Le psaume de ce 26e dimanche du temps ordinaire nous enseigne que la tendresse de Dieu est de toujours. Il nous dit à quel point son enseignement nous sauve de cette « mort » engendrée par le vide existentiel. Les parcours d’artistes tels que le peintre Joël Cunin dont les tableaux ont été exposés dans l’Église St Joseph au printemps dernier et celui du chanteur Manu Richerd nous invite à méditer ces paroles : « Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi … Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse, dans ton amour ne m’oublie pas » (Ps 24, 4-5). Rappelons-nous que le Seigneur dit à chacun : Ne crains rien !

 

Dans la famille de Joël Cunin, nous l’avions vu dans l’article rédigé à l’occasion de son exposition, l’Évangile se vivait au quotidien : dans l’accueil, la contemplation de la nature… Jeune adulte, ses addictions, au risque de se perdre à jamais, l’avaient détourné de la foi. C’est sa rencontre déterminante avec un artiste peintre flamand qui l’aidera à renouer avec le Dieu de son enfance et à trouver sa voie : peindre ! Il met alors son art au service de la Création universelle. Saint François d’Assise est la figure spirituelle dans laquelle il se retrouve car dit-il, le passage d’une jeunesse trouble à la vocation d’apôtre du Christ révèle la beauté de la miséricorde et la grâce de Dieu.

Le chanteur Chrétien Manu Richerd a suivi lui aussi un parcours chaotique. Ce fut aussi le cas de son père, à qui il rend hommage dans sa chanson « voyageur ». Il avait longtemps cherché à apaiser son intense soif de vie avec le judo, les arts martiaux, certaines philosophies orientales, la voile, la nature, la mer, la plongée… Mais, plus cette recherche d’en trouver le sens grandissait, plus elle lui apparaissait incompréhensible, presque insupportable… Et il y a eu cette invitation à découvrir la Bible, parole choisie par Dieu pour parler à l’Homme, pour lui faire découvrir la teneur de nos existences qui se résume à « paix et d’amour » et pour laquelle nous sommes créés. Il a alors réalisé que, pour Le servir humblement, il fallait mettre en pratique le grand commandement donné par le Christ : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée… Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». (Mt 22, 37 et 39), et il a pris la route avec sa famille, sa caravane et sa Bible pour se faire instituteur/pasteur des enfants de la communauté manouche.

Manu a passé 15 années de sa vie avec les tziganes. C’est au contact quasi-permanent d’un violoniste, d’un contrebassiste, d’un guitariste que sa culture musicale s’est formée. Certains pasteurs de cette communauté semèrent en lui des paroles bibliques qui ne germèrent que bien plus tard.  Il a tenté de faire son chemin en tant qu’auteur, compositeur et interprète. Sa route a croisé notamment celle de Francis Cabrel, Kent, Philippe Forcioli. Mais ses chansons noires et réalistes ne faisaient que décrire l’immense vide de son existence. C’est ce qu’il dit dans ce témoignage : « J’ai passé de nombreuses années très loin de Dieu, en essayant de construire une carrière dans la chanson, à la recherche d’une gloire et d’une reconnaissance tellement futiles, inutiles et éphémères… Je pensais être très loin de Dieu, pourtant, en regardant en arrière, je me rends compte qu’Il était là, à chaque moment de ma vie. C’est là l’illustration de cet amour parfait de Dieu …. Dieu nous aime de manière inconditionnelle et je me rends compte que cet amour parfait et permanent m’a accompagné, gardé sur mes chemins loin de lui, pour finalement me ramener à la Maison ».

Sa chanson « Ne Crains Rien » a été composée alors qu’il traversait un temps d’épreuve si intense qu’il se demandait : où est Dieu ? que fait-il pour m’aider ? … Face à cette impression d’insupportable vide, il s’est assis et a pris sa Bible. Son attention s’est portée sur deux passages du livre d’Esaïe : « Ne crains rien, je suis avec toi » (Esaïe 41.10) et « J’ai ton nom gravé sur les paumes de mes mains » (Esaïe 49.16). Ces textes ont agi comme un déclic et il a aussitôt écrit la chanson « Ne crains rien ». ​ Aujourd’hui, il continue à composer, mais cette fois, c’est Dieu qui est l’inspirateur de ses chansons. Elles nous parlent du pardon, de la découverte ou du retour vers le Christ et nous convient à colorer le monde. Nous vous les ferons découvrir !

Merci à lui qui, en cette période difficile et sombre, nous invite à croire, à espérer et à aimer. Les paroles de ses chants nous affirment qu’il faut encore et toujours croire qu’une lumière s’allume dans nos nuits les plus sombres, croire qu’il est toujours possible de « se relever ». Sœur Anne Lécu, dans son commentaire du Notre Père nous dit en parlant de Jésus : « Chaque génération doit à son tour apprendre de Lui à recevoir ce règne et à y travailler. Il n’est jamais trop tard, et tous, qui que nous soyons, pouvons être ses mains et sa voix pour que la douceur règne aujourd’hui dans nos rencontres ».

Georgette 
Source : Site Internet de Manu Richerd

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