Dans la seconde lecture de ce  4eme dimanche de Pâques, le terme enfants de Dieu revient deux fois. Il faut donc y voir  une invitation  à  réfléchir et méditer sur le sens qu’il faut lui donner. St Jean, pour  exprimer clairement cette filiation divine préfère utiliser le mot « enfants » plutôt que celui de « fils ». Néanmoins, ces deux expressions sont très présentes dans la Bible.

C’est quoi être des enfants de Dieu ?

Cette « paternité divine » s’ancre dans le récit de la genèse : [« Dieu créa l’homme à son image (Gn 1, 27]. Le second chapitre, quant à lui, indique clairement que l’Homme n’est pas uniquement le fruit d’une parole créatrice. Il nous indique également qu’il a reçu un « souffle de vie » qui fera de lui  une créature unique au sein de toute la création : « Le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol : Il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devient un être vivant » ( Gn 2, 7). Il faut y voir  l’indication qu’il est beaucoup plus qu’une substance physique. Le souffle divin qui l’anime n’est pas que cette respiration commune à tous les êtres vivants. En réalité, Dieu le dote d’un esprit créateur, conscient, rationnel  qui lui donne la capacité de nommer et de distinguer. En conséquence, ce souffle divin appelle l’Homme à ressembler au Créateur. Grâce à cette capacité de parler, de nommer et de reconnaître l’autre dans sa différence, Il donne à  l’Homme la possibilité de  participer, de devenir co-créateur d’un monde en gestation et à vivre une vie fraternelle au sein de celui-ci.

La paternité de Dieu dans l’ Ancien Testament.

Au yeux des Juifs, Dieu  est le Père du peuple élu, mis à part  : « Mon fils premier-né, c’est Israël » (Ex 4, 23) – « Il l’entoure, il l’élève … Tel un aigle qui éveille sa nichée et plane au-dessus de ses petits… il le prend, il le porte sur ses ailes » (Dt 32, 10-11)  « … Je le guidais avec humanité,par des liens d’amour; Je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue » (Os 11, 3-4). La notion d’une consécration est très présente  : « … Tu es un peuple consacré au Seigneur ton Dieu, c’est toi que le Seigneur a choisi pour être son peuple … » (Dt 14, 2). Cette idée est reprise par Moïse : « …N’est-ce pas lui, ton père, qui t’a créé, lui qui t’a fait et affermi ? » (Dt 32, 6). Encore faut-il préciser que la pensée des liens qui unissent Dieu à toute l’humanité apparaît dans le psaume 33 : «  Le Seigneur regarde les justes, il écoute attentif à leurs cris…Il est proche du cœur brisé, il sauve l’esprit abattu … Le Seigneur rachètera ses serviteurs… » (Ps 33, 16-23).

Sa conception dans le Nouveau Testament

Dans les écrits du Nouveau Testament, la Parole se fait  « chair ». Le Christ y révèle que Dieu n’est pas que le «Tout-Puissant », le « Très-Haut », le Dieu d’un seul peuple. En réalité, ll est tout autre. Lorsqu’ Il s’adresse à Lui, le nom qui lui vient aux lèvres est celui de Père : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange … Tout m’a été remis par mon Père… » (Mt 11, 25 et 27) – « Quand vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne » – « Combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Lc 11, 2 et 13) et, sur la croix, juste avant de mourir, sa dernière phrase sera : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit » (Lc 23, 46). Cette figure d’un père aimant traverse les évangiles et la notion d’un Dieu qui attend avec patience le cri de repentance de son enfant afin de lui ouvrir les portes de son cœur trouve toute sa dimension dans l’évangile du fils perdu et retrouvé (Lc 15, 11-32).

Une paternité d’ordre spirituel

Dans l’ évangile de Jean, cette filiation touche à l’absolu : « Comme Le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même » (Jn 5, 26) – « Je suis dans le Père et le Père est en moi ! Les paroles qui je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres » (Jn  14, 10) – « … Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir…vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous … Ce jour là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous » (Jn 14, 16-17 et 20).  Elle est immatérielle, de l’ordre du sacré.

Voir Dieu tel qu’il est

Pour que Dieu demeure  en nous, nous devons re-naître. Cette re naissance, n’est pas la conséquence de l’eau baptismale puisque celle-ci  n’est qu’un symbole, le signe d’une décision personnelle d’être unis au Père à la façon du Christ. En réalité, elle concerne cette nouvelle vie qui nait en nous par l’adhésion à la Parole de Dieu. Comme le précise St Jean :  « … celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; elle deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle (Jn 4, 14). Vouloir naître de Dieu  par l’Esprit Saint, c’est par conséquent s’abreuver aux paroles du Christ. C’est  vouloir, de toutes nos forces, régénérer en nous ce qui a été mis à mort à cause de la faute commise en Éden, c’est laisser mourir en nous le vieil Adam, l ‘Homme Ancien, afin de répondre de façon concrète à l’appel de Dieu qui nous demande de révéler à tous ceux qui ne le savent pas encore qu’Il est le Dieu de tous et qu ‘Il appelle l’humanité à se laisser transformer à son image.

Pour conclure

Pour terminer cette méditation, écoutons  ce chant qui est un appel vers le Père : « Seigneur fais-moi renaître d’en haut, que je contemple ton royaume … Seigneur fais-moi naître de l’eau et de l’Esprit et que j’entre dans ton royaume, que je contemple ta beauté ».

 

Georgette

Sources :  Bible en ligne – Marie-Noëlle Thabut et d’Adam à Abraham ou les errances de l’humain d’André Wénin.

Illustration : D’un même coeur – Dessin aumônerie de 6eme.

Chant : Fais-moi renaître de: Marie-Liesse Bigot – Zélie Baud – Jérémy Matthieu – Album Ciel ouvert (Béatitudes Musique)

 

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