La 1re lecture, de ce 17e dimanche du temps ordinaire, est extraite du livre des Rois. Les chapitres 2 à 11 du premier livre nous racontent le règne du Roi Salomon qui commence sous le signe de la sagesse que le jeune roi a demandé à Dieu.

 

 

Le texte nous rapporte la première grande cérémonie de son règne, juste après son couronnement. Salomon s’est rendu en pèlerinage au sanctuaire de Gabaon, à quelques kilomètres de Jérusalem, pour y offrir un sacrifice. C’est là que, à la suite d’un songe où Dieu lui dit : « Demande ce que je dois te donner », il prononce cette prière qui est restée dans la mémoire d’Israël : « Donne-moi la Sagesse, assise auprès de Toi ; ne me retranche pas du nombre de Tes enfants… Des cieux très saints, daigne l’envoyer, fais-la descendre du trône de ta Gloire. Qu’elle travaille à mes côtés et m’apprenne ce qui Te plaît. Car elle sait tout, comprend tout, guidera mes actes avec prudence, me gardera par sa gloire… ».

La Sagesse proverbiale de Salomon ne lui était pas venue tout de suite. Son accession au trône s’était faite au prix de luttes fratricides, d’intrigues politiques et d’assassinats. Celui qui montait sur le trône n’était pas un saint ! Mais il s’était rapidement rendu compte combien il était difficile de régner et que le bien le plus précieux qu’il pouvait posséder était la Sagesse. Qu’est-elle exactement ?
La Sagesse, hokmah en hébreu, sofia en grec est un attribut de Dieu, une qualité spirituelle qu’Il peut accorder aux croyants. Ce premier des sept dons de l’Esprit-Saint permet de discerner le bien du mal. Est sage celui ou celle qui est avisé(e), réfléchi(e), modéré(e), prudent(e), raisonnable. Le pape François, dans une catéchèse sur les dons de l’Esprit Saint, en a donné cette belle définition : « Elle est la grâce de pouvoir voir chaque chose (le monde, les situations, les conjonctures, les problèmes …) avec les yeux de Dieu. La Sagesse est ce que le Saint-Esprit accomplit en nous » … Le Saint-Esprit rend le chrétien « sage » non pas dans le sens où il est capable de donner une réponse pour chaque chose, qu’il sait tout, mais dans celui qu’il comprend ce que Dieu désire et comment Il agit. Il « sait », quand une chose est de Dieu, vient de Dieu ou quand elle n’est pas de Lui ; il possède cette sagesse qu’Il donne à nos cœurs quand nous l’en implorons ».

Si, Dieu dans un songe, nous demandait comme à Salomon : « Que veux-tu que je fasse pour toi, que puis-je te donner » qu’elle serait notre réponse ? Penserions-nous à Lui faire cette demande, oserions-nous Lui faire cette requête : « Fais grandir en moi Ta Sagesse, donne-moi de voir avec tes yeux, d’entendre avec Tes oreilles, de sentir avec Ton cœur, de parler avec Tes paroles… ».

Ne l’oublions pas, ce don de la Sagesse, qui nous guide vers le Père, est une grâce à accueillir. C’est Elle qui nous permet d’aller de l’avant, c’est grâce à Elle que nous pouvons apprendre à vivre réellement en frères et sœurs, que nous pouvons nous sanctifier les uns les autres comme Dieu le désire. Demandons à Marie, Siège de la Sagesse, de La faire grandir en nous afin que nous ne nous découragions pas et que nous sachions nous émerveiller de toutes les créatures que nous rencontrons et de celle que nous sommes afin que nous puissions comprendre le sens de toute l’œuvre de salut que Dieu accomplit en chacun de nous. C’est ainsi que nous pouvons trouver et déjà vivre un peu du ciel sur la terre !

 

Georgette
Sources pour le commentaire : Marie-Noëlle Thabut et catéchèse du pape François du 9-04-2014.
Illustration : Pedro Berruguete (~1450-1504), Salomon, Huile sur panneau de bois, Collection Santa Eulalia, Parades de Nava, Wikimédia Commons, Domaine public, Web Gallery of Art.

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