La liturgie du jour des Rameaux commémore les deux événement au cœur du mystère pascal. Elle commence par l’évangile des Rameaux proclamé avant le procession d’entrée dans l’église. Le chant des moines de Keur Moussa nous le fait comprendre : la foule acclame le roi d’Israël, le fils de David, le messie attendu.

 

1 – Premier événement : L’ entrée du Christ à Jérusalem

Jésus n’entre pas à Jérusalem sur un cheval (ce qui signifiait alors que le roi était prêt à la guerre) mais porté par un petit âne. Pourquoi ce choix ? Parce qu’il tient à accomplir la prophétie de Zacharie : « Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un âne, un ânon, le petit d’une ânesse. Ce roi fera disparaître d’ Éphraïm les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat ; il brisera l’arc de guerre, et il proclamera la paix aux nations… » (Za 9, 10). Par conséquent, son entrée ne peut passer inaperçue des Juifs qui connaissent l’importance symbolique de cet animal.

 

Hosanna, Hosanna

Ce mot, repris par la foule au passage de Jésus vient de l’hébreu et signifie : « Sauve, nous te le demandons ». En scandant également : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux », le peuple reprend les paroles du psaume 117 (118) qui était chanté pendant les pèlerinages des grandes fêtes (Pâque, Pentecôte et Fête des tentes).

Le Messie attendu

Ce mot vient de l’hébreu Mashiah signifiant « oint » avec l’huile de l’onction était d’abord associé aux prêtres puis, pendant la période royale, désignait le roi investi d’une consécration divine. Peu à peu, suite aux infidélités répétées des rois d’Israël et de Juda, les prophètes réorientèrent l’espérance d’Israël. Le messie deviendra alors le Roi idéal qui mettra un terme à la domination extérieure et fera advenir des temps nouveaux de justice et de paix.

 

2- Deuxième événement : La passion du Christ.

Cette entrée triomphale dans Jérusalem va conduire Jésus vers  cette mort annoncée par Isaïe : « … je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats » (Is 50, 5-6) et par le psalmiste : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? … Mon Dieu, j’appelle tout le jour, et tu ne réponds pas ; même la nuit, je n’ai pas de repos » (Ps 21,  2-3).

 

L’ entrée à Jérusalem condamne le Christ

Les grands prêtres et les pharisiens avaient accumulés de nombreux griefs contre Jésus. N’ avait-il pas « mangé avec les publicains et les pécheurs » mais également pactisé avec un centurion romain et fréquenté une cananéenne alors qu’il n’ était « envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël » (Mt 15, 24). Pire encore, alors qu’il était dit que : « l’aveugle et le boiteux n’entreront point dans la maison » (2 Sa 5, 8) (ils symbolisaient les hommes pécheurs ou évoquaient une imperfection morale et spirituelle) ne les avait-il pas laissé s’approcher et lui dans le Temple et ne les avait-il pas guéris (Ces guérisons marquent l’entrée dans le sanctuaire des rejetés et des exclus qui ont à nouveau un accès direct à Dieu). Depuis la résurrection de Lazare (Jn 11), ils avaient décidé de le mettre à mort : « À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer » (Jn 11, 53).

 

Le roi serviteur

Jésus est entré à Jérusalem salué par le peuple selon la coutume de l’époque. En tant que roi, il monte à son palais. Or celui-ci n’est pas temporel, il s’agit de celui spirituel du Temple car son Royaume concerne la spiritualité. Il vient en humble serviteur, non pas pour dominer par la force mais avec amour et miséricorde. Il ne veut pas conquérir les nations, mais les cœurs et les esprits. Mais, les  gens du peuple de Jérusalem ne comprennent pas qu’Il vient les sauver de la mort du péché. Ils voient en Lui un libérateur séculier, celui qui les dirigerait pour fomenter une révolte contre Rome. Quand Il ne s’est pas avéré comme tel, la foule a crié « Crucifie-le ! ».

 

Conclusion

Jésus savait que sa venue à Jérusalem serait sa condamnation mais il ne s’est pas dérobé. Aujourd’hui, nous entrons dans la semaine sainte. Jeudi nous ferons mémoire de l’institution de l’eucharistie et du sacerdoce. Vendredi  nous suivrons Jésus jusqu’au pied de la croix. Puis au cours de la veillée pascale nous célébrerons la victoire de la Vie sur la mort.

Au cours de cette grande semaine, nous vous invitons à écouter des chants et à méditer les quelques textes mis sur notre site. mais également à offrir au Christ  notre monde qui souffre de la pandémie, de la montée de la violence et des inégalités? Demandons Lui également de nous laisser toucher par Sa grâce et de devenir de vrais témoins de Sa miséricorde.

Georgette
Sources : De Sauto Martine – La Croix du 1-02-2014 – Méditation du père Michel Ntangu (Jésuite) du 19-03-2016 – Prixm du 11-12-2020
 Illustration : Berna Lopez (2020) Site Evangile et peinture (libre de droit).

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