Réunis à Rome par le pape François sous l’égide de la communauté de Sant’Egidio, plusieurs responsables religieux, ont lancé hier un vibrant appel à la paix. « La guerre est une défaite de la politique et de l’humanité », ont-ils martelé. Parmi eux figuraient le patriarche œcuménique Bartholomée 1er, le grand rabbin de France Haïm Korsia et le secrétaire général du Comité supérieur de la fraternité humaine Mohammed Abdelsalam Abdellatif. Ils ont interpellé les gouvernants, « afin qu’ils refusent le langage de la division encouragée souvent par des sentiments de peur et de manque de confiance ». Reprenant l’appel à la paix universelle lancé par Paul VI, en octobre 1965, devant l’ONU, le pape François s’est adressé aux dirigeants du monde en ces termes : « Mettre fin à la guerre est un devoir urgent de tous les responsables politiques devant Dieu ». Haïm Korsia a déclaré : « Notre fraternité a besoin de s’exercer dans la rencontre, dans le débat, parfois même dans la vive discussion, mais toujours dans l’espérance de trouver l’autre, pour se trouver soi-même ». Puis il a appelé à la reconstruction de la fraternité « le plus beau des temples ». Mohammed Abdelsalam Abdellatif a lu un texte du grand imam d’Al-Azhar dans lequel celui-ci affirmait que le « meurtre est un crime qui ne peut en aucun cas être justifié », et qui appelait à : « promulguer une législation mondiale incriminant la diffamation des religions et de leurs symboles sacrés ».

À l’issue de la rencontre, un appel à la paix a été lu et a été remis par des enfants aux ambassadeurs et aux représentants politiques des diverses nations du monde. Nous vous en livrons un passage : « A tous les croyants, aux femmes et aux hommes de bonne volonté, nous disons : avec créativité, faisons-nous artisans de paix, construisons l’amitié sociale, faisons nôtre la culture du dialogue. Le dialogue loyal, persévérant et courageux est l’antidote au manque de confiance, aux divisions et à la violence. Le dialogue dénoue, à la racine, les raisons de la guerre qui détruisent le projet de fraternité inscrit dans la vocation de la famille humaine. Personne ne peut se sentir exclus. Nous sommes tous coresponsables. Nous avons tous besoin de pardonner et d’être pardonnés. Les injustices du monde et de l’histoire se soignent non pas par la haine et la vengeance, mais par le dialogue et le pardon. Que Dieu inspire en nous tous ces idéaux et ce chemin que nous faisons ensemble, en façonnant le cœur de chacun et en nous faisant messagers de paix ».

 

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Sources : Loup Besmond de Senneville – La Croix – modifié le 20-10-2020 à 20 H 12 et Vatican News
Illustration : Pxhere – CCO Domaine Public

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