En ce premier dimanche de Juin, nous fêtons la Ste Trinité. Ce n’est pas facile d’expliquer comment Dieu est à la fois Père, Fils et Esprit. La parabole du soleil peut nous y aider.

 

Le soleil que nous ne pouvons pas regarder en face, c’est Dieu le Père. Le rayon de soleil c’est le Fils, Jésus se laisse voir. Le Saint Esprit est semblable à la lumière et la chaleur de l’astre du Jour qui, au cœur de l’hiver le plus froid, continue d’agir sinon la terre deviendrait un immense champ de glace. Un autre exemple très parlant, celui de l’eau présente sur terre et dans l’atmosphère sous trois états : liquide, solide (la glace) et gazeux (vapeur d’eau). Néanmoins sa formule H2O reste la même. Mais il nous reste à découvrir comment le Père, le Fils et l’Esprit qui est un échange d’amour entre les deux, nous invitent par notre baptême à y prendre part. Le tableau de Botticelli peut nous y aider.

Ce retable, dédié à Marie-Madeleine, avait été commandé par la corporation « l’Arte dei Medici e Speziali » (rassemblant les médecins et les apothicaires) pour l’église du couvent Santa Elisabetta delle Convertite qui accueillait des prostituées converties au catholicisme. Peint entre 1491-1494 environ, il représente une trinité dite verticale, appelée également trône de la grâce parce que Dieu se donne à nous pour nous sauver.

Cette œuvre, peinte sur bois, représente Dieu le créateur, la colombe du Saint-Esprit située, en signe d’amour et d’échange, entre le visage du Père et celui du Fils. Ils sont alignés verticalement dans une mandorle (forme géométrique en forme d’amande) où figurent des séraphins (créatures ailées qui, dans la bible, entourent le trône de Dieu). Le Père soutient de ses mains la croix du Christ qui est entourée de deux éperons rocheux. Devant celui de droite figure Saint Jean Baptiste. De son bâton, il montre ce qui est au centre de cette représentation : le Christ en croix. A gauche, Marie-Madeleine, avec de longs cheveux huileux lui couvrant le corps, le visage émacié tourné vers Jésus, prie intensément. Dans la partie inférieure, près de ses pieds figurent deux autres petits personnages. Il s’agit de l’Archange Raphaël, reconnaissable à ses ailes. Son nom signifie Dieu guérit (de l’hébreu : refa = guérir et El = Dieu). Il est accompagné de Tobie tenant à la main le poisson, que sur ordre de Raphaël, il avait capturé pour en extraire le fiel qui guérirait la cécité son père Tobias.

Que retenir de la présence de tous ces personnages. Celle de la Sainte Trinité nous révèle que, de la complémentarité des différences et des distinctions, nait l’amour. Celle de Jean-Baptiste et de Marie-Madeleine évoquent l’appel à la conversion. Nous sommes invités à nous laisser transformer par l’amour de Dieu. L’Archange Raphaël (qui est le patron des voyageurs et dispensateur des dons du Saint Esprit) nous rappelle que Dieu nous accompagne constamment pendant la durée de notre pèlerinage terrestre et que les dons de l’Esprit Saint nous permettent de nous entraider afin que, malgré nos dissemblances, nous ne formions qu’un seul corps. Celle de Tobie, avec le poisson qui avait dans l’antiquité des vertus de guérison nous appelle à découvrir l’infinie miséricorde de Dieu. L’ange Raphaël a dit à Tobie : « Éventre le poisson, enlève-lui le fiel, le cœur et le foie, mets-les à part pour les emporter… Car le fiel, le cœur et le foie sont des remèdes efficaces » (Tb 6, 4). Depuis l’origine de l’Église, le Christ a été symbolisé par les lettres qui forment, en grec, le mot Poisson, ICHTUS. Elles sont traduites en français par : Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur. Saint Augustin évoquant le Livre de Tobie a écrit : « Ce poisson, qui remontait le fleuve et se livrait à Tobie, c’est le Christ qui par sa passion amère, a mis en fuite Satan et guéri le monde aveugle ». Cette discrète présence a donc, dans le tableau, une grande valeur symbolique. Elle nous invite à découvrir qu’il est la préfiguration du Christ qui, totalement uni au Père par un amour mutuel, guérit nos cœurs et nos tourments intérieurs et nous convie à la Vie Eternelle.

En ce dimanche, faisons nôtre ces paroles du chant des Moines de l’Abbaye de Keur Moussa (Sénégal) : A toi la louange, ô Père qui nous a donné la vie. A toi la louange, ô Fils toi qui nous a rachetés ! A toi la louange, ô St Esprit, toi qui nous as comblés de tes dons. Que l’univers entier redise : nous Te louons, nous T’adorons et nous Te bénissons. Gloire à Toi, Seigneur, qui nous a convié à la demeure éternelle !

 

Georgette
Illustration : La Sainte Trinité de Botticelli (1445 – + 1510) Wikimédia Commons – Libre de droit.
Sources pour commenter le tableau : Wikipédia – Tobie et le poisson dans la littérature et l’iconographie occidentales de J. Doignon (Persée)

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