Le 4e dimanche de carême, appelé dimanche de Laetare, marque une pause en ce temps “de pénitence”. Il nous prépare à  la joie de Pâques. En effet, ce mot traduit l’impératif présent de laetaro et signifie ” se réjouir “. Les ornements roses (couleur de l’aurore) remplacent les violets. Le psaume 136 (137), que nous vous invitons à écouter et à méditer  est chanté chaque année B.

 

 

Le souvenir de la période de déportation

De tous les psaumes, c’est le seul évoquant l’exil du peuple Hébreu à Babylone  après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor. Selon la tradition rabbinique, il aurait été écrit par le prophète Jérémie qui en parle au passé. Le peuple est donc de retour à Jérusalem et,  chaque année, il célèbre, à la date anniversaire de la déportation, une journée de deuil et de pénitence. Dans le temple reconstruit les Hébreux se souviennent de l’exode.

 

Les versets 1 à 4

Les quatre premiers versets  présentent les conditions de l’exil à Babylone. La vie y est rude et les déportés ont perdu le goût du chant et de la danse. Assis, sur les bords des fleuves, ils se souviennent avec tristesse et nostalgie de leur terre natale et de la Ville Sainte de Jérusalem. Dans cette terre étrangère, au mal du pays s’ajoute également l’humiliation car les vainqueurs exigent d’eux les chansons, les airs joyeux  qui accompagnaient chaque pèlerinage vers le Temple de Jérusalem. Les chanter devant des païens serait donc un parjure car la mère patrie est avant tout une terre choisie par Dieu.

 

Les versets 5 et 6

Les versets 5 et 6, quant à eux, nous invitent à découvrir que le cœur des déportés appartient pour toujours à Jérusalem. Pour eux, oublier la Ville Sainte signifierait  abandonner l’idée de la rebâtir et de chanter à nouveau, dans le Temple reconstruit, les louanges adressées à Dieu. Cette idée est pour eux si intolérable qu’ils préfèreraient la mutilation.

Depuis le concile Vatican II, les derniers versets (7-9) en raison de leur cruauté  difficilement compatible avec le message évangélique puisqu’ils appellent sur Babylone, non seulement la loi du talion mais plus encore, la mort atroce de ses enfants. Toutefois, ils nous invitent à comprendre que le Mal, sous toutes ses formes, ne doit pas avoir d’avenir durable.

Pour conclure

Dans notre monde où certains tournent la religion en dérision,  ce psaume  nous invite à croire que, si le cœur reste attaché au Seigneur, Dieu dans sa miséricorde,  entendra nos appels. En décembre 2005, le pape Benoit XVI invitait les croyants à prier pour que se  réveille chez tous : ” ce désir, cette ouverture vers Dieu, mais aussi pour que tous ceux qui ne le connaissent pas soient touchés par son amour afin que  le monde soit définitivement en pèlerinage vers la cité de Dieu “.

 

 

Georgette
Sources : Marie-Noêlle Thabut et Spiritualité 2000
Illustration : Wikimédia Commons – Tableau de Eduard Bendemann (1811-1889) Les Juifs en Deuil en exil – Lübecker Museen, Lübeck (Allemagne) – Domaine Public
Psaume 136 chanté par la chorale Hilarium

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