Ouvre mes yeux Seigneur, fais que je vois !

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Au cours de la messe de conclusion du synode des évêques du 28-10-2012, le pape Benoit XVI faisait remarquer que, dans un de ses écrits, Saint Augustin faisait sur le personne de Bartimée une observation très intéressante et significative puisque St Marc rapporte non seulement le nom de celui qui est guéri mais cite aussi celui de son père. Il en concluait que Bartimée, fils de Timée, avait été autrefois dans une grande prospérité mais que sa cécité avait eu un grand retentissement dans sa vie, non seulement parce qu’il était devenu aveugle, mais aussi parce assis, il demandait l’aumône. (L’accord entre les Évangiles, 2, 65, 125 : PL 34, 1138).

Perdre la richesse de la foi

Pour Benoit XVI, cette interprétation est donc une invitation à réfléchir sur le fait que nous pouvons perdre des richesses qui ne sont pourtant pas matérielles. Dans cette perspective, Bartimée représenterait tous ceux qui vivent dans des régions d’ancienne évangélisation, où la lumière de la foi s’est affaiblie, et tous ceux qui s’éloignent de Dieu, ne le retenant plus comme important pour la vie.

Selon un sondage de l’Ifop réalisé les 24 et 25 août derniers, la proportion de non croyants (agnostiques ou athées) est aujourd’hui majoritaire en France. Il ne reste plus que 49 % de Français à croire en Dieu.  Cependant, pour les 18-34 ans l’incroyance est moins ancrée que chez les 35-49 ans qui eux ne sont plus que 45% à se référer à Dieu.

Apprendre à ouvrir nos yeux

Que vient nous dire l’évangile de l’aveugle Bartimée ?. Il nous dit qu’il faut avoir le courage, l’envie et la force d’ouvrir nos yeux. La mondialisation est source d’importants déplacements de population.  Par conséquent, la première annonce s’impose aussi dans les pays d’ancienne évangélisation. Tous les hommes ont le droit de connaître Jésus Christ et son évangile. C’est le devoir de tous les chrétiens – prêtres, religieux et laïcs –, d’annoncer la Bonne Nouvelle.

Par conséquent, il convient de prier l’Esprit Saint afin qu’il renouvelle en tous l’élan missionnaire car ceux qui ne croient plus en Dieu perdent cette grande richesse que représente l’orientation sûre et solide de la vie. En s’éloignant de Dieu, elles deviennent, souvent inconsciemment, mendiants du sens de l’existence.

Elles ont donc besoin d’une nouvelle évangélisation car, comme le soulignait Benoit XVI, qui peut leur ouvrir les yeux et les conduire sur la route si ce n’est le Christ.

Un brouillard qui nous empêche de voir

Ainsi que le recommandait Benoit XVI, faisons nôtre cette prière de Saint Clément d’Alexandrie :  « Jusqu’à maintenant, j’ai erré dans l’espérance de trouver Dieu, mais puisque tu m’illumines, ô Seigneur, je trouve Dieu par toi, et je reçois le Père de toi. Je deviens ton cohéritier, puisque tu n’as pas eu honte de m’avoir comme frère. Effaçons donc l’oubli de la vérité, de l’ignorance. Et enlevant les ténèbres qui, comme un brouillard pour les yeux, nous empêchent de voir, contemplons le vrai Dieu… ; car une lumière du ciel a brillé sur nous qui étions plongés dans les ténèbres et prisonniers de l’ombre de la mort, [une lumière] plus pure que le soleil, plus douce que la vie d’ici-bas » (Protreptique, 113, 2-114, 1).

Prenons le temps d’écouter et de méditer ce chant de l’Emmanuel qui nous interpelle  : Ouvre mes yeux Seigneur, fais que je vois, ton amour me conduira … J´ai confiance en toi, Seigneur tu es toute ma joie, Je veux proclamer tes merveilles !

Georgette

Sources : Homélie du Pape Benoît XVI  – Messe pour la conclusion du synode des évêques du 28-10-2012 – Journal Libération du 23-09-2021 – Bernadette Sauvaget.

Illustration : Wikimédia Commons : Le Christ rend la vue à Bartimée de William Blake (1757-1827) – Dessin à la plume et encre – Collection centre d’Art Britannique de Yale, Paul Wellon Collection – Google Art et Culture – Domaine public

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