Œuvre de la classe de CP B d’après L’enfant et l’étoile de Catulle Mendès, mars 2021.

 

L’enfant et l’étoile

Dans un seau d’eau noir et très clair
Un enfant voyait une étoile
Qui, toute petite, avait l’air
D’un beau diamant sous un voile.

 

« Ah ! cria l’enfant, je la veux ! »
Et, dans la jupe maternelle,
Tout en pleurs, il prit aux cheveux
Et cassa son polichinelle.

 

Victor Hugo passait, très doux.
Il considéra le désastre
Et dit : « Pourquoi refusez-vous
À ce petit garçon cet astre ?

 

La mère dit : « Je ne peux pas
Comme les fleurs de ma fenêtre,
Cueillir Mars ou Vénus, là-bas…
— Attendez un peu », dit le Maître.

 

Il alla trouver le bon Dieu
Qui pour tente a la belle toile
De l’immense firmament bleu,
Et lui dit : « Donnez-moi l’étoile.

 

— Je ne peux pas, dit le bon Dieu ;
Cela me créerait des affaires :
Chaque astre est une note en feu
Dans le concert parfait des sphères ! »

 

Victor Hugo, musicien
Sans passion, dit : « Père unique,
On ne s’apercevra de rien
Dans l’immense boîte à musique.

 

Et c’est pour un petit enfant !
— Me la rendra-t-il ? — Certes ! — Intacte ?
— J’en réponds. » Le Maître, au levant,
Cueillit l’étoile après ce pacte,

 

Et vers l’enfant pressant le pas
À travers les divins espaces,
« Tiens ! » lui dit-il, et puis, tout bas :
« Dis que c’est moi, — si tu la casses ! »

Catulle MENDÈS

X