Ce dominicain spécialiste de l’Afrique est mort le 17 avril à 88 ans. Sociologue au CNRS, cet homme chaleureux a beaucoup écrit sur l’Afrique. Ce continent, découvert au début de son ministère en 1963, a été sa grande passion. Il y vécut pendant six ans avant de revenir en France. Il fut, au sein de l’Eglise Catholique et de l’ordre des dominicains, un fervent défenseur d’une plus grande autonomie pour l’Eglise africaine. Il aimait à dire à ses frères : « Mon rôle est simplement de tendre le micro pour amplifier la voix de l’Afrique ».

Homme chaleureux et « grand affectif », chercheur au CNRS et membre du groupe de sociologues des religions GSRL (Groupe Sociétés, Religions, Laïcités) il enseigna à l’Institut Catholique de Paris. Editeur chez Karthala, il dirigea la collection « Chrétiens en Liberté/Questions disputées ».

Outre ses travaux sur l’Afrique et sur le rôle de l’Église dans une société sécularisée, il a publié des ouvrages de spiritualité et de théologie visant à rompre avec les images datées d’un Dieu pervers ou lointain : Paraboles nouvelles, l’Évangile au jour le jour, et surtout Jésus, l’homme qui évangélisa Dieu, reconnu comme un livre de référence. Il y dresse un portrait saisissant du Christ et de son expérience intime de Dieu. Ni marginal ni rétif à l’autorité, il n’en fut pas moins critique de certaines orientations ecclésiales, notamment sous le pontificat de Jean-Paul II. Les titres de certains de ses ouvrages (parfois collectifs) parus dans les années 1980 et 1990 parlent d’eux-mêmes : Le retour des certitudes (1987), Tous les chemins ne mènent plus à Rome (1995)…

Le père Luneau était un grand ami de La Croix. Une longue complicité l’unissant au père Bruno Chenu. Tous deux partageaient la même passion pour l’Église… et le football.

 

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Source : Mélinée Le Priol – La Croix du 19-04-2020.

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