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In Albis !

Selon une antique tradition, le dimanche d’aujourd’hui prend le nom de dimanche “in Albis” (en blanc). En ce jour, les néophytes de la veillée pascale revêtaient une fois de plus leur habit blanc, symbole de la lumière que le Seigneur leur avait donnée dans le Baptême. Par la suite, ils devaient déposer leur habit blanc, mais devaient introduire la nouvelle luminosité qui leur avait été conférée dans leur vie quotidienne; ils devaient préserver avec soin la flamme délicate de la vérité et du bien que le Seigneur avait allumée en eux, pour apporter ainsi dans notre monde un peu de la lumière et de la bonté de Dieu.
Le 30 avril 2000, Bienheureux Jean-Paul II décida, le jour de la canonisation de Faustine Kowalska (sainte Faustine), de célébrer le dimanche de la divine miséricorde le dimanche de l’octave de la fête de Pâques, conformément au souhait de la religieuse. Ce jour-là, quiconque confesse ses péchés et reçoit la communion est pardonné de tous ses péchés.
Karol Józef Wojtyła (notez son second prénom Joseph ☺) qui avait connu dans sa jeunesse deux systèmes totalitaires et dictatoriaux pensait que « Seule la miséricorde peut mettre fin à la cruauté, au mal et à la violence ». Comme toujours, c’est par le haut que l’on peut sortir de façon pérenne d’une crise. Déjà en 1965, les évêques polonais (dont Wojtyła) pendant le concile Vatican II, avaient demandé pardon aux Allemands. Le geste n’avait pas été simple au sein de l’épiscopat polonais, mais préfigurerait déjà la démarche extraordinaire de l’an 2000, lancée par le Pape Jean-Paul II, où l’église a demandé pardon à l’orée du nouveau millénaire. Dans une très belle homélie, dont il a le secret, Père Alexandre, le vendredi saint, en méditant sur les paroles du Christ, nous a fait réfléchir sur la miséricorde. La première était « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » faisant le lien avec le Notre Père que nous disons chaque jour « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Le pardon signifie que nous osons regarder en face ce que nous avons fait. Nous osons nous souvenir de nos vies, avec leurs échecs et leurs défaites, avec nos actes de cruauté et nos manques d’amour.
Dans ces temps difficiles, où nous avons perdu des êtres chers sans avoir pu écouter leurs dernières paroles, souvenons-nous de Mathieu 5,22-24 et du conseil du Christ « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande ».
Jean-Claude FÉRIEN

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