Un temps pour changer – Pape François

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Notre année pastorale, dont le fil conducteur était « Prendre Soin », va bientôt s’achever.

Le temps des vacances arrive. Peut-être est-ce pour nous l’occasion de re(découvrir) le petit livre « Un temps pour changer ».

Fruit de la réflexion du pape François à la  suite de son expérience du confinement, il vient d’être réédité dans la collection « J’ai lu ».

Une conviction qui s’ancre dans la « théologie du peuple »

Dans sa préface, Mgr Benoist de Sinety, nous rappelle l’ urgence d’oser penser le monde autrement.

La postface, quant-à elle, est écrite, par Austen Ivereigh, journaliste et essayiste britannique.

Ayant collaboré à la rédaction de cet ouvrage, il souligne que, pour François, le changement ne viendra pas d’en haut mais des périphéries.

Sa conviction s’ ancre dans la réflexion de l’ Église d’Argentine connue sous le nom de « théologie du peuple ».

En effet, en Argentine, on parle de l’ingéniosité du peuple.

Il s’agit de sa capacité à identifier les voies à suivre, presque à « flairer » les solutions aux problèmes actuels (p. 160).

Selon La Vie, ce livre est l’un des textes les plus puissants du pontificat du pape François.

Il se découpe en trois parties : un temps pour voir (contempler), un temps pour choisir (discerner) , un temps pour agir (proposer).

Un temps pour voir

Le pape François nous appelle à voir, avec lucidité, le monde tel qu’il est, avec ses pauvres, ses souffrances, les réfugiés.

Il parle souvent des périphéries et utilise cette expression pour parler de la souffrance, de l’injustice, de l’ignorance et de l’absence de foi.

Aussi nous appelle-t-il à une démarche d’ouverture, d’unification.

Pour lui, ceux qui sont aux périphéries, doivent devenir de réels acteurs de la vie du monde.

Un temps pour choisir

Effectivement, nous devons faire des choix. Or, pour les faire, il faut apprendre à discerner sur les bases de notre foi.

En effet, Jésus nous indique les valeurs essentielles de ce discernement dans les Béatitudes.

En conséquence, nos décisions doivent se baser sur des critères d’amour, de paix et de fraternité. Il s’agit de faire en sorte que chacun se sente aimé, mis en valeur.

Pour discerner, il faut se laisser inspirer par l’Esprit Saint, prier et prendre du temps pour regarder une vérité parfois dérangeante.

Il est urgent d’abandonner l’individualisme et d’ avoir comme principe d’organisation la fraternité.

Un temps pour agir

Le temps de l’action nous appelle à redécouvrir notre sentiment de faire partie d’un peuple.

Aussi est-ce un appel à sortir d’un isolement autodestructeur pour se mettre au service du Peuple.

Celui-ci n’est pas un pays, un état ou une nation. Le peuple est une communauté qui a une âme et des valeurs fondamentales : la famille, la santé, le travail, l’école et le droit à vivre décemment.

Il s’agit de rendre à tous cette dignité qui provient de l’amour et de la proximité de Dieu.

La redécouverte de la valeur de la vie humaine, face à l’esclavagisme (quelle que soit sa forme), à l’augmentation des avortements et au développement de l’euthanasie, est une urgence.

Les trois T 

Pour y parvenir, le pape François propose une réflexion et un plan d’action autour de ce qu’il nomme les trois T.

La Terre : Il faut changer nos habitudes destructrices et trouver de nouveaux moyens de produire, d’échanger, de consommer. Les biens et les ressources de la terre sont destinés à tous.

Un Toit : C’est-à-dire un logement digne, permettant de rétablir des liens de communauté et de fraternité. Il s’agit de réhumaniser notre environnement urbain en intégrant les zones périphériques au moyen de politiques sociales qui reconnaissent et valorisent la contribution culturelle qu’elles peuvent apporter.

Le Travail : Il ne peut y avoir de dignité sans travail. Celui-ci est un droit et un devoir pour tous les Hommes. On ne peut accepter que tant de jeunes ne trouvent pas d’emploi.

En tant que société, il est également important de veiller à ce que le travail ne soit pas uniquement un moyen de gagner de l’argent. En effet, il doit permettre d’exprimer sa personnalité, de participer à la vie de la société et de contribuer au bien commun.

Pour conclure :

Peu onéreux ((7 €) et bien lisible, le livre du pape François nous invite à changer nos comportements.

En effet, il en va de la survie du monde.

C’ est aussi un message qui ouvre un A-venir pour l’humanité.

Méditons ces passages du poème d’Alexis Valdés « Espéranza » qui clôt cet ouvrage.

« Le vieil homme nous manquera qui mendiait sur le marché, dont le nom restera un mystère et qui était toujours à tes côtés.

Et peut-être que le vieillard miséreux était ton Dieu dissimulé. Jamais tu n’as demandé son nom tant tu étais pressé…

Quand la tempête sera passée, Je Te demande, Dieu, du fond de la honte que Tu nous rendes meilleurs, ainsi que Tu nous as rêvés ».

Georgette    

Illustrations : Pixabay licence, pas d’attribution requise  – Scan de la couverture du livre.

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