Les sept demandes du Notre Père

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La prière du Notre Père, apprise par Jésus à ses disciples, est le modèle de toute prière car, comme le précisait St Thomas d’Aquin : « En elle, nous demandons, non seulement tout ce que nous pouvons désirer avec droiture, mais en outre, dans l’ordre avec lequel il convient de le désirer. De sorte que, non seulement elle nous apprend à demander, mais encore elle donne forme à toute notre affectivité ».

Aujourd’hui, découvrons et méditons le sens de ses sept demandes dont les trois premières concernent Dieu lui-même. Les quatre autres, quant à elles, portent sur nos besoins vitaux et la vie fraternelle.

En elles se rassemblent les deux plus grands commandements : l’amour de Dieu et celui du prochain.

1) Que ton nom soit sanctifié

Par cette demande, nous nous plongeons dans le secret de Sa Divinité et de sa Sainteté qui est de toute éternité et dans celui du salut de toute l’ Humanité :  « Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ … En lui, nous devenons le domaine particulier de Dieu car  « il a voulu que nous vivions à la louange de sa gloire, nous qui avons d’avance espéré dans le Christ » (Ep 1, 09 et 11-12).

Nous lui demandons que, par la sanctification de notre baptême, nous persévérions dans nos efforts pour obéir à la volonté de Dieu.

2) : Que ton règne vienne

Cette demande exprime l’espérance de la venue d’un temps nouveau. Celui où le règne de Dieu sera enfin reconnu par tous car : « … Il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14, 17). Aujourd’hui, nous vivons les temps de l’effusion de l’Esprit Saint puisque : [ « Celui qui désire se garder pur « dans ses actions, ses pensées et ses paroles, peut dire à Dieu : « Que ton règne vienne »] (St Cyrille de Jérusalem, Catéchèse mystagogique, 5, 13) ».

Dans cette seconde demande, nous exprimons le désir que Dieu, par la grâce, règne en nous mais aussi que Sa puissance, sur terre, s’étende toujours plus et qu’à la fin des temps le Seigneur habite en tous.

3) : Que ta volonté soit faite sur la terre comme au Ciel

Ce souhait s’enracine dans la Bible : « Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur, car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité (1 Tm 2, 3-4). C’est là Sa volonté, aussi demandons-nous à Dieu « d’unir notre volonté à celle de son Fils avec la puissance de son Esprit Saint ».

Ainsi que l’affirme un Père de l’Église, lorsque nous formulons cette demande, nous ne le faisons pas « dans le sens que Dieu fasse ce qu’Il veut, mais que nous devenions capables de faire ce qu’Il désire. D’autre part, par l’expression sur la terre comme au ciel, nous aspirons à ce que Sa volonté s’accomplisse en nous qui sommes encore sur cette terre comme elle s’accomplissait en ses Saints.

4) : donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour

Ici s’exprime notre confiance en Dieu puisque : « le Père, qui nous donne la vie, ne peut pas ne pas nous donner tous les biens  «matériels et spirituels» nécessaire à notre vie en plénitude.

Dans le sermon sur la montagne, Jésus insiste sur cette confiance filiale » (C.E.C. n° 2830). Cette demande concerne aussi le pain de Vie. Il n’est autre que la parole de Dieu à accueillir dans la foi et à mettre en pratique mais aussi le pain Eucharistique car : « Il est écrit, l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4, 4).

Le terme de ce jour nous renvoie à l’exode : «  celui qui en avait ramassé peu ne manqua de rien…  (Ex  16, 18. En conséquence, nous devons demander ce qui est nécessaire à la vie sans le superflu : « Si nous avons de quoi manger et nous habiller, sachons nous en contenter » ( 1 Th 6, 8).

5) : pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés

Par cette phrase, à la manière du publicain, nous reconnaissons notre condition de pécheurs : « Il se frappait la poitrine, en disant : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! » (Lc 18, 13).

Au début de la messe, nous confessons à la fois nos fautes mais aussi notre confiance en la Miséricorde Divine (C.E.C. n° 2839). Toutefois, nous devons pardonner nous-mêmes à ceux qui nous offensent. Sinon, notre demande ne peut entièrement être prise en considération.  

En effet  : « ce flot de miséricorde ne peut pénétrer notre cœur tant que nous ne pardonnons pas à ceux qui nous offensent car , comme nous le rappelle St Jean : « Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu » alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur … Celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère » (1, Jn 4, 20-21).

Dans le refus de pardonner, notre cœur se referme. Sa dureté le rend alors imperméable à l’amour miséricordieux du Père » (C.E.C. n° 2840)

6) : ne nous laisse pas entrer en tentation

Cette demande est en corrélation avec la précédente « car le péché est la conséquence d’un libre consentement à la tentation ». Ici, nous implorons l’Esprit de discernement et de force afin que  Dieu, par sa grâce, nous aide à vaincre les tentations.

Toutefois, pour les dominer, il faut prier.  C’est par la prière que Jésus sortit vainqueur du Tentateur dans le désert. C’est  aussi par celle-ci qu’il vainquit  la tentation finale à Gethsémani. C’est là  qu’il recommanda à ses disciples de : « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible » (Mt 26, 41).

7) : et délivre nous du mal

Cette demande est celle de Jésus  s’adressant à son père : « Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais » (Jn 17, 15). Elle nous concerne donc tous personnellement.

Nous devons donc prier en communion avec toute l’Église pour la délivrance de toute l’humanité. En effet :  « le Mal n’est pas une abstraction. Il désigne une personne, Satan, le Mauvais, l’ange qui s’oppose à Dieu ».

Nous prions donc pour nous-mêmes ainsi que pour la libération, dans le monde, de tous les maux passés, présents et futurs dont le « diable » (diábolos) qui divise et se met en travers du Dessein de Dieu et de son œuvre de salut est l’auteur ou l’instigateur (C.E.C. n° 2854).

Le péché est le seul mal véritable qui entraîne à la damnation éternelle. Les autres maux, quant à eux, peuvent se convertir en biens si nous les acceptons en nous unissant aux souffrances du Christ sur la Croix.

Conclusion

Afin de comprendre encore mieux le sens de ces  sept demandes, nous vous invitons à regarder cette éclairante vidéo du Frère Paul Adrien.

Georgette 

Sources : Catéchisme de l’Eglise Catholique (C.E.C.)

Illustration : Wikimédia Commons – Recommandation aux apôtres de James Tissot (1836-1902) – Gouache sur papier velin gris peinte entre 1886-19=894 – Œuvre entrant dans le domaine public.

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