En cette période de congés, nous vous proposons de découvrir l’une des richesses de notre patrimoine : la région de la Châtre située dans le sud de l’Indre, à environ 2 h 30 de Paris. Cette vallée, propice aux randonnées, a inspiré Aurore Dupin, plus connue sous le nom de George Sand. Elle y situa plusieurs de ses romans champêtres (la Petite Fadette, le Meunier d’Angibault, les maîtres sonneurs, la Mare au Diable).

 

Une promenade dans les rues de la Châtre permet de découvrir ses quartiers pittoresques et un patrimoine architectural préservé : ancien donjon, maisons de bois, anciennes tanneries, hôtels particuliers, pont médiéval… A quelques kilomètres de là, le Moulin d’Angibault, situé sur la commune de Montipouret, se trouve niché dans un écrin de verdure. Les fondations de ce moulin à farine, datent de la fin du XVe siècle et la majeure partie de son aménagement (meunerie, mécanisme, meules) de la fin du XVIIIe. Ayant cessé de fonctionner en 1958, il était tombé en désuétude. En 1990, la commune l’a racheté et, avec l’aide d’une association de bénévoles, a entrepris de grands travaux de restauration. Il est aujourd’hui très proche de l’état dans lequel George Sand le découvrit en 1844. Il moud encore la farine plusieurs fois par an.

Autre endroit à découvrir, la demeure que Georges Sand affectionnait particulièrement. Cette maison familiale, acquise par la grand-mère paternelle d’Aurore se situe à Nohant. C’est là qu’elle écrivit la majeure partie de son œuvre. Elle y reçu de nombreux amis : Balzac, Chopin… Le jardin de la propriété est labellisé « Jardin Remarquable ». Le verger, la roseraie, le potager, le parc de 6 hectares et les deux grands cèdres plantés à la naissance de ses enfants, Maurice et Solange, témoignent de l’attachement de George Sand à sa terre ancestrale. On peut également y visiter le musée du théâtre de marionnettes de son fils Maurice. C’est là que, pendant quarante ans, il s’adonna à sa passion : écrire et jouer des spectacles. Il sculptait les têtes de ses personnages tandis que sa mère les habillait de costumes qu’elle réalisait avec talent.

Sainte Anne de Nohant est la plus connue des églises du pays de La Châtre. Cette notoriété, elle la doit au voisinage de la maison de George Sand. Le 10 Juin 1876, à la demande de sa fille Solange, ses obsèques religieuses y furent célébrées. Dépendance de l’abbaye de Déols, ce modeste édifice, classé aux Monuments Historiques depuis 1943, fut construit entre le XIe et XIIe siècles. Les travaux de restauration, commencés en 2011, ont permis de mettre à jour des frises de fleurs de lys et des fresques du XIe et XVIe siècles. Son porche à auvent (appelé « caquetoir ») couvert d’un toit en appentis sur montants de bois ajoute, à cet ensemble harmonieux, une note pittoresque. Il est particulièrement intéressant car beaucoup d’églises romanes de la région ne le possèdent plus.

Ce territoire, niché entre les plaines du bassin parisien et les premiers contreforts du Massif Central, avec ses paysages variés et mystérieux, est une invitation, sans cesse renouvelée, aux promenades pédestres et à la rêverie. Il possède l’une des identités les plus fortes du Berry. A cette région, aussi belle que mystérieuse, George Sand donna le nom de « Vallée Noire ». Sa découverte convient parfaitement à la période où le risque sanitaire, lié au Covid-19, est encore grand. Sa proximité est également un atout. Elle permet d’y faire un bref séjour pendant un week-end prolongé. Prochainement, nous vous inviterons à découvrir un chef-d’œuvre du patrimoine religieux de la « Vallée Noire ».

Georgette
Illustrations : Photos – Gargilesse-Dampierre Wikimédia Commons CCA (Daniel Jolivet) – La Châtre : Donjon (Wikimédia Commons CCA – CVB) – Maison du 15e siècle et Pont aux Laies (Wikimédia Commons CCA – Piclgran) – Nohant (les jardins) : (Wikimédia Commons CCA Siefkin DR) – Le Moulin d’Angibault ; La maison de George Sand, le théâtre de marionnettes, l’église Ste Anne de Nohant (Jean-Lucien Gaudin)

 

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