinateurs, des téléphones portables, des voitures électriques, de la robotique, de l’ intelligence artificielle …).
Les conditions de vie des mineurs
Des collines abruptes, creusées de ravins profonds forment ce site minier.
En outre, les pistes de terre qui y conduisent sont souvent impraticables en saison des pluies.
Enfin, les milliers de creuseurs artisanaux y travaillent dans des conditions précaires. Ils prennent des risques constants car :
- Le plus souvent ils sont munis de simples pelles et d’ une paire de bottes en caoutchouc.
- Les masques de protection sont inexistants.
- Et les mesures de sécurité sont pratiquement inexistantes.
Cependant, même si les salaires sont généralement très bas, cette activité constitue une source de revenus pour de nombreuses familles de la région.
C’est pourquoi des hommes et des femmes, pour des revenus généralement modiques :
- Continuent à travailler dans les puits au risque de leur vie. Certains transportant de lourds sacs attachés à leur tête par des bouts de lanières en tissu,
Un pillage organisé
En Janvier et Février 2025, le M 23 avec le soutien de l’armée Rwandaise s’ emparait des villes de Goma et Bukavu.
Puis il mettait en place à Rubaya :
- « Une administration semblable à celle d’ un État », délivrant « des permis aux creuseurs et aux opérateurs économiques ».
La taxation des activités minières par le groupe armé rapporterait plusieurs centaines de milliers de dollars par mois.
En outre, l’ est du pays, ravagé par des conflits depuis trente ans, a connu un regain de violences depuis 2021 avec la résurgence du groupe armé M23.
Un appel à la solidarité
Le dimanche 01 Février, l’ambassade de Belgique à Kinshasa exprimait dans un message sur X :
- « Sa solidarité après les tragiques éboulements ».
Kinshasa appelait également :
- « La communauté internationale à prendre pleinement la mesure de ce drame », conséquence d’« une occupation armée et d’ un système organisé de pillage » par le M23 et le Rwanda.
Depuis février 2025, le site de Rubaya était classé en « rouge ».
En conséquence : « toute activité d’exploitation et de commercialisation » des minerais y était interdite.
Cependant, selon Kinshasa « entre 112 et 125 tonnes de coltan y sont extraites chaque mois » et seraient « acheminées exclusivement vers le Rwanda »,
Un devoir de vigilance
Alors que la R.D.C. est l’ un des pays les plus pauvres du monde, nos médias n’ ont pas beaucoup relayé de drame.
Pourtant, à Rubaya, le coltan fait tourner le monde.
Mais pour ceux qui le creusent, il reste une richesse mortelle car ce minerai stratégique est extrait au prix du silence.
Comme le déplore Emmanuel Umpula, directeur exécutif de Afriwatch International (ONG militant pour une exploitation juste et équitable des ressources naturelles en Afrique) :
- Qui s’ inquiète des conditions de travail des mineurs (certains malgré l’ interdiction sont des enfants),
- Et des morts sous terre ?
Bien qu’ une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.), publiée le 25-09-2024, révélait qu’ en 2022 :
- 11 % des adolescents montraient des signes d’utilisation problématique des réseaux sociaux et nous en constatons les conséquences tragiques.
Aussi devons-nous nous interroger sur notre responsabilité et nous poser la question que Dieu fit à Caïn :
« Qu’as-tu fait de ton frère ? ».
Pour répondre à cette question, nous pouvons relire ce que Jean-Christophe Ploquin, rédacteur en chef à la Croix, rappelait dans son éditorial du 03 Juin 2025 :
- « Face aux « minerais du sang » le devoir de vigilance s’ impose car comme le résumait le pape François en parlant des interdépendances : « Tout est lié ».
Et François poursuivait :
- « Il faut donc une préoccupation pour l’ environnement unie à un amour sincère envers les êtres humains, et à un engagement constant pour les problèmes de la société » (V. Une Communion universelle – 91)
Pour conclure
Lors de l’Angélus du dimanche 1er février, le pape Léon XIV exprimait sa proximité envers les victimes de la tragédie et leurs familles par ces mots :
- « Je prie pour les nombreuses victimes de l’ effondrement d’ une mine dans le Nord-Kivu, en République démocratique du Congo. Que le Seigneur soutienne ce peuple qui souffre tant ! ».
Nous pouvons nous unir à lui et prier pour la RDC. Le père Aloys, que certains ont connu, m’écrivait le 15 décembre dernier dans un de ses brefs messages :
- « La RDC est devenue une véritable jungle… »
De surcroît, nous devons apprendre à faire un bon usage des nouvelles technologies car comme le rappelle un article des Nations Unies (un75/impact-digital-technologies) :
« Si elles peuvent favoriser et accélérer la réalisation de chacun de 17 objectifs de développement durable ( promotion de l’agriculture durable et du travail décent , alphabétisation universelle …) elles peuvent également :
Compromettre la sécurité et creuser les inégalités.
Elles ont des incidences sur les droits de l’homme et l’ action humaine.
Comme les générations précédentes, nous – les autorités, les entreprises et les particuliers – :
Devons choisir comment nous souhaitons exploiter et gérer les nouvelles technologies. »
Georgette
Sources : Jeune Afrique du 31-01-2026 (AFP) – Journal la Croix du 01-02-2026 (AFP).
Illustration de l’image mise en avant : Tantale, Wikimédia Commons – Creative Commons Attribution-Share Alike 3.O -Attribution Rob Lavinsky – CC-BY-SA-3.O – Libre de partager.



