L’apôtre Paul a écrit cette première lettre aux Thessaloniciens après le retour de Thimothée qui vient de visiter Thessalonique, ville la plus peuplée de la Macédoine (nord de la Grèce actuelle). Comme à Éphèse et Corinthe, le commerce maritime y était intense. Bien placées pour assurer la diffusion rapide de l’évangile, ces trois villes avaient bénéficié du ministère de Paul.

 

Dans cette épître, Paul associe Silvain et Thimothée qui, avec lui, avaient participé à la création de la communauté Thessalonicienne. C’est donc aussi en leur nom qu’il s’adresse à elle. Il la considère comme une nouvelle famille de Dieu puisque les Thessaloniciens reconnaissent l’autorité de Jésus-Christ comme Seigneur. Au moment même où ils traversaient des moments difficiles, ce rappel de la relation intime découverte et entretenue avec Dieu le Père et avec le Christ devait les encourager à les surmonter.

Le cœur de Paul est débordant de reconnaissance car durant son court passage à Thessalonique, il avait constaté que ses habitants osaient exprimer leur foi en Dieu et surtout qu’ils la mettaient en pratique en plaçant l’amour et l’espérance au cœur de celle-ci : « nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus-Christ, en présence de Dieu notre Père » (1 Th 3).

Dans le texte lu en ce 29eme dimanche du temps ordinaire, Paul ne parle pas seulement de cette foi profonde mais de ce qu’elle a produit. Comme le souligne Saint Jacques : « … le corps privé de souffle est mort, de même la foi sans les œuvres est morte » (Jc 2, 26) ». C’est éclairée par l’Esprit Saint que celle-ci doit faire mûrir le « fruit » le plus précieux aux yeux de Dieu, celui de la miséricorde ! Ce que le croyant accomplit pour le Seigneur en montre la réalité puisqu’il s’efforce de vivre sa vie en tenant compte de ce que le Verbe déclare dans sa Parole et qu’il sait que ce qu’il entreprend a été préparé par Lui : « … C’est Dieu qui nous a faits, il nous a créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions » (Ep 2, 10).

Nous le savons, les Thessaloniciens traversaient une période difficile. La réception de l’évangile avait entraîné des persécutions. Elles s’étaient poursuivies après le départ de Paul. Cependant, ils gardaient une espérance vivante qui produisait en eux patience et persévérance. Leurs regards restaient fixés vers un avenir meilleur grâce à la personne du Christ leur « espérance ». C’est par ce mot que Paul commençait sa lettre à Thimothée : « Paul, apôtre du Christ Jésus par ordre de Dieu notre Sauveur, et du Christ Jésus notre espérance » (1 Tim 1, 1).
Dans son homélie de la veillée pascale du 11 avril dernier, le pape François déclarait : [« Confiance : c’est une parole qui dans l’Évangile sort toujours de la bouche de Jésus… Il suffit de soulever un peu cette pierre mise à l’entrée de ton cœur pour laisser entrer la lumière de Jésus. Il suffit de l’inviter « Viens dans mes peurs et dis-moi : Confiance » … Voilà l’annonce pascale, une annonce d’espérance. Elle contient une deuxième partie, l’envoi. « Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée » (Mt 28, 10), dit Jésus. « Il vous précède en Galilée » (v. 7), dit l’ange. Le Seigneur nous précède, il nous précède toujours. Il est beau de savoir qu’il marche devant nous, qu’il a visité notre vie et notre mort pour nous précéder en Galilée, c’est-à-dire dans le lieu qui, pour lui et pour ses disciples, rappelait la vie quotidienne, la famille, le travail. Jésus désire que nous portions l’espérance là, dans la vie de chaque jour… Mais la Galilée était le lieu le plus distant de la sacralité de la Ville sainte. C’était une région peuplée de gens divers qui pratiquaient des cultes variés : c’était la « Galilée des nations » (Mt 4, 15). Jésus envoie là, il demande de repartir de là. Qu’est-ce que cela nous dit ? Que l’annonce de l’espérance ne doit pas être confinée dans nos enceintes sacrées, mais doit être portée à tous. Parce que tous ont besoin d’être encouragés et, si nous ne le faisons pas, nous qui avons touché de la main « le Verbe de vie » (1 Jn 1, 1), qui le fera ? Qu’il est beau d’être des chrétiens qui consolent, qui portent les poids des autres, qui encouragent : annonciateurs de vie en temps de mort en chaque Galilée, en chaque région de cette humanité à laquelle nous appartenons et qui nous appartient ! »].
Dans son message de carême 2015, il appelait à ce que toutes les communautés deviennent « des îles de miséricorde au milieu de la mer de l’indifférence ». À l’exemple des Thessaloniciens, alors que l’avenir semble sombre, nous devons prier l’Esprit Saint afin que nous ne nous refermions pas sur nous-mêmes. Ne l’oublions pas, comme nous y invite la journée mondiale du refus de la misère, nous devons inlassablement travailler pour que tombent les murs de l’indifférence, de la peur. C’est ce que nous dit le chant « voir s’ouvrir la mer » que nous vous invitons à écouter. Notre foi nous appelle à proclamer le pardon et la guérison des âmes, à faire fleurir les déserts de nos vies, à témoigner de notre espoir de voir s’ouvrir les « mers » de l’égoïsme, du repli sur soi afin que tous puissent vivre sur la terre, la Gloire du Père !

 

Georgette
Source pour la méditation : Bible-notes.org

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