Jeudi, 2ème Semaine du Temps Pascal

 

 

Homélie du Père Jean Delvolvé

Peut-être que vous avez entendu parler de Saint Thomas More, homme de lettres et chancelier du roi Henri VIII en Angleterre au XVIème siècle, qui illustre bien cette parole des apôtres : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ». Après carrière brillante, reconnu pour ses hautes qualités humaines et politiques, Thomas More va refuser de reconnaître le remariage du Roi après son divorce ainsi que la création de l’Église anglicane en rupture avec le Pape. Il est condamné à mort après un long procès et après avoir résisté à de nombreuses intimidations. Il meurt en prononçant ces paroles : « je meurs en bon serviteur du Roi, et de Dieu en premier ».

Que nous dit la Bible sur les relations entre l’Eglise et le pouvoir politique ?

1.Dans la Bible, c’est tout d’abord à une attitude de respect des autorités que nous sommes appelés. St Paul dans l’épître aux Romains nous invite à les reconnaître comme venant de Dieu et nous encourage à nous soumettre à elles (Rm 13).

2.Mais pour autant, le Seigneur dans l’Évangile nous encourage à rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Mc 12,13-17), c’est-à-dire à remettre les autorités civiles à leur juste place et à ne pas leur obéir quand elles prennent la place de Dieu ou qu’elle ne respecte pas la loi de Dieu. C’est le cas des premiers chrétiens qui étaient considérés comme de bons citoyens mais qui refusaient de rendre un culte idolâtrique à l’Empereur ou qui ne participaient pas à certains jeux du cirques immoraux. C’est la cas des apôtres qui continuent à annoncer la Bonne Nouvelle alors que l’on le leur a interdit (première lecture).

Questions : Deux questions que nous pouvons ce matin : est-ce que nous avons conscience que c’est un devoir pour nous chrétiens d’obéir aux lois civiles quand elles sont justes et pour le bien commun ?

Par exemple en ce moment, les règles contraignantes du confinement, le code de la route, les impôts…

Deuxième question :  si nous sommes soumis à des pressions dans notre milieu professionnel (ou dans notre entourage) à des pratiques en contradiction avec notre foi, est-ce que nous sommes capables de dire à la suite des apôtres, il nous faut « obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ? »

Je connais un homme qui a démissionné de son entreprise parce qu’il ne voulait pas se corrompre par des pratiques malhonnêtes, ou encore un pharmacien qui a reçu des condamnations pour avoir refusé de vendre des pilules abortives dans sa pharmacie.

Ce matin nous pouvons prier pour que tous les chrétiens puissent rendre un témoignage cohérent de leur foi, spécialement pour les hommes politiques et le personnel soignant parfois soumis à des cas de conscience complexes.

Amen

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres (5, 27-33)

En ces jours-là,
le commandant du Temple et son escorte,
ayant amené les Apôtres, les présentèrent au Conseil suprême,
et le grand prêtre les interrogea :
« Nous vous avions formellement interdit
d’enseigner au nom de celui-là,
et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement.
Vous voulez donc faire retomber sur nous
le sang de cet homme ! »
En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent :
« Il faut obéir à Dieu
plutôt qu’aux hommes.
Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus,
que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice.
C’est lui que Dieu, par sa main droite, a élevé,
en faisant de lui le Prince et le Sauveur,
pour accorder à Israël la conversion
et le pardon des péchés.
Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela,
avec l’Esprit Saint,
que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »
Ceux qui les avaient entendus étaient exaspérés
et projetaient de les supprimer.

– Parole du Seigneur.

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