Méditation sur le Livre de Josué, chapitre 23

 

Moïse conduisant les Israelites en Terre promise, Vincent Adriaenssen, XVIIe s, Musée des beaux-arts et d’archéologie de Châlons-en-Champagne.

 

Nous arrivons à la fin du livre de Josué avec le dernier discours de Josué au chapitre 23. La Terre Promise est acquise, les douze tribus sont installées. Josué s’adresse à tout le peuple alors qu’il est devenu vieux et s’apprête à mourir. Il livre au peuple d’Israël ses dernières recommandations qui sont comme un testament que l’on peut résumer en deux mots : fidélité et mémoire.

 

Fidélité : le peuple d’Israël est entouré de nations étrangères. Josué demande au peuple de rester fidèle à l’alliance au Dieu d’Israël unique et sauveur et à ne pas se laisser corrompre par les idoles des peuples qui les entourent. C’est sous cet abord qu’il faut comprendre aussi l’interdiction de mariage avec les païens.

Mémoire : Israël est appelé à reconnaître les merveilles que Dieu a fait pour lui : la délivrance de l’esclavage en Égypte, le don de la Terre Promise, l’alliance au mont Sinaï.

Si Israël n’est plus fidèle à l’alliance, s’il n’en fait plus mémoire, Dieu ne sera plus avec eux et Israël perdra la Terre Promise.

Conclusion pour nous : Quelle leçon pouvons-nous tirer de ce passage ?

En 1980, le pape Jean-Paul II posait à la France cette question : « France, fille aînée de l’Église, éducatrice des peuples, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? »

Dans un contexte de déchristianisation et de sécularisation de la société, le pape nous appelait à faire mémoire de la fécondité de l’Évangile qui a marqué notre pays pour réveiller en nous le don de notre baptême. Cet appel reste d’actualité en 2020.

Aujourd’hui la liturgie fait mémoire de Saint-Joseph travailleur en ce 1er mai. Le fils de Dieu a choisi de partager en tout notre humanité, en tout sauf le péché. Il a appris un métier auprès de son père adoptif Saint-Joseph, il a partagé notre travail, notre labeur, nos joies, nos peines. Il a aimé le monde passionnément et a révélé aussi aux hommes leur vocation divine : nous sommes appelés à être enfants de Dieu, nous sommes appelés à la sainteté au cœur même de notre condition ordinaire dans le monde.

Comme le peuple d’Israël en Terre Promise il nous faut faire un discernement entre le bon grain et l’ivraie, entre ce qui vient de Dieu et ce qui vient du mauvais pour ne pas laisser se corrompre notre foi.

Un petit examen de conscience s’impose donc pour nous aujourd’hui à travers ces deux termes de mémoire et de fidélité.

Mémoire : est-ce que je prends conscience régulièrement de ma condition de fils de Dieu conférée le jour de mon baptême ? De ce à quoi cela m’engage dans ma vie de tous les jours, que ce soit dans ma vie de prière, dans ma vie de charité auprès des autres ?

Fidélité : suis-je fidèle aux promesses de mon baptême ? À l’alliance que le Seigneur veut construire jour après jour avec moi dans la fidélité d’un amour partagé ? Ce qui implique un refus ferme d’alliances avec les idoles d’aujourd’hui, avec le péché qui nous éloigne de Dieu et nous fait perdre la nouvelle terre promise : la vie éternelle !

 

Père Jean Delvolvé

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