Le psaume 115 (116) appartient aux  psaumes du Hallel qui étaient chantés pendant ces trois grandes fêtes :  la Pâque, la Pentecôte et la fête des Tentes. Le peuple juif y célébrait à la fois l’œuvre libératrice de Dieu, mais aussi la confession par les croyants de Sa Miséricorde puisque Son désir est de libérer l’Homme de la malédiction du péché. Les fidèles y prenaient également l’engagement d’obéissance.

 

Avec Moïse les gestes cultuels ne sont plus des rites magiques. En effet, ils deviennent la reconnaissance de l’œuvre de Dieu pour l’Homme. Désormais la coupe sacrificielle s’appelle la « coupe du salut ». Elle devient un sacrifice d’action de grâce.

Un appel à méditer le sens de la célébration de l’Eucharistie

En ce jour de la solennité du Corps et du Sang du Christ, ce psaume et la 1ere lecture nous appellent à re(découvrir) le sens de la célébration de l’Eucharistie, et plus particulièrement, le moment où le prêtre reprend les paroles de Jésus lors de son dernier repas de la Pâque  :  « Prenez, et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous » – « Prenez, et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela en mémoire de moi ».

Vivre le mystère de l’ Eucharistie *

En ce jour où nous vénérons le mystère du Corps et du Sang du Christ, redécouvrons-en le sens profond. Dans son très beau livre intitulé « Ceci est mon corps », Sœur Anne Lécu nous donne quelques clés de compréhension.

Elle nous y explique qu’ au moment de la consécration, en cette hostie et en cette coupe, Jésus s’efface. Tout bascule à ce moment là. Puisque nous formons l’ Eglise, corps du Christ, nos vies sont elles aussi prises, bénies, rompues et données pour la multitude. La présence réelle du Seigneur nous dévoile tout ce qui, dans nos existences, est absent et vain. En outre, ce mémorial  nous invite à être présents aux réalités du monde. Il nous convie à ouvrir les yeux  sur la présence des « petits », des oubliés, des exclus. Nous sommes aussi  là pour eux. Certes, nous célébrons l’ Eucharistie pour nous-mêmes mais également pour le monde.

L’ Eucharistie, ” l ‘Assomption de tous les corps ” *

Lorsque l’hostie et la coupe sont élevées comme le fut le Christ sur la Croix, Jésus à cet instant nous attire à lui. Par sa mort et sa résurrection, notre humanité est assumée définitivement. Ce que nous célébrons à cet instant, c’est l’assomption de tous les corps, qu’ils soient beaux ou laids, jeunes ou vieux. C’est aussi vouloir vivre avec l’espoir que l’amour sera vainqueur, qu’il sera plus fort que la mort, de toutes nos morts de quelques natures qu’ elles soient. *

Regarder en face ce que nous sommes *

Dans un grand silence, nous nous inclinons afin de laisser naître en nous le désir de participer, avec le Christ, au salut de tous les êtres et s’engager avec lui à sa suite. C’est l’instant où nous devons, comme lui, prier pour nos ennemis afin qu’ eux aussi soient sauvés. C’est le moment où nous devons regarder en face nos divisions et souhaiter ardemment qu’elles cessent.

Rendre témoignage *

Comprendre le sens de l’Eucharistie doit nous amener, comme le demande St Jean, à témoigner : « Ce que nous avons entendu… nous vous l’annonçons… Oui la vie s’est manifestée, nous l’avons vue et nous en rendons témoignages … nous vous l’annonçons à vous aussi… » ( 1 Jn 1, 1-2). Par notre intermédiaire l’ Evangile doit rendre la vie aux « morts » et porter la vie des épuisés.

Appelés à être serviteurs

Avant d’instituer l’Eucharistie, le Christ s’étant fait serviteur demandait à ses disciples de faire de même : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (Jn 15, 15).

Pour conclure

Par la célébration de l’Eucharistie, nous sommes appelés à devenir ce que nous recevons au moment de la communion : Le corps vivant du Christ pour le salut de monde. En ce dimanche où nous vénérons le Saint Sacrement, faisons monter vers Dieu notre action de grâce et demandons lui la force d’être pleinement Corps et Sang de son fils Jésus.

Georgette

Sources : Marie-Noëlle Thabut – * Sœur Anne Lécu – Ceci est mon corps – Les éditions du Cerf

Illustration : PxHere – CCO Domaine Public

 

 

 

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