L’introduction à notre nouvelle série inédite Qahal+, sur le Livre des Actes des Apôtres !

 

 

Après L’Exode (pendant le Carême) et Le Livre de Josué (au début du Temps Pascal), nous lançons aujourd’hui une nouvelle séquence : le Livre des Actes des Apôtres nous accompagnera pendant la fin du Temps pascal. Il nous parle de la naissance de l’Eglise.

Nous devons vous livrer un secret : qahal, le rassemblement du peuple de Dieu dans le désert puis en Terre Promise, c’est ce terme que les disciples de Jésus ont choisi pour parler de leur communauté naissante après la Résurrection de Jésus : qahal en hébreu se traduit par ekklesia en grec, Eglise, convocation !

Pour lancer cette méditation sur « les Actes des Apôtres aujourd’hui », nous allons vous raconter une petite parabole adaptée d’un récit issu des premiers moines du désert (au IVème siècle en Egypte), qui s’appelle « Le don du rabbi ».

Cette petite histoire parle des relations entre les personnes. Je ne vous en dis pas plus…

 « Il était une fois un célèbre presbytère qui passait par des temps difficiles. Ses nombreux bâtiments avaient accueilli des paroissiens en grand nombre. Maintenant, le presbytère était désert. Sa belle église avait résonné de chants enthousiastes ; maintenant seule une poignée de prêtres et un diacre traînaient leurs pas dans l’église et louaient Dieu le cœur gros. »

« Les relations au sein du presbytère n’étaient d’ailleurs pas toujours au beau fixe… »

« Un vieillard venait souvent à l’église pour jeûner et prier. Personne ne lui adressait la parole, mais chaque fois qu’il faisait son apparition, les prêtres se sentaient soutenus par sa présence priante. »

« Un jour, le curé décida de rencontrer le vieillard et de lui ouvrir son cœur. Les deux hommes s’embrassèrent comme deux frères qui s’étaient perdus de vue depuis longtemps. Le vieillard et le curé s’assirent un long moment devant le livre de la Bible. Alors le vieillard commença à pleurer. Le curé ne put se retenir ; il couvrit son visage de ses deux mains et se mit à pleurer lui aussi. Les deux hommes se tenaient là comme des enfants perdus. Quand les larmes cessèrent de couler et que le calme fut revenu, le vieillard leva la tête et dit : « Vous et vos frères, vous servez Dieu avec un cœur gros. Vous êtes venus me demander un enseignement. Je vais vous en donner un, mais vous ne pourrez le répéter qu’une seule fois. Après cela, personne ne devra le redire à haute voix. » Le vieillard regarda le curé droit dans les yeux et lui dit : « Le Seigneur est parmi vous. » »

« Le lendemain, le curé, rassemblé avec ses frères, leur parla : « Le vieil homme m’a donné un enseignement qui ne devra jamais plus être répété à haute voix. Il m’a dit que le Seigneur était au milieu de nous. » Les prêtres tressaillirent. Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? Le Seigneur est-il présent en Vianney, le cuisinier qui brûle tous les repas ? Dans le Père Edouard, celui qui les agace tous avec son ton de professeur ? Dans le Père Alexandre, qui exploite ses frères sans aucun scrupule ? Ou le Père Jean, le musicien qui joue du violon à longueur de temps ? Ils furent tous embarrassés mais n’en parlèrent plus. »

« Avec le temps, les prêtres commencèrent à se traiter l’un l’autre avec un respect tout particulier. Il y avait maintenant parmi eux un je ne sais quoi de gentil, de cordial, d’humain. Ils vécurent comme des hommes qui avaient fini par trouver. »

« Les prêtres et le diacre prièrent comme des hommes qui cherchaient. »

« Avant longtemps, les gens vinrent de tous les côtés pour se nourrir de leur prière. Des paroissiens entrèrent de nouveau en foule dans le presbytère. »

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