Homélie du jeudi 12 novembre 2020

Publié le

Jeudi, 32ème semaine du Temps Ordinaire — Année Paire

 

Homélie du Père Jean Delvolvé : Les fruits de la communion

Alors que les messes ne sont momentanément pas célébrées en publique, en ce jour du jeudi, jour de l’institution de l’Eucharistie, j’aimerai méditer avec vous sur les fruits de la communion Eucharistique.
Le catéchisme de l’Église catholique en voit quatre :
  1. L’accroissement de l’union au Christ,
  2. L’accroissement de la vie de la grâce,
  3. Le remède dans la lutte contre le péché,
  4. L’accroissement de l’union à l’Église.

1. L’accroissement de l’union au Christ

Le Seigneur dit dans l’Évangile selon saint Jean : “Qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui” (Jn 6, 56). Ou encore : “De même qu’envoyé par le Père, qui est vivant, moi, je vis par le Père, de même, celui qui me mange, vivra, lui aussi, par moi” (Jn 6, 57)
Quand nous communions, nous recevons réellement le Seigneur en nous, avec son corps son âme et sa divinité, dans son acte de donation. Nous recevons Jésus qui se donne totalement par amour pour nous pour que nous configurer à lui.
Ce n’est pas un hasard que tous les saints canonisés, sont autant de portraits du Christ. Ils ont mis l’Eucharistie au cœur de leur vie, et au cœur de chaque journée.
Le Bienheureux Carlo Acutis par exemple disait que l’Eucharistie était son autoroute vers le ciel, il communiait tous les jours depuis sa première communion à l’âge de 7 ans jusqu’à sa mort à l’âge de 15 ans.
Les témoins disaient qu’il était comme transfiguré à chaque fois qu’il communait. Il recevait le Seigneur avec tout l’amour de son cœur.

2. L’accroissement de la vie de la grâce

De même que nous avons reçu une vie naturelle, une vie du corps qu’il faut nourrir par des repas, par de la nourriture terrestre, de même notre vie surnaturelle, la vie de la grâce que nous avons reçue le jour de notre baptême a besoin d’être nourrie du Christ. C’est la raison pour laquelle le Christ se donne lui-même en nourriture dans l’Eucharistie, nourriture de l’âme.
Contrairement aux aliments ordinaires que nous transformons en nous-mêmes, en énergie, pour l’Eucharistie c’est le contraire qui se passe. C’est le Christ qui nous transforme en lui, qui vient nous nourrir totalement de notre faim et notre soif d’aimer et d’être aimé.
Sainte Élisabeth de la Trinité n’a pas pu manger une seule bouchée du repas que sa maman lui avait préparé lors de sa première communion. Pourquoi ? Car elle était totalement rassasiée et comblée de l’amour de Dieu en elle. Elle s’était préparée avec tellement de foi et d’amour que son âme mais aussi son corps étaient comblés !

3. Le remède dans la lutte contre le péché

Quand nous communions, nous communions au corps et au sang du Christ, versés pour la rémission des péchés.
L’un des effets de l’Eucharistie est de nous fortifier dans notre combat spirituel, de nous aider dans notre lutte contre le péché.
Le péché est une rupture avec l’amour de Dieu. Plus nous sommes unis avec lui dans l’Eucharistie, plus nous sommes sensibles aux blessures d’amour envers Dieu dans notre âme que sont les péchés.
C’est la raison pour laquelle l’Eglise encourage la communion fréquente, pour nous aider aussi dans notre combat spirituel contre le péché. Si nous avons des combats fort, communions ! En se confessant auparavant si nous avons blessé l’amour de Dieu par un péché grave.

4. L’accroissement de l’union à l’Eglise.

“Puisqu’il n’y a qu’un pain, à nous tous nous ne formons qu’un corps, car tous nous avons part à ce pain unique ” (1Co 10, 16-17) nous dit saint Paul.
L’Eucharistie fait l’Église. Quand nous communions, nous recevoons tous le Christ en nous, et le Christ en nous forme son corps qui est l’Eglise.
C’est pourquoi on peut parler d’une véritable blessure eucharistique pour l’Église par l’ absence de célébrations communautaires de l’Eucharistie ces derniers mois, que les messes télévisées ou la méditation de la parole de Dieu chez soi n’ont pas pu compenser.
A ces quatre fruits de la communion, nous pourrions en ajouter un cinquième, l’engagement de l’Eucharistie envers les pauvres.
C’est ce que ce que disait mère Teresa qui alliait bien la communion eucharistique au service des pauvres dans chacune de ses journées. Elle avait besoin de se nourrir quotidiennement de l’Eucharistie en passant de longues heures d’adoration avant de trouver le Christ dans chacuns des pauvres qu’elle visitait au cours de ses journées chargées.
Par son intercession, par l’intercession de tous les saints, demandons la grâce de bien vite retrouver les célébrations de l’Eucharistie dans les églises, où le Christ a soif de se donner à chacun d’entre nous pour fairede nous son corps.

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