En ce premier jour de mai, nous fêtons Saint Joseph Artisan. Charpentier, il participa à l’œuvre créatrice et rédemptrice en gagnant le pain de la Ste Famille. C’est avec Marie qu’il a éveillé à la vie des hommes l’Enfant que Dieu lui avait confié. De Joseph nous ne savons pas grand-chose. Il est le discret, celui qui a vécu dans l’ombre. Toutefois St Matthieu en parle comme d’un homme juste : «  Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret » (Mt 1, 19) – et St Luc nous le présente comme le réel père de Jésus : « Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur » (Lc 2, 22). L’état civil du Christ est clair : il est le Fils de Joseph [« Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » (Lc 4, 22)] et nous dit aussi à quel point les liens entre Marie, Joseph et Jésus sont forts : « Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis … Jésus grandissait en sagesse, en taille et en grâce … » (Lc 2, 51-52). Celui qui a fait découvrir au Christ la noblesse du travail manuel et la puissance de l’amour c’est Joseph. L’étymologie hébraïque de son nom est évocatrice d’espérance, de confiance en Dieu puisqu’elle signifie : « Dieu ajoute ». Modèle de père adoptif, il a su dépasser le patriarcat de son époque qui était très soucieux des liens du sang. Il est considéré comme juste parce qu’il fait la volonté du Seigneur, non pas en appliquant la Loi à la lettre mais en se conformant au dessein de Dieu. Cette paternité acceptée, dépositaire du plus beau cadeau de Dieu, est un modèle d’amour fécondant. L’humble Frère André de l’Oratoire du Mont Royal à Montréal aimait à rappeler : « Allez à St Joseph, priez-le, il ne vous laissera pas tomber en chemin ».

 

Le mois de Mai, consacré à Marie se termine le 31 par la fête de la Visitation. Le mystère de la virginité de Marie qui nous dit que Jésus est bien d’origine divine s’approfondit dans la prière. Modèle de courage, de foi, d’une totale disponibilité à l’œuvre de Dieu, elle est un exemple pour nous et pour l’Eglise. C’est en 431, lors du concile d’Ephèse, que l’Eglise a affirmé pour la première fois que Marie est également Mère de Dieu. Cette expression nous dit qu’elle a enfanté celui qui vient de Dieu, qu’Il est le Fils de Dieu et Dieu lui-même. Les premiers chrétiens se sont très vite souvenus des paroles dites à Jean au pied de la croix : « Voici ta mère » (Jn 19, 27). Mais ce n’est qu’à la fin du concile Vatican II (en 1963) que le pape Paul VI a proclamé Marie Mère de l’Eglise, c’est à-dire Mère de ses fidèles et de ses pasteurs. Figure discrète de l’Evangile, elle n’est aucunement une déesse mais elle est celle qui nous aide, nous éclaire, nous guide, nous conduit à Jésus. Parce qu’elle fut sa première disciple, elle nous apprend à l’écouter et à garder confiance en lui.

 

Marie est celle qui intercède pour nous auprès de Dieu. Elle lui « porte » nos prières, elle est notre « avocate ». En ces temps incertains, demandons-lui la foi, le courage, la force et la douceur pour supporter cette épreuve. Quant à St Joseph, Mgr Michel Aupetit, le 19 mars dernier, demandait de le prier avec ces mots : « ….Nous te le demandons avec confiance : Daigne implorer pour nous la miséricorde de Dieu en ce temps d’épidémie que nous connaissons, afin de que Seigneur écarte de nous le mal … Accorde-nous de demeurer dans la confiance et la paix et fais que nos cœurs ne se ferment pas aux besoins de nos frères mais demeurent ouverts à la détresse des hommes, dans un amour de plus en plus sincère et fraternel. Saint Joseph, prie pour nous, garde-nous, protège-nous ».

 

Georgette
Image : Le mariage de la Vierge de Raphaël (1483-1520). Wikimédia Commons – Pinacothèque de Brera à Milan – Domaine public.

 

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